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EDITORIAL
Le CNRS maintient son cap à l' Ouest
Alain Nouailhat, nouveau Délégué régional du CNRS, nous livre ici ses premières impressions sur la recherche en Bretagne et Pays-de-la-Loire, en se limitant bien entendu à la recherche fondamentale, liée au CNRS.
Ma première impression est celle d'une forte dispersion géographique des laboratoires. Venant de la région Rhône-Alpes où tout est pratiquement concentré sur les sites de Lyon et de Grenoble, le fait est particulièrement frappant(1). En prenant comme exemple les 7 unités propres et mixtes de la Délégation, leurs implantations sont Rennes, Roscoff, Brest, Nantes ; concernant les 70 unités de recherche, je devrais citer pratiquement toutes les principales villes. Cette forte dispersion correspond aux différentes implantations universitaires du Grand-Ouest (le bien nommé).
Ma deuxième impression est celle de la richesse des thèmes de recherche : il y a présence de tous les départements scientifiques du CNRS, donc de toutes les disciplines. Cette trame scientifique forme une sorte de continuum modulé par une politique de "créneaux" s'appuyant sur la volonté du CNRS de favoriser des orientations prioritaires, l'interdisciplinarité et la recherche d'une synergie la plus grande possible avec des laboratoires universitaires, des grandes écoles ou d'autres organismes. Dès mon arrivée, j'ai vécu la signature de la convention générale de collaboration avec l'Ecole Centrale de Nantes qui succédait à celle, première nationale du CNRS, de la convention avec l'Université de Rennes 1.
Quels sont les enjeux de cette recherche fondamentale, riche de potentialité dans cette région où la tradition se mêle à la modernité ? D'abord un renforcement du potentiel existant autour des pôles forts : informatique à Rennes et Nantes, physique nucléaire à Nantes, matériaux à Rennes, Nantes et au Mans, sciences de la vie et océanographie à Roscoff, sciences de la mer à Brest... pour ne donner que les exemples les plus significatifs. Un autre enjeu essentiel est la consolidation des opérations majeures par le CIAT (Commission interministérielle d'aménagement du territoire) : ces 5 dernières années ont vu une croissance exceptionnelle du nombre de personnels CNRS (+ 36 %). Puis-je aussi rappeler que la Délégation régionale date de 5 ans ? A l'évidence, la région, par son dynamisme, appuyée par la volonté affichée du CNRS de déconcentrer en région ses laboratoires et ses chercheurs, voit une montée en puissance remarquable de sa recherche fondamentale. Il faut veiller maintenant, tout en continuant à favoriser ce processus, à le maîtriser et à le canaliser : la recherche fondamentale ne peut vivre que dans des pôles d'excellence à reconnaissance mondiale.
La recherche fondamentale ne peut aussi se développer sans être comprise et acceptée dans la société dans laquelle elle se développe. Dans un monde où la science n'a pas toujours une image positive, devant les menaces générées par les problèmes de notre civilisation, l'information de base, l'explication, la valorisation chez les jeunes et dans la population de l'image de marque de la science, sont indispensables. Le rôle des chercheurs eux-mêmes est important, même si ce n'est pas aisé de faire participer la population à la vie des laboratoires. Il faut aller vers elle et le rôle des organisations, vouées à la vulgarisation de la science, est fondamental. Dans ce cadre, le CCSTI de Rennes a une position privilégiée comme ont pu en témoigner le succès de nombreuses opérations dont certaines d'envergure, comme l'exposition sur les matériaux (Voyage au cœur des matériaux) ou sur la planète Terre (Chaud Demain), ainsi que l'animation des journées Science en Fête.
Je resterai, à Rennes, fervent visiteur de ce type d'expositions et veillerai à ce que la collaboration du CNRS permette de traiter "en profondeur" l'information scientifique.
Alain NOUAILHAT - Délégué régional du CNRS Bretagne Pays-de-la-Loire -.
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