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A l'écoute de la mer...
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(Gesma)
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À l'initiative du Gesma (Groupe d'études sous-marines de l'Atlantique), une campagne de mesures océanographiques et acoustiques, appelée Éva 96, s'est déroulée l'été dernier dans le golfe de Gascogne.
Cette expérimentation de grande envergure a eu la particularité de rassembler pour l'occasion les trois organismes phares de l'acoustique sous-marine de la région du Ponant : le Département de l'ingénierie de la technologie de l'Ifremer, le Centre militaire océanographique, composante de l'Epshom et le Gesma(1). |
L'objectif de cette mission, commune aux applications civiles et militaires, était de recueillir des données acoustiques. Celles-ci devaient ensuite être étudiées afin de connaître et modéliser leur propagation sur le plateau continental et de détecter à grande distance - plusieurs dizaines de km - des objets (conteneurs, événements bathymétriques, sous-marins).
Ces données avaient également pour but de déceler des bancs de poissons pour des applications civiles de l'évaluation de la biomasse.
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Le "poisson" remorqué : la source d'émissions acoustiques.
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Un déploiement de trois bâtiments
Les systèmes expérimentaux civils et militaires ont été déployés par trois bâtiments : le bâtiment d'études et d'essais Langevin, géré par le centre technique de la Direction des constructions navales (DCN à Toulon) et basé à Brest depuis quelques années, le bâtiment de soutien en haute mer Alcyon (Marine nationale) et le Gwen Drez, navire de soutien de l'Ifremer, basé à Nantes. Ce dernier était chargé de relever et de quantifier les zones les plus poissonneuses. Les levés hydrologiques et géophysiques de référence avaient déjà été effectués par l'Epshom. Dominique Morisset, directeur de l'essai, a expliqué : "La difficulté principale dans ce genre d'expérimentation n'est pas d'ordre technique, mais humaine. La coordination et la mise en uvre des moyens, dans des conditions qui ne sont pas habituelles lors de mouillages, nécessitent une parfaite entente entre les équipages et les scientifiques embarqués. Autre problème : les professionnels, c'est-à-dire les thoniers ligneurs espagnols et les pêcheurs français, étaient à l'affût de nos conversations radiophoniques, susceptibles de contenir des indications quant à la position effective de poissons. Non pas que nous refusions de les aider, mais le bruit créé par des chalutiers aurait pollué les mesures réalisées par les antennes acoustiques."
Un observatoire acoustique des poissons
Présent pendant toute l'expérimentation à bord du Langevin, François-Régis Martin-Lauzer, directeur du Gesma, a tenu à rappeler l'importance de ces opérations : "Nous avions noté, lors d'une campagne menée en septembre 95 avec le centre Saclant(2) de La Spezia en Italie, l'influence de la distribution des bancs de poissons sur les niveaux d'énergie des signaux acoustiques transmis. Avec le soutien de Bruno Barnouin, directeur de l'ingénierie de la technologie de l'Ifremer-Brest, nous avons réalisé une première expérience probatoire dans le golfe du Lion. Elle a eu lieu sous la direction du centre Saclant et avec la participation de l'Ifremer-Sète. Les mesures de transmission acoustique, dépouillées par un ingénieur du Gesma à La Spezia en Italie, se sont révélées suffisamment concluantes pour justifier celles de la campagne Éva 96. Une extension de cette expérimentation est prévue de 1997 à l'an 2000, par la réalisation d'un observatoire acoustique, du plateau continental atlantique en collaboration européenne (France, Allemagne, Italie...)."
Une vocation brestoise
Éva 96 confirme le rôle prépondérant des centres de la région brestoise pour les recherches et développements en acoustique sous-marine. Ainsi, pour mémoire, un Groupe de recherche en acoustique sous-marine (G2RA) a vu le jour en 1994. Il a été créé sous l'impulsion du technopôle de Brest pour fédérer les efforts de tous les centres de recherche, les industriels et les établissements d'enseignement supérieur. Son responsable, Christian Charles, a permis d'accéder à des ressources financières de l'État, des collectivités territoriales et de l'Europe (fonds Conver et Feder). La collaboration étroite qui existe entre tous ces organismes devrait permettre d'optimiser l'emploi des ressources intellectuelles de la région et des moyens techniques, tant civils que militaires.
K.G.
Contact :
Jean-Pierre Dudoret,
tél. 02 98 22 60 73
Notes :
(1)Ifremer : Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer :
Epshom : Établissement principal du service hydrographique et océanographique de la marine :
Gesma, au sein de la Direction des centres d'expertise et d'essais, est un établissement de la Délégation générale pour l'armement.
(2) Saclant : Centre d'études sous-marines de l'Otan (Saclant = Supreme allied commander Atlantic).
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