L'optronique en Bretagne

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Introduction
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L'optronique en Bretagne
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Pour en savoir plus sur les lasers

 


L'OPTRONIQUE EN BRETAGNE




* Au département Optronique de l'ENSSAT à Lannion, les montages expérimentaux sont installés sur de lourdes tables de granite rose
pour limiter les vibrations.


Un nouveau Groupement d'intérêt scientifique en optique et optronique, GISO2, se met en place pour valoriser les énergies mobilisées lors de la tentative d'installation du PROB, le Pôle de recherche en optique de Bretagne, récemment débouté par les instances nationales.


L'optronique est une contraction de deux mots, l'optique et l'électronique : cette nouvelle discipline va révolutionner les technologies de communication, si l'on parvient à maîtriser son principal support : le laser. Guy Michel Stéphan, responsable du pôle optronique de l'ENSSAT(1) à Lannion dans les Côtes-d'Armor, tente d'expliquer les caprices du rayon magique : "Un laser est un oscillateur optique, avec un rayon lumineux qui se réfléchit d'un miroir à l'autre : il se compose donc de deux parties : un résonateur (assemblage de deux ou plusieurs miroirs) et un milieu actif qui émet et amplifie la lumière."Les lasers sont bleus, rouges, verts ou invisibles, selon leur longueur d'onde, elle-même liée à la nature de la source lumineuse.
"A l'ENSSAT, nous travaillons sur trois types de lasers : laser à gaz (argon, hélium-néon...), laser à fibre optique (silice dopée, erbium...) et laser à semi-conducteur, un laser de très petite taille, qui joue dans un circuit opto-électronique le même rôle qu 'un composant semi-conducteur." Chaque type de laser est soigneusement étudié à l'ENSSAT, où de nombreux montages expérimentaux réalisés par les chercheurs du laboratoire, des stagiaires étrangers et des étudiants en DEA ou en thèse, permettent d'en déterminer les principales propriétés. Celles-ci sont souvent inattendues, avoue Guy Michel Stéphan : "Un laser est un objet scientifiquement difficile à décrire : il est non-linéaire, dynamique et auto-organisé. Comme un animal ou un végétal, le laser se développe selon une vie propre qui peut échapper à son créateur."



LA FIBRE ET LE RAYON

Pour véhiculer le rayonnement laser, la fibre optique est la meilleure des guides : dans ses longs cheveux de verre, le laser injecte des milliards d'informations (2,4 gigabits par seconde, soit environ 40 000 communications
téléphoniques). Le prochain câble sous-marin de télécommunications transatlantiques, le TAT 12, sera comme l'actuel un câble optique mais amélioré : il n'est en effet plus besoin d'utiliser de "répéteurs" traduisant le signal optique en signal électronique tous les 50 kilomètres pour le régénérer, car des amplificateurs optiques placés à intervalles réguliers agiront directement sur le faisceau. Le problème actuel concerne le multiplexage et le démultiplexage du faisceau : comment faire entrer dans un faisceau unique 40 000 signaux et les répartir à la réception pour que chacun retrouve son interlocuteur ? A Brest, au département d'optique de Télécom Bretagne, autre composante du GISO2, Jean-Louis de Bougrenet de la Tocnaye tente de résoudre ce problème crucial : "Imaginez en effet une autoroute un week-end de départ en vacances, qui déboucherait dans votre garage ! C'est bien la situation à laquelle il nous faut faire face actuellement, du fait des hauts débits véhiculés par les fibres optiques." Il propose des solutions basées sur la commutation spatiale, qui vise à mettre à profit les dispositions naturelles de l'optique pour le traitement spatial et les interconnexions en espace libre.


LES PROJETS DU GISO2

La récente restructuration du CNET prévoit la disparition progressive des activités de recherche fondamentale, qui vont être soustraitées à l'extérieur de France Télécom. Le GISO2 se met en place pour regrouper en Bretagne la recherche essentielle au développement des télécommunications optiques. Après l'échec du PROB, les scientifiques changent leur fusil d'épaule et adoptent pour le GISO2 une stratégie différente : "Nous ne regroupons d'abord que quatre équipes de chercheurs : trois à Brest (ENIB, Télécom Bretagne et UBO) et l'ENSSAT. Ce noyau espère dans les prochaines années devenir une URA, c'est-à-dire une unité associée du CNRS. Fort de ce label, sésame à la reconnaissance nationale, le GISO2 pourrait ensuite accueillir les autres laboratoires privés ou semi-publics, puis s'élargir en associant les industriels." Souhaitons bonne chance au GISO2, en espérant que sa nouvelle prudence l'empêchera cette fois-ci d'être prêt trop tôt !



Notes :

(1) ENSSAT : L'Ecole nationale supérieure des sciences appliquées et de la technologie, antenne de l'Université de Rennes 1, a été créée en 1986 dans un ancien hôpital de Lannion. Sa mission est de fournir aux entreprises de la région des ingénieurs hautement qualifiés et opérationnels dès leur embauche. En 1995, l'Ecole formera 360 étudiants, qui pourront aller travailler au CNET et à Alcatel, mais aussi à l'Ifremer, au Verre Fluoré à Rennes, à SVFO à Trégastel ou au CELAR à Bruz. L'Ecole comprend trois départements : l'électronique, l'informatique et l'optronique.



Contact : Guy Michel Stéphan, Tél. 96 46 50 30