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Des données géologiques, satellitaires et géophysiques, ont permis d'identifier des secteurs favorables à la présence d'or en Bretagne sud. Cette étude, menée par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), est exemplaire par la diversité des méthodes de prospection employées.
Survenu entre 300 et 350 millions d'années, le cisaillement sud-armoricain est marqué par de longues zones de fractures, approximativement parallèles au littoral, accompagnées de tout un réseau de failles et de granites. Sur un autre massif ancien, le Massif central, il a été prouvé que des concentrations de minerai aurifère étaient liées à des failles et à la mise en place de granites, événements contemporains du cisaillement sud-armoricain.
INVENTER UN GISEMENT
Le problème est que le Massif armoricain, usé, érodé, n'affleure plus que de part en part. C'est pourquoi les données satellitaires, qui font apparaître le tracé des principales failles même sous couvert végétal, sont primordiales pour tracer la carte géologique de la Bretagne. La méthode employée par le BRGM consiste à comparer ces données satellitaires avec celles obtenues sur un gisement d'or connu, afin d'identifier les secteurs équivalents. Manque de chance, cette région dite aurifère ne présentait pas de gisement d'or dans la zone d'étude. Le modèle a donc été établi à partir de trois gisements situés en dehors du sud de la Bretagne, mais liés tous trois au cisaillement sud-armoricain, qui se prolonge jusque dans le Massif central.
L'OR : UNE AIGUILLE DANS UNE BOTTE DE FOIN
Grâce aux données satellitaires (images Landsat), dans le sud de la Bretagne, plus de 17 000 linéaments pouvant indiquer la présence de failles ont été répertoriés, dans deux orientations différentes. D'un autre côté, l'étude de gisements aurifères en Vendée et dans le Massif central, montre que l'or se concentre préférentiellement à l'intersection des deux groupes de failles correspondant à ces orientations : Nord 50-70° Est et Nord 90-120° Est. Pour trouver de l'or en Bretagne, il suffit donc de pointer sur la carte les zones où les deux orientations se croisent avec une forte densité de failles. En agissant ainsi sur tout le sud de la Bretagne, 11 secteurs aurifères potentiels ont été identifiés, chacun couvrant quelques dizaines de kilomètres carrés, sur un territoire de plusieurs dizaines de milliers de kilomètres carrés.
VALIDATION DE LA MÉTHODE
Sur chacun des 11 sites déterminés par satellite, une étude plus fine a été menée sur le terrain. L'information géologique (âge et nature des roches) et l'information géophysique, notamment les mesures gravimétriques (mesure de l'intensité de la pesanteur), ont permis de distinguer 4 groupes de probabilité décroissante. Le groupe le plus favorable, présent sur 9 des 11 sites, est caractérisé par un socle ancien (environ un milliard d'années). Les premières analyses géochimiques sur ces sites ont montré la présence d'or, confirmant la validité de la méthode. Cette démarche multicritères sur une zone caractérisée par le manque d'affleurements et par l'absence de gisements, a permis de tester la méthode dans des conditions proches de celles d'une prospection dans une vaste région mal connue, là où il reste des chances de trouver des richesses encore inexploitées. En ce qui concerne la Bretagne, aucune exploitation n'a encore été décidée.
H.T.
Contact : Christian Braux,
Tél. 38 64 32 84
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Le logiciel SynerGIS
Pour traiter l'ensemble des données par informatique, les géologues du BRGM ont développé un logiciel, appelé SynerGIS, permettant d'intégrer sur un système d'information géographique (SIG), des données d'origines très diverses : données cartographiques, géologiques, géophysiques et satellitaires. Ce logiciel s'adresse également aux décideurs, centres techniques de collectivités territoriales ou locales qui souhaitent réaliser des cartes d'aptitude à l'urbanisation, cartes de risques et vulnérabilité à la pollution, cartes de potentiel en eau potable, cartes d'aménagement du littoral...
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