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La génomique est une discipline scientifique qui s'est développée depuis le début des années 90. Sa finalité ? Lire et comprendre l'ADN, cette biomolécule éminemment complexe qui renferme l'information génétique, et que l'on retrouve aussi bien chez un homme, une crevette ou une pomme. Les biologistes de nombreux pays s'allient donc pour séquencer (1) les génomes (2) de nombreux organismes et tenter d'établir leur cartographie (3). But de l'opération : créer d'immenses banques de données décrivant la place et l'environnement des gènes, leur fonction et leur mode d'expression.
Le programme Génome
Le CNRS s'est depuis longtemps intéressé à la génomique. Après le Greg (4), il a lancé en 1997 le programme Génome, doté d'un budget de 35 millions de francs. " Ce programme permet de favoriser en France le développement de projets scientifiques portant sur la structure, la plasticité et le fonctionnement des génomes ", explique Francis Galibert, directeur de l'UPR 41 " Recombinaisons génétiques " à Rennes et coordinateur national du programme Génome. Le généticien est convaincu de l'intérêt scientifique et médical de la génomique : " Le séquençage systématique du génome pourrait modifier complètement la démarche des biologistes. Quand un chercheur s'intéressera à un organisme donné, il aura la possibilité d'avoir accès au patrimoine génétique complet de son sujet d'étude, et trouvera ainsi plus facilement l'information qu'il recherche". C'est dans cette optique, qu'en été 1997, un grand Centre national de séquençage (CNS) a été créé à Evry. Cette structure permet de fédérer les différents travaux menés à travers la France.
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La génomique à Rennes
A Rennes, l'unité que dirige Francis Galibert, l'UPR CNRS 41 " Recombinaisons génétiques ", apporte elle aussi sa contribution au décryptage de l'" encyclopédie de la vie ". Par exemple, ses recherches en génétique humaine ont permis d'identifier le gène responsable de l'hémochromatose, une maladie génétique due à une surcharge en fer dans l'organisme, plus répandue en Bretagne que dans d'autres régions. Les biologistes se penchent maintenant sur la recherche d'autres gènes liés à cette maladie. L'homme n'est pas le seul sujet d'étude du laboratoire, car, depuis trois ans, une équipe cherche à établir une carte du génome
canin. " Chez le chien, chaque race forme un isolat caractéristique, contrairement aux groupes humains. Nous pouvons donc aisément isoler les différents gènes et allèles (5) qui commandent le polymorphisme des espèces. De plus, les chiens sont fréquemment touchés par des maladies génétiques semblables à celles des hommes ", explique Francis Galibert. Avec ses quelque 350 races distinctes, le chien est une véritable mine d'or pour les généticiens ! L'UPR 41 a également établi la cartographie de la levure Saccharomyces cerevisiae, et organisé le séquençage de son chromosome 10. Actuellement, l'analyse fonctionnelle de certains gènes est en cours. " Cette levure, dont le génome est particulièrement simple, présente un grand intérêt en tant qu'organisme modèle, aussi bien en génétique moléculaire qu'en biologie du développement. " Enfin, le laboratoire commencera en septembre l'étude du Rhizobium meliloti, une bactérie symbiote de certaines plantes, capable de fixer l'azote de l'air et de réduire ainsi les besoins en engrais de son hôte. Ce projet unira des laboratoires français, belges, allemands, américains et canadiens, et aboutira certainement à l'élaboration de nouveaux organismes génétiquement modifiés.
W.J.
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