Poulets fermiers de Janzé : les éleveurs déclinent leur identité

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Introduction
Du nouveau dans les vaccins
La qualité par l'hygiène
Evaluation numérique des carcasses de Dindes
Poulets fermiers de Janzé : les éleveurs déclinent leur identité
L'alimentation des volailles

 


POULETS FERMIERS DE JANZÉ :

LES ÉLEVEURS DÉCLINENT LEUR IDENTITÉ





(Photo : C.Jolivet)
* Eleveurs du poulet fermier de Janzé.



Chaque éleveur de poulet fermier de Janzé affiche, depuis novembre dernier, sa photo et son numéro de téléphone sur l'emballage des volailles qu'il produit. Au-delà du label rouge déjà acquis, c'est une manière originale de se démarquer en garantissant au consommateur une qualité sans faille.


Depuis 1981, les éleveurs du Pays de Janzé, une petite ville d'Ille-et-Vilaine située à 25 km au sud-est de Rennes, se sont réunis pour produire des poulets, des dindes et des chapons de qualité. Ici, pas question de malheureux "poulets de batterie" à la chair aussi industrielle qu'insipide. A Janzé, on a résolument misé sur les qualités gustatives, et les volailles élevées en plein air (chaque volatile dispose de 2 m2 au sol) bénéficient d'une alimentation à base de céréales (75 à 80% de blé et de maïs). Les poulets sont abattus à 81 jours. Le cahier des charges stipule que les élevages ne doivent pas être éloignés de plus de 100 kilomètres de l'abattoir, de manière à éviter un stress trop important des poulets pendant le transport.
A Janzé, autrefois, la volaille faisait la réputation de la région. Sur les menus, les recueils de recettes du XIXe siècle et du début du XXe, le poulet, la poularde ou le poussin "de Janzé" sont régulièrement mentionnés. La petite cité s'était fait une spécialité de ces volailles appétissantes, qu'elle vendait aux grands restaurateurs français. Après une éclipse, la tradition de la volaille de Janzé a connu un renouveau. Les volailles fermières de Janzé ont très vite obtenu le label rouge attribué par Qualité France. Aujourd'hui, l'association du poulet fermier de Janzé que préside Joseph Robert, rassemble plus de 170 éleveurs qui souscrivent à la même démarche. Dans le conseil d'administration se trouvent, aux côtés des éleveurs, des abatteurs, des accouveurs et des fabricants d'aliments.


UNE ASSOCIATION D'ÉLEVEURS DYNAMIQUE

La production des éleveurs de Janzé a été multipliée par dix en dix ans et actuellement plus de trois millions de poulets sont commercialisés par an. La dynamique association d'éleveurs bretons (dont le chiffre d'affaires a été de 60 millions de francs en 1990) s'est également lancée dans la production d'autres volailles de plein air et fournit chaque année 20 000 dindes et 25 000 chapons fermiers "finis au lait entier" (lire en encadré). Elle s'est engagée tout récemment dans l'élevage des pintades fermières et se diversifie aussi vers les oies fermières de la vallée du Couesnon. La production avicole de Janzé est désormais reconnue par les distributeurs et les consommateurs. Pour développer ses parts de marché dans un secteur très concurrentiel, l'association des éleveurs ne cesse d'innover. Depuis novembre dernier, une nouvelle initiative prouve que les producteurs sont sûrs de la qualité des poulets mis en marché. "Lorsqu'on fait un bon produit, on est fier de le montrer"expliquent les éleveurs. C'est la raison pour laquelle ils ont décidé de faire figurer leur photographie et leur numéro de téléphone sur les emballages des volailles issues de leurs élevages. "C'est une nouvelle sécurité pour le consommateur qui peut identifier son fournisseur, comme on connaît le fermier du coin chez qui on aime aller acheter des produits frais et naturels. Les amateurs les plus avertis ne vont pas tarder à avoir leurs têtes !", ajoutent les promoteurs de l'opération, conscients que l'émulation est le meilleur des moteurs économiques. Quant aux distributeurs de ces volailles munies des photos d'identité des éleveurs, ils trouvent là l'assurance de pouvoir suivre chaque produit à la trace. Le moindre problème sera identifié plus facilement, les corrections seront d'autant plus rapidement apportées.



Contact :
Association du Poulet Fermier de Janzé, Tél. 99 47 28 69



Poulet "label rouge" : nouvelles exigences

Créé voici trente ans, le poulet "label rouge" s'est banalisé. Son offre est devenue pléthorique, et une révision récente des notices techniques d'élevage a pour objectif de conforter le caractère haut-de-gamme de ce produit.
Exemples : le pourcentage de céréales dans l'alimentation des poulets, dindes et canards est passé de 70 à 75 % ; chaque dinde fermière doit disposer de 6 m2 de parcours extérieur au lieu de 4 auparavant ; les conditions de découpe et d'abattage des volailles "label rouge" ont été redéfinies de manière à accroître la sécurité bactériologique des produits.


