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Créées en 1964 à l'initiative de la SICA(1) de Saint-Pol-de-Léon, les pépinières de Kerisnel se situent aujourd'hui dans le quintette de tête des entreprises françaises du secteur horticole. Soucieuses de qualité et d'innovation, elles sont à l'origine de nombreux programmes de recherche.
Ouverte depuis plusieurs années au marché international et avec 2 500 variétés de végétaux de pépinière en catalogue, la société "Pépinières de Kerisnel" s'affirme leader des entreprises horticoles en Bretagne, et première productrice française de produits de terre de bruyère (camélias, azalées, hortensias, bruyères...). Elles font partie de la SICA de Saint-Pol-de-Léon, plus connue pour sa production légumière qu'elle commercialise sous la marque "Prince de Bretagne".
UN MARCHÉ EN PLEINE ÉVOLUTION
"Les modes de commercialisation dans le secteur horticole ont nettement évolué depuis 5 ou 6 ans, tout particulièrement avec l'apparition des "jardineries". Ce nouveau mode de distribution nous impose un très gros volume de production", souligne Thierry Jégou, directeur des pépinières. Pour satisfaire cette demande, et se maintenir aux premiers rangs du marché horticole français, les pépinières de Kerisnel misent sur la recherche et l'innovation. La société léonarde travaille aujourd'hui avec deux laboratoires de recherche, tous deux installés à Saint-Pol-de-Léon. Le GIP(2) Prince de Bretagne Biotechnologie apporte ses compétences en biologie moléculaire et cellulaire. "Plus proche du terrain, le CATE(2) expérimente les travaux du GIP", ainsi que le souligne André Musard, ingénieur responsable du programme horticole. Les recherches sollicitées par les pépinières de Kerisnel ont d'ores et déjà permis l'établissement de références en termes de sols, de fertilisation et de traitement phytosanitaire. Celles-ci sont déterminantes et participent à l'établissement précis et rigoureux de véritables fiches de culture. "L'homogénéisation des productions et le maintien, année après année, d'une même norme de qualité pour chaque variété horticole, sont les clefs et les atouts vitaux de notre entreprise", insiste Thierry Jégou. Ces résultats ont récemment permis aux pépinières de Kerisnel de garantir à leurs clients la durabilité de la couleur des hortensias, ceci pour six mois et indépendamment de la nature du sol d'implantation. La valorisation des matériaux de récupération, le recyclage des eaux en pépinières, font eux aussi l'objet d'importants programmes de recherche ; ainsi la laine de roche usagée des producteurs de tomates locaux est-elle utilisée aujourd'hui en mélange dans les substrats pour toutes les plantes commercialisées en conteneurs, "qui représentent 90 % de nos ventes", souligne Thierry Jégou.
UN TOUT NOUVEAU PROJET EUROPÉEN
Mais c'est sur la scène européenne que les recherches entreprises par les pépinières de Kerisnel vont, aujourd'hui et à l'avenir, pouvoir se développer. En effet, la SICA de Saint-Pol-de-Léon vient d'obtenir, en juin 1994, le label Eurêka pour son groupement horticole. Ce type de label européen est le second accordé à une entreprise bretonne et le tout premier du secteur horticole. Sanctionnant la qualité d'un projet, il valide les programmes de recherche, définis par les entreprises concernées, auprès d'organismes tels que l'ANVAR(3) et les différentes collectivités territoriales. Le projet Eurêka Celtiflor-EU1 200 associe la société espagnole Viveros del Ulla aux pépinières de Kerisnel. "Nous nous fixons l'échéance minimum de cinq ans pour l'amélioration de la qualité de production du camélia", confie Thierry Jégou. Le coût total de ce projet est évalué à 10 millions de francs, "ce qui est considérable pour un programme de recherche appliqué au secteur horticole". Outre le GIP Prince de Bretagne et le CATE, ce projet associe, en tant que partenaires de recherche, les universités de Nice et d'Angers. Deux universités espagnoles, en Galice, devraient prochainement rejoindre cette équipe.
J.A.
Notes :
(1) SICA : Société d'initiatives et de coopération agricole.
(2) GIP : Groupement d'intérêt public ;
CATE : Comité d'action technique et économique.
(3) ANVAR : Agence nationale de valorisation de la recherche.
Contact : Thierry Jégou,
Tél. 98 69 07 10
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