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La culture scientifique, technique et industrielle n'a jamais prétendu se substituer à la formation dans ces domaines spécifiques. Les CCSTI, en effet, n'ont pas mission de se substituer aux écoles, aux collèges, aux lycées ou aux universités. Cela semble clair. S'ils interviennent sur ce plan, ce ne peut être que comme un complément. Comme des épices par rapport au plat de consistance dont l'Education Nationale et les institutions de formation ont explicitement la charge. La culture scientifique, technique et industrielle ne prétend pas non plus se substituer aux nombreux canaux, de plus en plus spécialisés, de l'information scientifique, technique et industrielle, information aujourd'hui collectée dans d'importantes banques de données dont l'accès est désormais essentiel à tous les chercheurs, qu'ils appartiennent à des laboratoires publics ou privés. Les CCSTI peuvent tout au plus jouer à cet égard un rôle d'accompagnement.
APPORTER LA LUMIÈRE
Par ailleurs, la culture scientifique, technique et industrielle, qui n'est certes pas étrangère au louable effort de vulgarisation scientifique accompli par les journalistes spécialisés et par certains chercheurs soucieux de faire partager au plus grand nombre les étapes de leur démarche et les fruits de leurs travaux, ne s'identifie pourtant pas non plus purement et simplement à elle. Face à un poste de télévision, un vulgarisateur nous expliquera le principe des ondes hertziennes et tentera de nous éclairer sur le fonctionnement du tube cathodique qui risque, malgré tous ses efforts, de rester une boîte noire pour la plupart d'entre nous. Or, c'est à nous tous que la culture scientifique, technique et industrielle a l'ambition de s'adresser, à tous les bénéficiaires (ou victimes) des avancées fulgurantes de la science, à tous les citoyens soumis à l'envahissement de leur univers familier par les outils de plus en plus nombreux des techniques de pointe, aux témoins parfois meurtris des transformations, souvent douloureuses sur le plan social, des modes industriels de production. Il s'agit, me semble-t-il, dans toute la mesure du possible, de leur venir en aide et de les entraîner dans l'intelligence de ce qu'ils vivent pour qu'ils soient capables de s'en distancier quelque peu, d'en discerner les enjeux et de porter un certain jugement personnel sur ces mutations qui viennent perturber leur vie à un rythme accéléré.
LE SYMBOLE DE LA TÉLÉVISION
Pour revenir à l'exemple de la télévision, il me semble qu'il importe avant tout d'éclairer Monsieur Tout-le-monde sur le problème de société qu'elle pose :
- sur l'emprise qu'elle risque d'exercer sur sa vie,
- sur les transformations qu'elle induit dans ses rapports avec ses proches comme avec le monde entier,
- sur l'incidence qu'elle a sur l'éducation comme sur les comportements sociaux de ses enfants...
Il s'agit d'aider Monsieur Tout-le-monde à recourir à ce flot d'informations et d'images sans perdre son identité. L'aider à vivre la mutation que la télévision (entre autres) introduit dans son rapport intime à l'espace et au temps. Voilà me semble-t-il l'objectif premier de la culture scientifique, technique et industrielle. Il ouvre largement le champ de ses contenus et détermine l'angle sous lequel ils doivent être abordés. C'est sur cet objectif qu'il nous faut en priorité dégager un accord. Le choix des moyens à mettre en uvre en découlera. Les anniversaires sont occasion de fêtes et le dixième anniversaire du CCSTI à Rennes et en Bretagne ne manque pas à la tradition. Qu'il soit aussi l'occasion d'une réflexion sur les finalités que nous poursuivons !
Bernard Besret, Conseiller auprès du Président de la Cité des sciences et de l'industrie, La Villette, Paris.
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