Le contrôle du trafic aérien automatisé

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Du capteur à l'absorbeur d'oxygène : du nouveau dans l'emballage
Le contrôle du trafic aérien automatisé

 




LE CONTROLE DU TRAFIC AÉRIEN AUTOMATISÉ



La salle de contôle du Centre national de la navigation aérienne de l'Ouest.

Le 28 janvier, le Centre national de la navigation aérienne de l'Ouest, à Loperhet près de Brest, marquait en fanfare l'extension de sa surface opérationnelle. C'était aussi l'occasion de faire connaître les progrès en cours dans le contrôle aérien.


Le CRNA-0, autrement appelé Radar de Bretagne, emploie 280 personnes à Loperhet, parmi lesquels 162 contrôleurs. "Leur rôle est d'assurer la gestion du trafic aérien en toute sécurité pour les avions" définit Jean Souquet, directeur du centre. A l'instar des années précédentes, le trafic a encore augmenté en 1992 de 5,49%, pour un total de 315727 vols. Certains jours de pointe, plus de mille appareils sont ainsi contrôlés. Le centre arrive à saturation, d'où l'extension des bâtiments, chiffrée, uniquement pour le génie civile, à 45 millions de francs. "L'investissement est supporté à 100% par l'aviation civile" précise le directeur. Le passage de 8 à 20 postes de contrôle, la construction d'une structure propre à la formation répondent aux besoins estimés d'ici 15 à 20 ans. Les évolutions techniques du contrôle aérien ne sont pas en reste : apparaissent concrètement Phidias, le nouvel environnement informatique du contrôleur ; l'intégration européenne au niveau des calculateurs et la génération des radars mono-impulsion.


PHIDIAS, HAUTE DÉFINITION

Aujourd'hui, le contrôleur aérien dispose d'un écran radar circulaire. Des données telles la position, l'altitude, la vitesse des avions y sont visualisées. Il peut comparer ces informations avec celles, inscrites sur un "strip" papier, du plan du vol fourni à l'avance par la compagnie ou le pilote. Il utilise également un calculateur traitant dans l'espace aérien les données radar réelles et celles du plan de vol. Ces connaissances en tête, il peut donner des instructions au pilote : indiquer la route la plus directe quand le trafic est fluide, demander qu'il change de cap ou d'altitude quand le ciel est encombré, ou, en cas de blocage, de rester au sol. Le concept Phidias, en cours d'étude, est appelé à être le futur partenaire du contrôleur aérien. En quelques mots, ce que sera Phidias : de nouveaux écrans de télévision à très haute définition et en couleur, accompagnés, à travers de multiples systèmes logiques, de possibilités de dialogue homme-machine aux moyens étendus. Les données de plan de vol notamment apparaîtront sur l'écran et non plus sur papier. De même, l'interrogation des calculateurs se fera par le biais de l'informatique. "Phidias permettra d'éliminer les petites tâches secondaires du métier de contrôleur" explique Jean Souquet. Le système, dont Thomson assurera la production, est développé par le centre d'études et le service technique de la navigation aérienne.






Contrôleur CRNA-Ouest.







INTÉGRATION EUROPÉENNE

Le CRNA de Loperhet couvre l'espace aérien du grand Ouest et les zones Manche et Atlantique jusqu'au 8ème méridien. Par exemple, un aéronef, en provenance d'Amérique du sud, entre dans le champ des radars espagnols avant d'être "pris en charge" par les contrôleurs français. Il y a encore quelques années, le passage du relais entre les centres, fussent-ils français, se faisait par téléphone. Une politique volontariste au niveau européen a permis l'automatisation quasi-générale des échanges de données radar et de liaisons intercalculateurs, le principal obstacle étant de rendre compatibles les standards techniques. En 1986, Loperhet était connecté avec Londres, en 1992, les liaisons étaient abouties avec Madrid, Shannon en Irlande, Jersey... "L'une des connexions les plus importantes est sûrement celle réalisée avec le radar d'Espineiras, en Galice". Grâce à un interface de conversion mis au point par les ingénieurs de Brest, ce radar étranger vient s'ajouter à la batterie de récepteurs dont dispose le CRNA-0 dans son espace aérien. A ce propos, les radars actuels vont être remplacés par de plus modernes, dits à mono-impulsion. Grâce à une onde hyperfréquence codée interrogeant le système de bord de l'avion, ces radars enregistreront davantage de paramètres que la génération actuelle.


Contact : Jean Souquet, tél. 98 31 84 00.