|
DES CARTES UTILES
La carte géologique sert de base de raisonnement à tous travaux mettant en cause le sous-sol d'une région : travaux routiers, lignes de chemin de fer, ouvrages d'art (ponts, tunnels), aménagement, assainissement, risques naturels, protection de l'environnement en particulier en matière d'hydrogéologie. Elle est aussi utilisée pour la prospection, ainsi que pour l'enseignement et la recherche. Pour ce qui est du domaine maritime, la nature du fond va intéresser la pêche, l'aménagement et la protection du littoral, les plaisanciers (mouillages, plongées) et la recherche de ressources naturelles exploitables. C'est d'ailleurs dans le cadre de l'inventaire des ressources minérales sous-marines du plateau continental français que les premières données ont été recueillies dans le nord de la baie de Douarnenez, dans le Finistère.
LA CAMPAGNE OCÉANOGRAPHIQUE
L'échelle au 1/15 000e retenue ne correspond pas à l'échelle des autres cartes géologiques, mais au découpage des cartes marines de détail du Service hydrographique de la Marine (EPSHOM(1)). Il s 'agit ici de la feuille 6679, "Abords et port de Morgat". La zone située au nord de la baie de Douarnenez et au sud de la presqu'île de Crozon, entre le cap de la Chèvre à l'ouest et la côte du Porzay à l'est, présente de petits fonds, inférieurs à 25 mètres. Les documents recueillis en mer lors des trois missions du navire la "Thalia" de Genavir(1), ont permis la réalisation de deux cartes : l'une des sédiments superficiels, l'autre de la géologie du socle. Afin de réaliser une couverture complète de la zone à cartographier, le navire océanographique la "Thalia" a pratiqué des routes est-ouest espacées d'environ 200 m. Le positionnement du bateau était assuré à quelques mètres près par le réseau radio-électrique Syledis. Trois types d'appareils ont assuré , les enregistrements, simultanément et en continu : un sondeur bathymétrique enregistrant en permanence la hauteur d'eau, un sonar (radar) à balayage latéral fournissant une image acoustique (sonogramme) du fond et un sondeur à sédiment, réalisant une coupe sismique réflexion(2) haute résolution sur une vingtaine de mètres.
LA CARTE DES SÉDIMENTS
Le sonogramme (image radar du fond) obtenu lors des deux premières missions a permis de dessiner une carte des faciès : rochers, vases, sables, cailloutis. Une fois ce document réalisé, la troisième mission a consisté à contrôler ces différents faciès, grâce à des prélèvements par benne et à une vidéo sous-marine. La carte des sédiments est un document instantané, une sorte de "photographie" de la nature du fond au moment où ont été effectués les enregistrements. En effet, les sédiments meubles sont amenés à se déplacer au cours du temps en fonction des courants, de la saison ou de la marée. Une image du satellite SPOT, prise le 12 mars 1987, a été utilisée pour compléter les données sur la frange littorale inférieure à 8 mètres de fond et inaccessible avec les moyens océanographiques.
LA CARTE DU SOCLE
Pour réaliser ce deuxième document, il a été nécessaire d'enlever de manière fictive les sédiments superficiels qui masquent la roche. Grâce aux enregistrements de sismique réflexion, le "toit" du socle, autrement dit l'ancienne topographie antérieure aux sédiments meubles, a été reconstituée. Les formations géologiques représentées affleurent sur la côte et l'ancienne topographie permet d'en dessiner les prolongements sous-marins. Elles se sont déposées entre la fin du Précambrien ou Briovérien (il y a environ 550 millions d'années) et le Silurien (420 millions d'années). Elles ont ensuite été plissées et faillées au Carbonifère durant la formation de la chaîne hercynienne (entre 350 et 300 millions d'années). Leur disposition en bandes allongées est-ouest est due à ces plissements et aux cycles d'érosion postérieurs. L'acquisition des données et leur exploitation sont le fruit d'une collaboration entre l'Ifremer et l'UBO à Brest. Le Conseil général du Finistère, par le Parc naturel régional d'Armorique, a financé l'édition de la carte ; l'impression a été réalisée par l'EPSHOM de Brest. D'autres cartes géologiques marines sont en cours de réalisation, en particulier en baie de Saint-Brieuc.
Notes :
(1)EPSHOM : Etablissement principal du service hydrographique et océanographique de la Marine ;
Genavir : flotte de recherche océanographique de l'Ifremer.
(2) Sismique réflexion : étude de la structure des fonds par enregistrement d'ondes sismiques. Des explosions produites à partir d'un bateau, engendrent des ondes sismiques qui se propagent dans l'eau. Ces ondes sont réfléchies par le fond, puis enregistrées par des hydrophones remorqués par le bateau.
