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Sciences-Ouest : Quelles sont les forces et faiblesses de la France en matière d'information scientifique et technique ?
François Hinard : Lorsqu'on observe le paysage français de l'information spécialisée, on constate deux handicaps majeurs :
- En ce qui concerne l'offre d'information spécialisée, la France souffre d'un manque d'acteurs puissants. Si l'on excepte la production des deux principaux pôles, l'INIST(1) et l'INPI(1), dans les secteurs des banques de données et des brevets, bien des domaines demeurent en jachère ou peu exploités. L'édition électronique est dominée par de puissants groupes internationaux comme Elsevier ou Pergamon. Il n'en existe pas de français. Par ailleurs, la production émanant du secteur public dépasse très largement la production du secteur privé, ce qui perturbe la vérité des coûts et des prix. Et puis, nous avons une offre beaucoup trop généraliste et pas assez ciblée.
- Quant à la demande d'information, on ne peut que déplorer sa très grande faiblesse. On peut aussi regretter un manque d'intermédiaires en information, intermédiaires particulièrement nombreux aux Etats-Unis.
En revanche, la France dispose de très sérieux atouts structurels : un excellent réseau de télécommunications avec le RNIS(2), RENATER(2), réseau de réseaux de transport de données, le Minitel ouvert aux services et aux professionnels grâce au kiosque.
Sciences-Ouest : Comment la DISTB envisage-t-elle de coordonner l'information scientifique et technique en France ?
F.H. Dans une communication au conseil des ministres de janvier dernier, le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, François Fillon, a présenté les grands axes de sa politique en matière d'information scientifique et technique, que je résumerais en deux points : mener une politique des contenus, aménager le cadre institutionnel. Dans cet esprit, j'ai lancé un programme d'évaluation des besoins et de l'offre existante en matière de banques de données publiques. Le ministère fera également porter son effort sur la réalisation de programmes sur les banques d'images, le développement du signalement de la littérature grise (comptes rendus de colloques, rapports de laboratoires...). Sur le plan institutionnel, le gouvernement vient de confirmer la mise en place du Haut conseil et du Comité de coordination, instances auxquelles il revient de nourrir la réflexion en matière d'information scientifique et technique.
Sciences-Ouest : Quel est le rôle des régions ?
F.H.L'organisation régionale de la France est particulièrement vivace. Si je m'en tiens aux partenaires de la DISTB en matière d'information et d'innovation, les délégués du ministère (DRRT(3)), l'ANVAR(3), les CCI(3), les ARIST(3)... la Région dispose d'un éventail de compétences particulièrement solide pour démultiplier l'action des pouvoirs publics. De cette relation de proximité entre une région et ses représentants, dépendent la pertinence et la force de cette action. Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche soutient de nombreux projets en région. Si nous prenons le cas de la Bretagne, au cours des deux dernières années, pour ce qui concerne l'information spécialisée, la DISTB a apporté son soutien à l'ENSTB(4) de Brest, à l'IUP(4) de Vannes, à l'université de Rennes 1 et de Rennes 2, à l'ARIST, au CERTAC(4), à l'ENSP(4) et au CCSTI de Rennes... Par ailleurs, nous soutenons une initiative à caractère typiquement régional : les conventions d'affaire destinées à favoriser le transfert de technologies. Ces manifestations réunissent les professionnels d'un secteur d'activité dans une ville donnée. Développées dans plusieurs régions, certaines de ces conventions se sont pérennisées et ont été reprises par leurs municipalités d'accueil. C'est le cas de Technomer à Brest.
Notes :
(1) INIST : Institut national d'information scientifique et technique ;
INPI : Institut national de la propriété industrielle.
(2) RNIS : Réseau numérique à intégration de services permettant l'usage des images et du son ;
RENATER : Réseau national de télécommunications pour la technologie, l'enseignement et la recherche, créé pour interconnecter les établissements d'enseignement supérieur et les centres publics ou privés de recherche et pour assurer les connexions sur les réseaux de télécommunications pour la recherche ou l'enseignement des autres pays.
(3) DRRT : Délégué régional à la recherche et à la technologie ;
ANVAR : Agence nationale de valorisation de la recherche ;
CCI : Chambre de commerce et d'industrie ;
ARIST : Agence régionale de l'information scientifique et technique.
(4) ENSTB : Ecole nationale supérieure des télécommunications de Brest ;
IUP : Institut universitaire professionnalisé ;
CERTAC : Centre régional des technologies de l'audiovisuel et de la communication ;
ENSP : Ecole nationale de santé publique.
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