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Editorial
Pour une information scientifique de qualité
La maladie de la vache folle fait la une des médias, elle illustre la faiblesse de la culture scientifique au sein de la population et l'importance que revêt une information de qualité dans ce contexte. Sur la totalité des émissions télévisées, radios et des articles parus dans la presse, combien ont réellement expliqué ce qu'est cette maladie ? Très peu... Au prétexte d'une information scientifique complexe, la maladie de la vache folle est traitée sous un angle émotionnel, présentée comme un danger pour la société. Face à l'épidémie observée au Royaume-Uni, on insiste sur la fermeture de nos frontières, alors que les maladies infectieuses ne reconnaissent pas notre géographie. Divers paramètres entrent en jeu : d'abord la santé animale et humaine, mais aussi d'importants enjeux économiques. Dans tout cela, des éléments sont sans doute utiles pour se faire une idée sur la maladie. Mais quelles carences en terme d'information !
Qu'en est-il et que sait-on aujourd'hui ?
L'encéphalopathie spongiforme bovine est une maladie dont la transmission à l'homme serait expérimentalement possible, mais elle est très fortement limitée par des "barrières biologiques"(1). Chez l'homme, une maladie similaire est dénommée de "Creutzfeldt Jakob". Jusqu'ici, elle touchait environ une personne sur un million et se déclarait après 45 ans, suite à une très longue incubation : de 10 à 30 ans. Récemment, quelques cas atypiques de Creutzfeldt Jakob chez des éleveurs anglais, ont laissé supposer une possible transmission de l'ESB vers l'homme. Cette transmission se ferait par un agent de petite taille, une protéine infectante, baptisée "prion" (2) qui se développe dans le cerveau. Il n 'est pas prouvé à ce jour que cette protéine soit capable de transmettre la maladie d'un sujet à l'autre. Son mode de transmission reste donc énigmatique. Voici de manière rapide et simplifiée l'état de nos connaissances, celles-ci vont sans aucun doute progresser avec les recherches effectuées sur les prions. Il ne faut plus aujourd'hui que l'ignorance scientifique soit considérée sans danger pour la démocratie. Qui va décider, au nom de qui et sur quelles bases ? Il est temps d'écouter les scientifiques et de les comprendre. Combien d'erreurs pourraient être évitées grâce à une amélioration des moyens de diffusion dans le domaine de la culture scientifique. De la nécessité à l'impératif pour notre société, il n'y a qu'un pas qu'il faut franchir. Le CCSTI jouera son rôle en diffusant prochainement un article de synthèse sur ce sujet.
Michel Cabaret - Directeur du CCSTI
Notes :
(1) Jean-Yves Cesbron et Camille Locht - Inserm (1996)
(2) de "Proteinaceous infection particles" (recherches de Sanley Prusiner aux Etats-Unis, 1970-80).
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