Retour d'une tradition ancienne : le chapon

Le chapon est l'un des fleurons des tables de fêtes de fin d'année. Sa qualité gustative se développe au prix d'une opération minutieuse consistant à retirer les testicules (cela ne réussit pas à coup sûr) et à couper la crête des volailles à l'âge de six semaines. Une dizaine de fermiers de Janzé se sont spécialisés dans cette production. La castration ou "chaponnage" se déroule durant une semaine. Dans chaque poulailler, 4 000 volailles subissent cette mutilation. A la douzième semaine, lors d'un premier tri, seuls
2 500 volatiles restent en lice. A l'issue de six mois d'élevage, au cours du dernier tri, environ 2 200 chapons seront aptes à recevoir l'appellation "chapon fermier de Janzé". En 1993, 40 000 poulets de Janzé ont été chaponnés en juillet, ce qui correspond à une commercialisation de 22 000 vrais chapons.
Le chaponnage est une méthode ancienne déjà pratiquée au XIXe siècle. La privation des attributs du coq et donc des sécrétions hormonales mâles, modifie le métabolisme de l'animal. Elle facilite l'accumulation de la graisse qui se dépose en couches successives, "persille" les muscles et donne à la chair un fondant et un goût tout particuliers. Le jeune coq castré élevé en plein air, est engraissé aux céréales (80 % de maïs et de blé) et durant les trois dernières semaines de son existence, il est alimenté au lait entier. En six mois, le chapon atteint un poids vif de 4 à 4,5 kilos. Sa vie s'achève. Vendu entre le 15 décembre et le 15 janvier, il fera le régal des tables festives.




Priorité à l'exportation

La France est le cinquième pays producteur de volaille, le premier en Europe, avec 1 759 milliers de tonnes en 1991, ce qui représente une augmentation de 40 % en 10 ans. Une grande partie des exportations de poulets, essentiellement sous forme congelée et non découpée, se font avec le Moyen-Orient. Rappelons que la société Doux vend la moitié des volailles consommées au Proche-Orient et qu'à elle seule, la France fournit 60 % des exportations européennes. Du Finistère à la Vendée, la filière volaille représente environ 5 500 éleveurs et 15 000 salariés, employés dans les couvoirs, les firmes d'aliments, d'abattage, de découpe et d'expédition. La production de volaille en France est aux mains de trois grands groupes : Bourgoin, Unicopa et Doux.

Source : Livre blanc de l'aviculture, juillet 1993.




Une idée lumineuse

Eye (Suffolk, Grande-Bretagne) : il existe depuis un an en Grande-Bretagne une centrale qui produit de l'électricité en utilisant du fumier de volailles comme combustible. A partir de 140 000 tonnes de fumier, elle produit annuellement 12,5 Mégawatts, permettant d'alimenter 12 500 foyers en électricité.

Source : L'Aviculteur, juin 93, n° 545.




Transformation des déjections

Quintenic (22) : la société Fertival vient d'ouvrir une nouvelle usine en Bretagne Nord, pour traiter annuellement 16 000 tonnes de déjections avicoles. Le procédé repose sur un compostage par retournement, développé par la société Manchexpa en Normandie. Cette technique produit un compost sec.

Source : L'Aviculteur, avril 93, n° 543.




Le Poultry Show

Atlanta (Etats-Unis) : à l'occasion du Poultry Show, la grande exposition internationale de matériel avicole, la société Frigoscandia a montré son nouveau procédé de découpe de viandes de volaille, par des jets d'eau très fins et à très haute pression : 3 000 fois la pression atmosphérique ! Ce procédé permet d'améliorer l'hygiène, de diminuer les déchets et de réduire les coûts de production.

Source : L'Aviculteur, avril 93, n° 543.




Des plumes dans l'informatique

Saint-Gérand (56) : grâce à la société Baucher Informatique, située sur la technopole Rennes Atalante, le groupe Glon s'est équipé d'un système informatique d'intégration technico-économique, pour gérer les principaux échanges entre le département "production volaille" et ses nombreux intervenants (couvoirs, abattoirs, éleveurs, fournisseurs). Prenant en compte tous les paramètres mesurables, ce logiciel permet par exemple à l'éleveur de facturer sa production et au groupe de contrôler le rendement de chaque élevage. Souple et évolutif, il peut s'adapter à un changement de production ou de mode de fonctionnement de la filière.

Rens. : Roger Baucher, tél. 99 14 60 52.




Volaille : 18,6 kg par an et par tête

Les Français sont de bons consommateurs de volailles en général (18,6 kg par an et par tête) et de poulets en particulier (9,5 kg). La consommation de cette viande, au prix compétitif par rapport aux bovins et ovins, augmente de 2 % par an. La volaille est la première viande de France et représente plus de 30 % de la production carnée de l'hexagone. 45 % de la production française est abattue en Bretagne. En 1970, la Bretagne a fourni 10 231 tonnes de chair de volaille, soit 20 % de la production française. En 1989, la Bretagne fournissait 550 000 tonnes soit 44 % de la production nationale.




Dinde : science et rentabilité

La dinde est après le porc, le bœuf et le poulet, la quatrième espèce animale consommée en France, alors que la filière dinde française est la seconde au monde après celle des USA. La dinde est essentiellement un animal "industriel", c'est-à-dire transformé avant consommation. Les scientifiques "sélectionneurs" doivent répondre aux besoins spécifiques de chaque maillon de la filière avec un objectif commun : réduire les coûts de production.


(Photo : Britta)

* A partir de cette espèce mexicaine de mâle reproducteur, des sélections génétiques ont été réalisées pour adapter la race au marché de la dinde en pièces.