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OCEANS 94 / OSATES : les enjeux de l'océanographie
Entretien avec Pierre Sabathé
Les nouvelles technologies de l'océanographie
Le CMO mesure la température des océans
Thomson Sintra Activités sous-marines

 


ENTRETIEN AVEC PIERRE SABATHÉ



Pierre Sabathé préside le congrès international OCEANS 94/OSATES(1), qui se tiendra à Brest du 13 au 16 septembre. Les trois derniers congrès OCEANS se sont tenus à Hawaï (Honolulu) en 91, Newport (Rhode Island) en 92 et Victoria (Colombie britannique) en 93. A Brest, OCEANS 94/OSATES compte sur une forte participation française et européenne.


Sciences-Ouest : Pourquoi les Américains ont-ils, pour la première fois, "délocalisé" leur congrès en Europe ?

Pierre Sabathé : Cette décision des Américains a été motivée par l'importance de la recherche et du développement océanographique en Europe (et notamment en France) et par le nombre important d'Européens membres d'OES (Océan engineering society), l'une des 40 sociétés savantes constituant l'IEEE (voir encadré). La participation européenne à OCEANS 94/OSATES sera supérieure à 60%. Quand le congrès a lieu en Amérique, cette participation est inférieure à 15%.


Sciences-Ouest : Parmi les différents sites européens possibles, pourquoi avoir choisi Brest ?

P.S. Les Américains ont retenu le site de Brest pour deux raisons majeures : tout d'abord, la présence très forte de centres de recherche et d'industriels dans le domaine de la mer, aussi bien pour les activités civiles que militaires. On peut citer notamment l'Ifremer, le GESMA (Groupe d'études sous-marines de l'Atlantique), Thomson Sintra ASM, l'Université de Bretagne Occidentale, Télécom Bretagne. D'ailleurs, le GESMA, l'EPSHOM et Thomson Sintra ASM organisent un symposium classifié sur la guerre des mines et l'imagerie des fonds marins, le 16 septembre, à la suite du congrès OCEANS.
Un autre élément a convaincu les Américains : c'est la cohésion immédiate des acteurs locaux autour de ce projet : ville, communauté urbaine, technopôle, Ifremer, collectivités territoriales... une cohésion qui s'était déjà concrétisée dans OSATES 91.


Sciences-Ouest : Quelles sont les retombées attendues de ce congrès pour le développement de Brest ?

P.S. Des retombées consécutives à un congrès international de grande notoriété. Pendant quelques jours, seront présents à Brest de nombreux industriels du monde entier (congressistes et exposants). D'aucuns découvriront le dynamisme économique de l'agglomération. Des contacts directs seront noués entre les industriels et les responsables du développement économique local. Tout ceci est de nature à animer la recherche-développement en océanographie.


Sciences-Ouest : Quels sont aujourd'hui les grands enjeux des sciences et techniques liées à la mer ?

P.S. Cette question mériterait un long développement. En bref, au-delà des secteurs économiques classiques liés à l'océanographie (défense, transport, loisirs), on doit souligner l'enjeu à long terme du contrôle et de la prévision des données en milieu marin. Il faut se rappeler que 40 % de la population mondiale vit à moins de 60 kilomètres de la mer. Et cette proportion doit encore augmenter.



Sciences-Ouest : Pouvez-vous nous faire un point rapide sur les niveaux de performance respectifs des Américains, Européens, Asiatiques en matière de sciences des océans ?

P.S. Les Etats-Unis sont les leaders pour la technologie. Pour les modèles d'interprétation intégrés qui nécessitent des actions coordonnées, les Européens tiennent la première place. L'Asie est en train de rattraper son retard à l'initiative du Japon. La coopération franco-américaine marche bien et a, dans ce domaine, une importance capitale.

Propos recueillis par F.B-C.




(Photo : F.Boiteux-Colin)

Polytechnicien, ingénieur du génie maritime, ex-directeur stratégie, marketing et plan de la société Thomson Sintra activités sous-marines (ASM), Pierre Sabathé avait organisé en 1963 à Grenoble, la première conférence internationale du domaine de l'océanographie en Europe.

Autour d'OCÉANS 94/OSATES

En satellite autour du symposium OCEANS et de l'exposition OSATES, la région brestoise accueillera de nombreuses manifestations sur le thème de l'océanographie : convention d'affaires Technomer, visite des centres de recherche et des navires océanographiques, école d'été du programme Mercator...


Sept grands thèmes génériques

Le déroulement du congrès OCEANS est très structuré : les 350 communications sont réparties en sept grands thèmes génériques, eux-mêmes divisés en sessions, 53 au total, portant sur un sujet particulier. Les grandes distinctions sont les suivantes :

- Surveillance et modélisation des océans ;

- Capteurs et données satellitaires ;

- Robots et véhicules sous-marins ;

- Développement de l'instrumentation ;

- Analyse de l'information : théorie et applications ;

- Acoustique sous-marine, propagation des ondes et modélisation ;

- Systèmes acoustiques sous-marins :
les applications.



