Pour un développement d'Océanopolis

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Pour un développement d'Océanopolis

 


POUR UN DÉVELOPPEMENT D'OCÉANOPOLIS



Responsables scientifiques d'Océanopolis à Brest, Eric Hussenot et Jean-Paul Alayse ont conçu un projet d'extension visant à créer, autour de l'équipement actuel, un parc scientifique marin dont le coût total serait de 350 millions de francs.
Pour Sciences-Ouest, Eric Hussenot en fait une rapide présentation.



Sciences-Ouest : Pourquoi cette volonté d'agrandir Océanopolis ?

Eric Hussenot : La fréquentation d'Océanopolis est essentiellement le fait de visiteurs, habitants ou touristes, situés dans un rayon de 150 kilomètres autour de Brest. Pour justifier des trajets plus longs, il nous faut augmenter la durée de la visite, la porter à une bonne journée. D'un point de vue plus scientifique, il n'est plus possible aujourd'hui de concevoir l'environnement de manière sectorielle. Enfin, c'est aussi pour nous une manière de renouer avec nos rêves du départ.


Sciences-Ouest : Vous avez fait réaliser une étude. Elle vous donne des motifs d'optimisme...

E. H. Oui, il apparaît que la force du projet rehausse de manière significative l'image de Brest et de sa région dans la conscience du touriste moyen européen. En intentions de visite, à l'échelle ouest-européenne, nous atteignons un score énorme de plusieurs dizaines de millions de visiteurs potentiels ! Nous pouvons tabler, nous, sur des chiffres compris entre 800 000 et un million de visiteurs par an. Nous rappelons que, la première année, Océanopolis a dépassé les 500 000 visiteurs. Prévue sur dix-quinze ans, l'extension par phases successives permettra de renouveler l'intérêt du public.


Sciences-Ouest : Vous avez conçu le projet avec Jean-Paul Alayse, comment le décririez-vous ?

E. H. Nous voulons montrer une vision globale des écosystèmes marins : comment se sont créés l'univers, la Terre, les océans... Trois exemples d'écosystème illustreront l'apparition de la vie : l'espace tempéré pour l'importance de l'énergie lumineuse, l'espace tropical et ses récifs pour la synthèse biologique de polypes coralliens et d'algues microscopiques, l'espace des grands fonds pour le rôle des sources hydrothermales et de la chimiosynthèse. D'autre part, l'espace polaire éclairera la notion de fluctuations climatiques. Enfin, l'impact de l'homme sur le milieu constituera une thématique en filigrane dans chacun des espaces cités. Il sera aussi souligné par l'Espace Mammifères marins et l'impact de l'homme sur ces espèces.
Pour tout dire, ce que nous voulons, c'est beaucoup d'émotions !

Propos recueillis par J.P.




* Coupe des Caraïbes;
L'extension d'Océanopolis prévoit la reconstitution d'un écosystème tropical : forêt, mangrove sous serre, récif corallien...



LE POISSON-CLOWN

Outre l'exposition qu'il consacre à la pêche, Océanopolis fait la part belle à un drôle d'individu sympathique, le poisson-clown. Caractéristique par sa couleur orange vif, ce petit poisson des récifs coralliens des océans Indien et Pacifique est très prisé par les aquariophiles du monde entier. Si bien que certains exportateurs n 'hésitent pas à dynamiter les récifs afin de se les procurer. Conscient du poids de l'aquariophilie dans le monde (soixante milliards de chiffre d'affaires) et de la situation du poisson-clown en particulier, Océanopolis a lancé l'année dernière une étude sur les possibilités d'élevage de quelques espèces tropicales. La chose n'est pas évidente, mais selon Jean-Paul Alayse, à l'origine du projet, il existe de bonnes chances d'y parvenir.

Le comportement du poisson-clown, en effet, est connu. Vivant en étroite symbiose avec les anémones de mer tropicales, les poissons-clowns forment de petites communautés très hiérarchiques, regroupant quelques juvéniles autour d'un couple reproducteur et de son anémone hôte. La ponte est déposée sur une roche ou un morceau de corail à proximité de l'anémone pour bénéficier de sa protection. L'animal se nourrit de zooplancton, de petits crustacés, de larves de mollusques, de poissons... Le plus populaire des poissons marins d'aquarium est aisé à acclimater : il s'est déjà reproduit dans des aquariums publics et chez des aquariophiles chevronnés.



(Photo : T.Joyeux, Océanopolis)