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Sciences-Ouest : lors de leur visite à Rennes, le 17 juin 1994, Guy Paillotin et Bernard Chevassusau-Louis, respectivement président et directeur général de l'INRA, ont mis l'accent sur l'environnement, la nutrition animale et l'amélioration des plantes en Bretagne. Que pensez-vous de ce choix ?
Pierre Thivend : Tout d'abord, l'importance des problèmes liés à la protection de l'environnement est évidente, surtout en Bretagne, compte tenu de la géographie, de la nature des sols, de la distance relativement courte entre les lieux de production et la mer, de la nature des productions, en particulier les cultures intensives. J'ajouterai que le centre INRA de Rennes a une longue tradition concernant la recherche en environnement. Depuis près de 30 ans, les chercheurs du centre ont intégré dans leur thématique de recherche la composante environnementale : les travaux réalisés sur le bocage dans les années 70 en sont un bel exemple. En 1990, nous avons élaboré un programme de recherche spécifique au centre, relatif à la préservation et à l'amélioration de la qualité des eaux. Ce programme concerne 9 des 16 départements de recherche présents sur le centre INRA de Rennes. Par sa pluridisciplinarité, notre centre est vraisemblablement celui de l'INRA qui est le mieux placé pour ce genre de travaux et la mobilisation des chercheurs sur ce thème est extrêmement encourageante. De plus, le nouveau contrat de plan Etat-Région consacre un volet important à l'environnement en Bretagne.
Sciences-Ouest : quels sont aujourd'hui les enjeux de la nutrition animale ?
P.T. Avec plus de 40 chercheurs à Rennes, la nutrition animale est un pôle essentiel, qui regroupe des équipes travaillant sur le porc, la vache laitière, le veau et les poissons. Le premier enjeu reste la nutrition animale à proprement parler, même à une époque où le développement de la production animale marque le pas. Un des meilleurs moyens de réduire la pollution des élevages, est de mieux utiliser la quantité de nutriments fournie à l'animal. Cette meilleure utilisation passe par une connaissance toujours plus approfondie des mécanismes de la nutrition. Le deuxième intérêt découle du fait que les animaux sont d'excellents modèles pour transférer les connaissances acquises à la nutrition humaine. A Rennes en particulier, nous avons un projet de rapprochement avec l'INSERM (1), intéressé par nos moyens d'études et par les possibilités qu'offre l'expérimentation animale en matière de nutrition. Un troisième enjeu concerne l'avenir du secteur agro-alimentaire en Bretagne : les consommateurs sont de plus en plus exigeants sur la qualité, souvent étroitement liée à l'alimentation des animaux. Le projet de création d'un pôle "Nutrition animale" a reçu un écho très favorable auprès de notre direction générale et de nos partenaires régionaux. La part qui lui est consacrée dans le nouveau contrat de plan est considérable.
Sciences-Ouest : face à ces deux thématiques, l'amélioration des plantes reste-t-elle d'actualité ?
P.T. C'est là aussi une tradition du centre INRA de Rennes. Les travaux sur le blé, le colza, l'échalote, le chou-fleur, la pomme de terre... ne datent pas d'aujourd'hui. Ces recherches et ces savoir-faire, souvent à caractère régional, continueront à se développer : la mise au point récente du premier colza hybride, au centre INRA de Rennes, illustre l'actualité des travaux que nous effectuons en amélioration des plantes. A Rennes et à Saint-Pol-de-Léon, nous développons des recherches sur les légumes de plein champ : le chou-fleur, l'artichaut, le brocoli... sans oublier ce que nous faisons de manière constante dans le domaine des céréales, en particulier le blé, dont un certain nombre de variétés sont nées à l'INRA de Rennes.
Propos recueillis par H.T.
Notes :
(1) INSERM : Institut national de la santé et de la recherche médicale ;
ENSAR : Ecole nationale supérieure agronomique de Rennes.
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