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Pourtant, les faits sont là, plus têtus que les slogans. Les alertes électorales ou sociales se font de plus en plus nombreuses : diversification rurale, banlieues et sur-concentrations urbaines deviennent des thèmes familiers de plus en plus douloureux. A son tour, Paris, comme tant d'autres lieux de notre pays, se vide de sa population traditionnelle. Ces situations sociales ont un coût : il s'appelle fragilité des majorités politiques territoriales et participation de plus en plus éclatée des citoyens à la démocratie. Ce coût se retrouve dans les manifestations paysannes ou routières et le blocage devant les évolutions et les changements. Il en est de même des revendications des infirmières, des policiers ou des éducateurs. Ainsi, certains équilibres de la société française sont en train de se défaire, d'autres apparaissent et chacun sent bien que l'heure n'est plus aux politiques alibi ou aux incantations mais aux choix. Encore faut-il que ces choix ne soient pas le seul fait d'un milieu dirigeant fermé et sûr de lui, mais bien des citoyens de ce pays. Nous ne sommes pas les seuls à connaître ces interrogations de fond sur notre avenir commun. L'Allemagne, pour ne citer qu'elle, a entamé, avec un certain retard un autre débat, de même importance sur sa réunification, ses ambitions et ses contraintes. Comme elle, il nous faudra aller jusqu'au bout dans nos remises en cause. La construction européenne en dépend. Au fait, peut-on encore parler d'aménagement du territoire. N'y a-t-il pas lieu de s'interroger plutôt sur sa reconquête, sa restructuration ou sa mise en jachère ? La question intéresse la nation, les collectivités, les entreprises et chaque citoyen. Jacques Voisard
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