Exposition OSATES

L'exposition OSATES, au parc des expositions de Penfeld, ne comprend pas moins de 3 000 m2 de présentation de matériel océanographique. Près de 200 entreprises auront ainsi leur vitrine à Brest, dans ce salon qui attend environ 4 000 visiteurs.



Visites au fil de Brest

--->(Photo : T.Joyeux, Océanopolis)

D
ans le port de Brest, plusieurs navires océanographiques accueilleront les visiteurs. Citons le "HMS Roebuck", navire hydrographique et océanographique britannique, le "Borda", appartenant au SHOM, le Service hydrographique et océanographique de la marine française, et le "Thétys" navire militaire spécialisé dans la guerre des mines. Le navire-câblier de France Télécom, le "Léon Thévenin", sera lui aussi accessible aux visiteurs, ainsi que l'"Esturial" du CEMAGREF(1) et le "Nadir" de l'Ifremer.
Entre deux sessions, les congressistes auront également le loisir d'aller rendre visite aux chercheurs de l'Ifremer, de l'Ecole navale, de l'entreprise Thomson Sintra ASM(1), de l'EPSHOM(1) et du GESMA(1). Ce dernier montrera l'une de ses réalisations, le PAP, poisson auto-propulsé, qui équipe actuellement les navires français et alliés. Enfin, ce sera pour beaucoup l'occasion de découvrir les aquariums et les expositions d'Océanopolis, le centre de culture scientifique et technique de la mer.


L'IEEE international et la SEE française

IEEE/OES. L'"0cean engineering society" (OES) est l'une des quarante sociétés savantes de l'Institute of electrical and electronics engineers (d'où son sigle IEEE/OES). Elle est présidée par le docteur Joseph Czika. L'IEEE compte plus de 300 000 membres dans le monde, dont plus de la moitié en Amérique du Nord et un nombre croissant en Europe. L'IEEE a une section française importante de 2000 membres, présidée par Maurice Papo, polytechnicien et ancien directeur scientifique d'IBM France. Un chapitre d'OES à l'intérieur d'IEEE France a été créé. Il est présidé par Jean-Yves Jourdain de Thomson Sintra ASM.


SEE/Mer. Partenaire de l'IEEE pour l'organisation du congrès en Europe, la Société des électriciens et des électroniciens (SEE) est l'équivalent en France de l'IEEE. Depuis juin 94, son président est Lucien Emmanuel Blanc, ancien élève de Polytechnique et ingénieur de l'armement spécialiste des sous-marins.
Le Club Mer de la SEE regroupe les membres qui s'intéressent aux sciences des océans. Son président est Jean-Yves Hue de l'Ifremer.


Technomer 94

Pour sa 5e édition, la convention d'affaires internationale Technomer sur les sciences et techniques de la mer, se tiendra les 12 et 13 septembre à l'hôtel Holiday Inn à Brest. Les négociations, entre clients et fournisseurs, auront pour objet l'ingénierie marine, l'environnement, les forages pétroliers en mer, la construction navale, les technologies sous-marines, les technologies de la pêche, le droit et l'assurance maritime, la défense.



Symposium "classifié"

Le GESMA, le SHOM, et Thomson Sintra ASM ont saisi l'opportunité d'OCEANS 94/OSATES pour organiser un symposium à accès réservé, sur le double thème de la guerre des mines et de l'imagerie des fonds marins. Il se tiendra le 16 septembre dans les locaux de l'ENSIETA(1). Des intervenants relevant de neuf pays de l'Otan y traiteront des systèmes sonars, de l'identification des fonds, des véhicules sous-marins, et de quelques autres points ayant clairement des visées opérationnelles.



Moments choisis...

Le 12 septembre à 20h30, la faculté des lettres invite le public à venir assister à une conférence sur "L'intervention sous-marine profonde", par Pierre Willm, père du bathyscaphe Archimède.
Le 14 septembre aura lieu un grand débat sur " les sciences de l'océan au XXIe siècle", où seront traitées de graves questions telles que la surexploitation des ressources de l'océan ou l'impact des changements climatiques. On apprendra aussi que le mythe de la station sous-marine, équivalent océanique de la station orbitale, entre peu à peu dans le domaine de la réalité, grâce notamment aux formidables progrès obtenus dans le secteur de l'instrumentation sous-marine. Au programme figure également une session réservée aux enseignements tirés de la campagne de recherche du paquebot "Titanic".




(1) Quelques sigles :

CEMAGREF : Centre national du machinisme agricole, du génie rural, des eaux et des forêts.

CMO : Centre militaire océanographique.

ENSIETA : Ecole nationale supérieure des ingénieurs des études et techniques d'armement.

EPSHOM : Etablissement principal du Service hydrographique et océanographique de la marine.

GESMA : Groupe d'études sous-marines de l'Atlantique.

Ifremer : Institut français pour la recherche et l'exploitation de la mer.

OSATES : Océan space advanced technology européen show.

(Thomson Sintra) ASM : activités sous-marines.



Renseignements pratiques sur OCEANS 94/OSATES :

Christine Norberg, Adhésion et associés,

tél. 16 (1) 48 25 26 04, fax 16 (1) 46 03 86 26.