Dix bougies pour l'IFREMER

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Dix bougies pour l'IFREMER

 


DIX BOUGIES POUR L'IFREMER




(Photo : IFREMER)

* Une nouvelle génération de navires de recherche halieutique a vu le jour avec "L'Europe", entré en service en Méditerranée en 1994 .
Tout un symbole pour l'Ifremer qui doit, selon la volonté de ses dirigeants, devenir beaucoup plus européen .


Si la recherche française en océanographie est l'une des meilleures au monde, on le doit notamment à l'Ifremer, né il y a dix ans de la fusion de l'ISTPM(1) et du CNEXO(2). Evocation de la naissance de cet institut, créé pour transférer vers les professionnels les résultats de ses recherches.

Comparé à l'ORSTOM(3) qui célèbre cette année son cinquantenaire, à Polytechnique, Normale Sup et le CNAM(4), trois vénérables institutions qui commémorent aujourd'hui leur bicentenaire, l'Ifremer semble vraiment tout jeune. Dix ans, c'est encore peu pour se bâtir une histoire. Pourtant, l'institut est l'héritier d'un passé bien plus long, celui des deux organismes qui ont fusionné pour lui donner naissance.


ISTPM, OFFICE DES PÊCHES

L'ISTPM est le plus ancien des deux organismes parents, puisqu'il est créé en 1918, sous la forme d'un Office scientifique et technique des pêches maritimes (OSTPM). L'objectif de l'établissement public est de "favoriser, par les progrès de la science, le développement des opérations industrielles se rattachant directement ou indirectement à l'exploitation des richesses de la mer."
En 1920, l'office conclut un accord avec la ville de Boulogne-sur-Mer, où s'ouvre son premier laboratoire. L'office s'intéresse dès sa création aux variations de présence de hareng et de thon dans les zones traditionnelles de la pêche française. En 1923, il est chargé du contrôle sanitaire des huîtres et en 1928, apparaissent les premières études sur l'appauvrissement des fonds marins (déjà !), sur la cartographie sous-marine appliquée à la pêche, sur la reproduction de l'huître...
Le 14 octobre 1953, l'OSTPM devient l'ISTPM. Ses missions évoluent sensiblement vers l'océanographie et la biologie appliquées, la technologie de la pêche, la conservation et la transformation des produits de la mer et des cultures marines.



CNEXO, COORDINATEUR NATIONAL

Le second parent, le CNEXO, fait partie de la dernière vague des créations institutionnelles de la politique de recherche des années 60. Créé en 1967, le CNEXO est un établissement public à caractère industriel et commercial, placé sous la tutelle du ministère de l'Industrie, comme ses deux grands aînés : le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et le Centre national d'études spatiales (CNES).
Jusqu'en 1976, le CNEXO a pour mission, "en liaison avec les ministères et les entreprises publiques et privées, de développer la connaissance des océans, les études et les recherches tendant à l'exploitation des ressources contenues à leur surface, dans leur masse, leur sol et leur sous-sol". Le décret du 27 janvier 1976 lui confie une mission de coordination des programmes de recherche et de développement de l'ensemble des organismes publics concernés par l'océanographie.


IFREMER, LA RECHERCHE ET LA MER

Le Conseil des ministres du 1er décembre 1982 décide de fusionner ISTPM et CNEXO, et un décret en date du 5 juin 1984 précise l'organisation et le fonctionnement d'Ifremer. "L'objectif initial des fondateurs de l'Ifremer," explique l'actuel P-DG Pierre Papon, "est de doter la France d'un organisme de recherche à vocation maritime capable d'être le "bras séculier" scientifique et technologique de la politique maritime nationale et internationale de notre pays. Il s'agit de dynamiser les deux organismes parents, en élargissant l'horizon de chacun".
C'est ce métissage culturel, scientifique et technique, qui fonde l'originalité et la richesse de l'Ifremer. Dix ans après sa création, le pari de la fusion est largement gagné.

F.B-C.


Notes :

(1) ISTPM : Institut scientifique et technique des pèches maritimes.

(2) CNEXO : Centre national pour l'exploitation des océans.

(3) ORSTOM : Institut français de recherche scientifique pour le développement en coopération.

(4) CNAM : Conservatoire national des arts et métiers.



Les 20 ans du site de Brest-Plouzané

En 1969, lors de son dernier voyage en Bretagne, le général de Gaulle déclarait devant la maquette du Centre océanographique de Bretagne (COB) : "La France a un rôle mondial à jouer, grâce à la mer justement. Il faut l'expliquer sans cesse... Seulement les Français ne croient pour l'instant pas beaucoup à la mer, à ses ressources. Ici à Brest, on y croit !".
Pour un franc symbolique, Georges Lombard, maire de Brest, offrit au CNEXO les 40 hectares de landes du littoral de Plouzané. Les bâtiments furent inaugurés par Michel d'Ornano, ministre du Commerce et de l'Industrie, le 28 octobre 1974.
Aujourd'hui, le centre de Brest est le plus grand centre français de l'Ifremer, avec 1 600 personnes : "C'est plus de la moitié des spécialistes français de l'océanographie", précise Pierre Papon.