Contact : Joël Rolet, Département des sciences de la terre, UBO,
Tél. 98 01 62 72
|
Le granite en Bretagne
Quand il n'est pas altéré, le granite constitue un bon matériau de construction, voire de décoration après polissage. Autrefois, chaque hameau possédait sa carrière. Aujourd'hui, l'exploitation du granite en Bretagne dégage chaque année un chiffre d'affaires de 770 millions de francs. Elle emploie 1 700 salariés dans 120 entreprises.
|
 (Photo : J.Plaine, Institut de géologie-Rennes) * Les côtes granitiques les plus pittoresques sont situées sur la côte nord, dans le Trégor, avec les célèbres granites roses de Ploumanac'h-Trégastel.
|
Exploitations bretonnes
Au temps d'Astérix, l'or, l'argent et le bronze étaient recherchés pour frapper les monnaies. Au Moyen Age, le plomb et le zinc étaient extraits dans la région de Rostrenen. Vers 1865, de profondes galeries ont été creusées dans la mine plombo-argentifère du Huelgoat. Aujourd'hui, des gisements alluvionnaires en llle-et-Vilaine produisent de l'europium, utilisé pour l'industrie des téléviseurs. L'uranium fait également l'objet de nombreuses recherches : il est exploité dans la région de Pontivy. Près de Glomel, la DAMREC exploite l'andalousite, silicate d'alumine entrant dans la composition des céramiques réfractaires. Un peu partout en Bretagne, existe une importante activité de carrière autour des granulats de concassage. Enfin, l'exploitation intensive du maërl, engrais naturel de premier choix, risque d'être prochainement limitée par l'épuisement des gisements.
Pour en savoir plus :
Histoire de la géologie
Dans le deuxième tome de l'ouvrage "la Bretagne des savants et des ingénieurs", édité par Ouest-France et le CCSTI, Pierre Choukroune et Marie-Anne Ollivier racontent l'histoire de la géologie bretonne. Il y est question de Durocher, premier géochimiste français du granite, de Charles Barrois qui a publié une vingtaine de cartes géologiques de la Bretagne entre 1877 et 1902, du pâtre Marie Rouault, premier directeur du musée géologique de Rennes, créé en 1853.
Sur commande au CCSTI, 160 F TTC, Inventaire minéralogique de la Bretagne : par départements Ed. BRGM.
Découverte géologique de la Bretagne, de Bruno Cabanis
Remarquable, cet ouvrage aide le promeneur à comprendre la signification géologique des paysages. Cette approche très visuelle de la géologie est l'occasion de nombreuses photographies couleurs, et d'une multitude d'informations sur l'histoire de notre région depuis 2 milliards d'années.
Coll. J. Ricour, éd. BRGM.
|
|
Les musées géologiques :
Le musée des Sciences de la terre à Rennes
La collection de paléontologie comprend 5 000 spécimens et celle de minéralogie, environ 16 000 dont 1 000 seulement sont présentés. Une grande part de ces objets provient des collections privées du marquis de Robien, saisies au moment de la Révolution. De récents travaux de rénovation ont permis d'offrir aux collections géologiques de somptueux décors : les toiles du peintre Mathurin Méheut, réalisées spécialement pour l'Institut de géologie.
Contact : Jean Plaine, tél. 99 28 60 74.
Maison des minéraux à Crozon
La collection présentée rassemble tous les minéraux de Bretagne, et particulièrement ceux de la presqu'île de Crozon, collectés par le frère Le Bail, professeur à Quimper. Des expositions temporaires complètent cette présentation de la géologie du Massif armoricain.
|
 (Photo : Broise) Quartz de la presqu'île de Crozon.
|
Ecomusée de l'île de Groix
Au sud de la Bretagne, l'île de Groix se caractérise par une histoire géologique exceptionnelle. Sa formation à de grandes profondeurs s'est accompagnée de minéralisations spectaculaires : grenat, chloritoïde, glaucophane, qui ont attiré sur l'île des générations de collectionneurs parfois peu respectueux de l'environnement. L'espace "Géologie" de l'écomusée résume l'histoire de l'île et présente les plus beaux échantillons de roches.
Contact : Sylvie San Quirce, tél. 97 86 84 60.
Maison de l'andalousite
A Glomel, dans les Côtes-d'Armor, le groupe DAMREC exploite l'andalousite, un minéral aux propriétés réfractaires élevées. L'industriel s'est associé à la ville pour présenter au public, sur rendez-vous uniquement, un "Musée de l'andalousite et de la géologie locale".
Contact : Christian Duro, tél. 96 29 12 84.
|
|