La génétique microbienne

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Introduction
La génétique microbienne
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Quand la recherche pousse dans un chou...
Génétique et amélioration végétale
Les nitrates vaincus par le génie génétique

 


La génétique microbienne



Le laboratoire de biologie moléculaire du Centre national d'études vétérinaires et alimentaires (CNEVA) à Ploufragan, dans les Côtes d'Armor, a tout d'un hôpital. Blouse blanche obligatoire, contrôle des accès... c'est que l'on y cultive de méchantes petites bêtes. La génétique microbienne est un volet particulier de la génétique. Il n'est question ici ni de chou ni même de porc, mais de virus et de bactéries.


(P.Chagnaud, CNEVA/Ploufragan)

Photographie d'une cellule d'insecte en microscopie électronique. Les pseudoparticules virales sont visibles à la surface de la cellule.


Des centres comme celui-ci, il en existe dans chaque région productrice de porcs. En Bretagne, première région française et l'une des premières régions en Europe pour la production porcine, la maladie la plus répandue dans les élevages est la maladie d'Aujesky, ou pseudo-rage. Elle tue les porcelets à la naissance et provoque chez les adultes des troubles respiratoires graves.
Pour la combattre, les vaccins actuels se composent de virus atténués : ils provoquent chez l'animal de bonnes réactions de défense immunitaire. Mais l'utilisation de ces vaccins n'est pas sans risque, car ils contiennent de l'ADN(1), "qui risque de se recombiner avec d'autres ADN présents chez le porc", explique Patrice Chagnaud, docteur en biochimie.


À partir de cellules d'insectes

Patrice Chagnaud, et André Jestin, responsable du Laboratoire de biologie moléculaire, participent à la mise au point d'un nouveau type de vaccin, plus efficace et moins dangereux que les vaccins actuels. Le procédé est assez complexe, puisqu'il nécessite l'utilisation de plusieurs types de micro-organismes. L'objectif est d'arriver à faire produire deux ou trois des principales protéines provoquant la formation, par l'animal vacciné,
d'anticorps contre le virus d'Aujesky. Ces protéines, appelées glyco-protéines antigéniques, sont produites à partir de cellules de papillons, en même temps que des pseudo-particules virales, dérivées d'un rétrovirus humain. Ces pseudo-particules virales vont porter les glyco-protéines dans l'organisme du porc vacciné. Pour remplir son rôle d'usine, la cellule de papillon doit auparavant être contaminée par un autre virus, parfaitement inoffensif pour tout mammifère.


I
noffensifs, efficaces et économiques



Par rapport aux vaccins actuels, ces pseudo-particules virales ont l'avantage d'être vides, c'est-à-dire dépourvues de contenu génétique. Il n'y aura donc plus de problèmes de recombinaison. Ces nouveaux vaccins pourront être administrés
oralement, ce qui est plus simple et moins coûteux que la vaccination par injection.
Cela n'est bien entendu pas si simple, mais les recherches progressent rapidement et l'éventail des débouchés est large. "Quand la technologie sera parfaitement au point, il sera possible de la transposer à d'autres animaux et, pourquoi pas, à l'homme", conclut Patrice Chagnaud. Ces travaux sont menés en collaboration avec l'INRA, le CNRS, le ministère en charge de la Recherche, la Communauté européenne, le Conseil général des Côtes d'Armor et la Région Bretagne.

                                                                                                                                                                 H.T.

Contacts :

André Jestin, Patrice Chagnaud

Tél. 96 76 01 30

Notes :

(1) ADN : Acide désoxyribo-nucléique, matière première des gènes et des chromosomes.


Du côté des poules...

Michel Bougon est le chef de l'unité expérimentale d'aviculture du CNEVA, au zoopôle de Ploufragan. Cette unité effectue des études concernant les besoins nutritionnels des volailles et les techniques d'élevage. Elle teste également les différentes souches de pondeuses et de poulets de chair. Dans ce dernier cas, les comparaisons portent aussi sur les parents (reproducteurs de type chair).
"Grâce au jeu de la sélection génétique, les souches européennes de volaille de chair ont beaucoup progressé depuis 5 ans : 4 poussins de plus par pondeuse, la taille optimale du poulet est obtenue plus rapidement (gain de 5 jours sur 42) avec moins d'aliment (200g de moins par kilo de poulet), et surtout le rendement en filets est augmenté de près de 20 %".
Dans ces études, la qualité des productions n'est pas négligée. Parallèlement, les études sur l'œuf, abordées dès la création de l'établissement, sont poursuivies ; celles concernant la composition de la viande devraient connaître un essor au cours des prochaines années.



La station expérimentale d'aviculture s'intéresse aussi bien aux poules pondeuses qu'aux poulets de chair.




Contact :

Michel Bougon


Tél. 96 01 62 03 .