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Vulgariser ? Le Télégramme a "Eurêka !"
| "Eurêka !", "J'ai trouvé !" C'est l'exclamation qu'aurait poussée Archimède dans son bain. C'est aussi la formule choisie par Le Télégramme pour expliquer les aspects scientifiques qui marquent notre époque. Car le quotidien breton souhaite coller aux questions de ses lecteurs, et travaille à rendre compréhensibles les sciences et techniques d'aujourd'hui. |
Cette politique, visant à expliquer aux lecteurs de la presse quotidienne régionale les enjeux de la recherche scientifique, s'est dessinée au Télégramme depuis quelques années, en particulier dans le domaine médical. Ainsi, en 1990, l'opération Mucoviscidose(1), menée en collaboration avec les associations de parents de malades, permet de mener de front une campagne d'information, mais aussi de solidarité... "On a fait «sortir» la mucoviscidose. Cela représentait entre 30 et 40 articles à caractère scientifique très marqué. Certains professeurs nous ont dit que nous avons publié plus d'informations à ce sujet que n'en reçoivent en général les étudiants en médecine...", se rappelle Marcel Quiviger, l'un des rédacteurs en chef du Télégramme à Morlaix. Dans la droite ligne, Le Télégramme monte également en 1996, avec l'association France-Adot(2), une opération d'information et de sensibilisation sur le don d'organes. "Là encore, il y a eu une trentaine d'articles abordant tous les aspects médicaux. 5000 personnes ont pris une carte de donneur d'organes et nous avons aussi permis aux médecins et aux associations d'approfondir leur travail", retrace Marcel Quiviger.
Hubble, CD-Rom, téléphone portable...
Depuis le début de l'année, les lecteurs du quotidien de la pointe de Bretagne découvrent chaque mercredi "Eurêka !". Cette page est soit dédiée à un thème précis, faisant partie de l'environnement quotidien des lecteurs, soit à un sujet que l'actualité met en lumière : la dernière récupération et remise à niveau d'Hubble, par exemple (voir illustration). À chaque fois est posée la question "Comment ça marche ?". D'autres sujets sont abordés par "Eurêka !" : le téléphone portable, le CD-Rom, les comètes... "Nous sommes très portés sur l'infographie. Elle nous permet une présentation digeste et ludique de l'information : un bon dessin vaut mieux qu'un long discours. Et puis nous devons être le seul quotidien régional à avoir une telle capacité à faire des pages intérieures en couleurs... Notre service infographique comporte deux personnes, qui travaillent en permanence pour illustrer des sujets d'information générale. Mais, en l'occurrence, la page "Eurêka !" est l'objet d'une collaboration avec l'agence d'infographie JSI, installée à Paris", explique Marcel Quiviger.
(Le Télégramme / JSI) |
Comme potentiel : tous les labos...
Le journal se déclare ouvert à des actions conjointes avec des organismes régionaux, des centres de recherche, à l'image de ce qu'il a déjà fait pour l'Ifremer, s'impliquant par exemple dans la dernière journée porte ouverte de l'institut, à Brest. "Potentiellement, tout ce qui se passe dans les laboratoires de Bretagne nous intéresse," explique Marcel Quiviger, qui poursuit : "Sans aucun désir de caricaturer, nous essayons de faire en sorte que les explications soient accessibles à un enfant de 12 ans ! Car ce qui est suffisamment bien expliqué pour cet âge-là, l'est alors pour tout le monde". Et le journaliste de reprendre le paradoxe bien connu : "Ce sont souvent les scientifiques les plus brillants qui expliquent les choses compliquées le plus simplement... Il nous arrive parfois de trouver qu'il n'est pas facile d'accéder à l'information scientifique : on ne sait pas ce qui se passe dans les laboratoires, et ceux-ci n'aiment pas communiquer en général. Il faut aussi trouver l'interlocuteur... Du coup, lorsque l'on en connaît un, maîtrisant parfaitement son sujet, nous avons tendance à nous reporter à lui fréquemment afin de pouvoir informer nos lecteurs au mieux !". Et fidèle à une conception plutôt citoyenne du rôle d'un journal, Le Télégramme a même organisé des visites de classes, où le professeur Claude Férec présentait aux élèves le thème de ses recherches et l'état des connaissances sur la mucoviscidose. Les professeurs utilisaient avec leurs élèves des articles du Télégramme pour préparer la venue du chercheur. Un parent d'enfant malade, ou même un enfant atteint, accompagnait le scientifique, tandis qu'un journaliste du quotidien jouait le rôle du candide. "L'information scientifique peut être passionnante," constate Marcel Quiviger. Oui Monsieur !
M.E.P.
Notes :
(1) La mucoviscidose est une maladie génétique grave, particulièrement fréquente en Bretagne.
(2) Association pour les dons d'organes et de tissus humains.
Contact :
Le Télégramme,
tél. 02 98 62 11 33.
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