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Introduction
Un débat pluriel autour de la sécurité alimentaire
Le cidre en quête de reconnaissance
Michel Caugant SA - Entre tradition et permanence
Les branchés du bio
Les sens ont la parole

 


Le cidre en quête de reconnaissance




"Un p'tit Côtes-de-Fouesnant 96 ?" C'est peut-être ainsi que le consommateur sera accueilli dans les bonnes crêperies d'ici quelque temps ! Grâce au travail des producteurs du terroir, le cidre de Cornouaille s'est vu décerner une Appellation d'origine contrôlée (AOC). Une garantie de provenance et de qualité pour ce cidre coloré, riche en bouche, un peu corsé...


Comme son nom l'indique, l'AOC garantit une origine. Pourquoi la garantir ? "L'intérêt est de valoriser notre travail pour nous distinguer des cidres industriels, et que le consommateur retrouve et situe nos produits dans la gamme des cidres. Enfin, l'AOC permet au producteur de pommes de vendre ses fruits un peu plus cher... Après tout, le propriétaire de l'appellation, c'est le producteur de pommes !", expose Claude Goenvec. Vice-président du Cidref (1), il est aussi producteur et transformateur.



Une AOC pour le lambig


Curieusement, l'appellation contrôlée dont peut se targuer le cidre de Cornouaille depuis 1996, est le ricochet d'une action antérieure entreprise par le Cidref. "La première démarche de notre organisme, en 1980, a été de reconstituer le verger, puis de diversifier les produits cidricoles. Ainsi, nous nous sommes remis à distiller du cidre, pour fabriquer le lambig, la «fine Bretagne». Puis, nous avons mis au point avec l'Adria de Quimper, le pommeau de Bretagne(2). Dans le but de valoriser nos produits, nous avions déjà déposé une demande d'AOC pour le cidre de la région de Cornouaille en 1987, à l'Institut national des appellations d'origines (Inao) de Caen. Sans succès, l'Inao ne s'occupant pas alors des produits cidricoles... En 1990, nous redéposions une demande, pour le pommeau cette fois. L'institut a délégué une commission d'enquête. Mais pour classer le pommeau, il fallait que l'un de ses composants ait une AOC ! Nous avons donc déposé dans la foulée une seconde demande pour le cidre. Quelques mois plus tard, la deuxième commission d'enquête était dépêchée sur le terrain. Et le décret officialisant l'AOC du cidre a été signé par le ministre de l'Agriculture en février 96 !", relate Claude Goenvec. Tant de temps passé ? "C'est un institut qui prend du recul pour bien faire les choses. Il a fallu admettre les particularités liées au terroir (le climat et le sol) et délimiter l'aire de production géographique. Il faut également des gens dynamiques pour
faire vivre l'appellation, et bien sûr, qu'on ne puisse faire ce produit ailleurs...".



Déterminer les usages


Il faut, il est vrai, bien du temps et des réunions pour délimiter les zones avec les producteurs et les communes concernées. Et définir les usages locaux qui sont, eux aussi, une partie de la spécificité du cidre. Car ces pommes viennent d'une aire définie, de vergers agréés de variétés locales. Les rendements sont limités, irrigation et engrais étant interdits. Les pommes sont ramassées à la main, variété par variété. Bien sûr, le
cidre est 100% pur jus, sans aucune adjonction d'eau, et la gazéification et la pasteurisation sont interdites, rendant la prise de mousse complètement naturelle. Enfin, sorti des cuves, le cidre est mis en bouteille et goûté par un comité de dégustation au bout de 6 semaines ! 

                                                                                                                     
 M.-E.P.




Contact :

Claude Goenvec,

tél. 02 98 94 94 50.


Notes:

(1)
Cidref : Comité interprofessionnel de développement et de recherche finistérien pour le cidre, un organisme présidé par Raymond Lozac'h, qui regroupe toute la filière cidricole du département (producteurs fruitiers et transformateurs), soit une centaine d'exploitations.

(2)Un savant mélange de cidre et de lambig.


























































C
idre de Bretagne

une garantie européenne


La profession cidricole bretonne (industriels, artisans et producteurs de pommes à cidre) réalise actuellement une démarche d'Indication géographique protégée (IGP) "Cidre de Bretagne", garantissant au niveau européen l'origine régionale du produit. Motif du projet : se protéger du débarquement des "ciders" anglais et éviter l'amalgame entre cidre et "cider". Les "ciders" contiennent en effet jusqu'à 100% de concentrés de pommes alors que leur teneur ne dépasse pas 50 % dans les cidres français. De plus, les critères anglais concernant l'origine des concentrés sont ultra-libéraux. Pour garantir l'origine régionale du cidre de Bretagne, le cahier des charges de l'IGP spécifie 8 zones d'approvisionnement(1) pour les pommes (sous forme de concentrés ou non). Mais Loïc Berthelot, président du syndicat des producteurs et artisans cidriers de Bretagne, regrette que "cette IGP ne garantisse pas actuellement une qualité supérieure du cidre. Il aurait fallu pour cela associer la mention «pur jus», c'est-à-dire l'engagement du cidrier à ne pas diluer le cidre". Un critère de qualité que les industriels n'ont pas retenu. "L'IGP distinguera le produit industriel et aura peut-être un effet positif pour la production de pommes à cidre et donc l'économie locale, mais elle ne présentera pas sous cette forme un intérêt pour les artisans, car nos critères de qualité sont d'ores et déjà au-delà de ceux de l'IGP". Quant à choisir entre cette IGP et une AOC, Loïc Berthelot ne retient ni l'une ni l'autre, car "la qualité du cidre ne se réduit pas à un label".

                                                                                                                        
P.H.



(P.Hervé)

"Nos produits évoluent et nous devons valoriser les innovations de la recherche au profit des qualités souhaitées par nos clients les plus exigeants", souligne Loïc Berthelot.

(1) Les 4 départements bretons, la Loire-Atlantique, la Mayenne, la Sarthe, le nord du Maine- et-Loire.


Contact :

Loïc Berthelot,

tél. 02 99 09 05 78.