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Introduction
La génétique microbienne
Sélection aquacole : gros plan sur la truite
Quand la recherche pousse dans un chou...
Génétique et amélioration végétale
Les nitrates vaincus par le génie génétique

 


Sélection aquacole : gros plan sur la truite



(B.Vaudour)

"À Sizun, les poissons bénéficient d'un environnement naturel exceptionnel", explique André Fauré, responsable de la Salmoniculture expérimentale marine IFREMER-INRA (SEMII).


Fournir aux aquaculteurs des souches adaptées à l'élevage en mer, tel est l'objectif initial des deux stations de la Salmoniculture expérimentale marine IFREMER-INRA (SEMII), à Camaret et à Sizun dans le Finistère. Les résultats s'avèrent concluants et les chercheurs passent aujourd'hui le relais aux aquaculteurs.


Située aux pieds du barrage du Drennec, au cœur des Monts d'Arrée, la station de Sizun de la SEMII(1), est le berceau de la sélection des salmonidés en France. Dès sa création en 1988, elle s'oriente vers l'amélioration génétique en aquaculture et les chercheurs de l'IFREMER et de l'INRA travaillent ensemble à l'amélioration de la truite commune ou fario (salmo trutta).
Cette espèce, qui habite nos rivières depuis toujours, se prête bien à la sélection, elle s'avère assez docile pour supporter l'élevage et satisfait aussi les exigences du marché, notamment pour la transformation.
Le pari à tenir ? Livrer aux professionnels des souches performantes en terme de croissance et peu sensibles à la maturation sexuelle, un obstacle de taille qui perturbe la croissance de l'animal et qui affecte la qualité de sa chair. Sur les 18 souches testées, quatre ont été retenues et deux sont utilisées à la SEMII. La stérilisation par voie génétique (triploïdisation) permet d'obtenir, grâce à un choc thermique sur les œufs, des poissons dont la croissance n'est pas perturbée par la maturation précoce. "Cette technique n'est pas totalement efficace sur les mâles et pour l'élevage de gros animaux ; nous sommes donc amenés à utiliser des populations monosexes femelles triploïdes" explique André Fauré, responsable de la SEMII.


15 % plus lourd

Gérée par le GIE(2) recherche aquacole (IFREMER et INRA), la station de Sizun expérimente les protocoles de sélection mis au point par les chercheurs du laboratoire de génétique des poissons de l'INRA à Jouy-en-Josas (78). Le programme Prosper (Procédure de sélection par épreuves répétées) optimise la sélection individuelle "en remettant en compétition, lors de tris successifs, les plus gros animaux. Nous avons constaté que, pour un coût dix fois plus faible, l'héritabilité de la croissance avec Prosper était équivalente à celle obtenue par la sélection familiale, une méthode plus lourde qui prend en compte la parenté", poursuit André Fauré. Les résultats sont probants avec la fario : plus de 15% de gain de poids par génération et ceci dans un temps plus court. Sur la deuxième génération, on gagne 3 mois sur la durée d'élevage. Très rapide sur les premières générations, l'évolution des performances devrait s'atténuer toutefois par la suite.
1994, le pari est réussi ! Les souches sélectionnées en deuxième génération sont cédées aux professionnels et les chercheurs de l'INRA portent maintenant leurs efforts sur la production d'hybrides consanguins, ou clones, sur une autre espèce, la truite arc-en-ciel. Si les performances de croissance devaient encore s'améliorer, l'obtention d'animaux identiques sur le plan génétique permettrait aux aquaculteurs de disposer de lots homogènes, ce qui éviterait des manipulations de tri et donc du stress, préjudiciable à la croissance du poisson.


Transférer les acquis

Des efforts de recherche importants ont été déployés, soutenus en particulier par la Région, mais cela ne suffit pas pour lancer une filière de production. Véritable interface entre chercheurs et aquaculteurs, le Syndicat des sélectionneurs aquacoles et avicoles français (SYSAAF) prend aujourd'hui le relais de la SEMII pour conseiller les entreprises sur l'utilisation de méthodes d'amélioration génétique. Située à Rennes, la section aquacole du SYSAAF(1) propose de nombreux services : analyse de la variabilité génétique des souches, programme de testage et de sélection, optimisation de la triploïdisation, actions de formation... "Notre activité est réalisée dans le cadre d'un règlement intérieur et technique défini en collaboration avec l'INRA, le ministère de l'Agriculture et de la Pêche, l'IFREMER et le CNEVA(3), souligne Pierrick Haffray, responsable de la section aquacole. 14 entreprises adhèrent à la structure, parmi lesquelles figurent les poids lourds de l'aquaculture française (truite, turbot, bar et dorade). La réduction des coûts de production et l'amélioration de la qualité des produits sont à la clé.

                                                                                                                                                              B.V.



Contacts :

André Fauré

Tél. 98 68 89 36



Pierrick Haffray

Tél. 99 28 53 78



Notes :


(1) SEMII : Salmoniculture expérimentale marine IFREMER-INRA ;
SYSAAF : Syndicat des sélectionneurs aquacoles et avicoles français.


(2)GIE : Groupement d'intérêt économique.


(3) CNEVA : Centre national d'études vétérinaires et alimentaires.