Les secrets de la reproduction chez le mâle.

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Le Germ

Les secrets de la reproduction chez le mâle.


 




Observation au microscope électronique à balayage d'une coculture de cellules de Sertoli, qui forment l'armature du tube spermatique et de cellules germinales, précurseurs de spermatozoïdes (on peut observer le flagelle de certains d'entre eux).
(Photo Germ)

Laboratoire Inserm (1) depuis le 1er janvier 1995, le Groupe d'étude de la reproduction chez le mâle (Germ) développe ses activités sur le campus de Beaulieu, université Rennes I. Bernard Jégou, son directeur, tente de lever le voile sur quelques-uns des phénomènes de la reproduction chez le mâle.




"L'une des particularités de notre laboratoire, est de traiter du problème de la reproduction chez le mâle depuis le foetus jusqu'à l'âge adulte", explique Bernard Jégou, directeur du laboratoire Germ. Depuis 23 ans, Bernard Jégou concentre ses recherches sur ce sujet puisqu'il a commencé sa carrière de chercheur par une thèse réalisée à Tours sur les testicules de bélier ! Une passion certes, et de plus comme le souligne notre spécialiste, "pour faire quelque chose de bien, il ne faut pas se disperser". Dans son laboratoire, il a adopté la même politique de spécialisation, ce qui permet d'acquérir une "certaine image de marque". Cependant, si la fonction reproductrice chez le mâle est au centre des recherches de cette équipe de 35 personnes, quatre axes principaux sont étudiés.




Les spermatozoïdes, une espèce en voie de disparition?



"Le testicule est un organe hyper actif, à chaque battement de coeur, l'homme produirait quelque 1500 spermatozoïdes". L'équipe du Germ s'attache donc à mieux comprendre comment les cellules testiculaires communiquent entre elles lors de cette production, et plus généralement, les interactions cellulaires à l'intérieur de cet organe. A l'étude du fonctionnement du testicule s'ajoute celle de son dysfonctionnement. Etude d'autant plus importante lorsque l'on sait que le cancer testiculaire est le plus fréquent chez l'homme âgé de 25 à 35 ans. A cela, se greffe un peu de génétique et enfin l'influence de l'environnement (facteurs physiques et chimiques) sur la fonction testiculaire. Ces dernières années, plusieurs équipes ont remarqué une diminution de la qualité du sperme (diminution du volume de l'éjaculat et de la concentration de spermatozoïdes, voire de leur mobilité et de leur morphologie), baisse pouvant être due à des facteurs environnementaux (1). Sur ce sujet Bernard Jégou reste prudent : "Les données de l'épidémiologie rétrospective constituent une sorte de paléontologie clinique. Or de même que les fossiles ne sont pas la représentation exacte des espèces du passé, il faut rester prudent sur ces données pouvant parfois s'avérer de mauvaise qualité". De plus, il ne faut pas confondre baisse de la qualité du sperme et baisse de la fertilité (3). "Au contraire, dans certaines régions, la fertilité est devenue meilleure à cause d'une amélioration des conditions sanitaires."



Les animaux aussi...



Doté d'une réputation internationale, le laboratoire déploie son énergie sur la recherche fondamentale mais également appliquée. Au niveau régional, il travaille avec des éleveurs sur des problèmes de fertilité des animaux afin d'optimiser leur production spermatique. Au niveau national, le laboratoire entretient des liens avec l'industrie pharmaceutique, notamment pour étudier les effets de diverses molécules sur le phénomène de la reproduction et les problèmes de toxicité possible de ces agents. Enfin, au niveau international, le laboratoire est également sollicité en tant qu'expert. Il travaille en ce moment, en collaboration avec d'autres laboratoires, sur un sujet brûlant, la mise sur le marché européen de la viande américaine traitée aux anabolisants. Activité foisonnante, qui va conduire le laboratoire à doubler sa surface, preuve s'il était nécessaire de sa bonne santé.


S.L.G.





Parmi les nombreuses techniques de recherche pratiquées au Germ, l'immunodétection est utilisée, afin de détecter une endoprotéase germinale dans le testicule d'un rat adulte.
(Photo Germ.)



Le testicule :
Si chacun sait la place qu'occupe le testicule au sein de la reproduction, on connaît moins l'origine de ce mot. Testicule vient du latin testis (diminutif testiculi) qui signifie "témoin". Deux hypothèses expliquent actuellement cette origine : pour les Romains, les testicules sont les représentants ou "témoins" de la virilité de l'homme. Autre hypothèse tout aussi intéressante, dans plusieurs civilisations antiques, l'individu devait porter la main sur ses testicules ou ceux d'un partenaire pour jurer...



Contact :    

Bernard Jégou, Germ

tél. 02 99 28 61 25

fax 02 99 28 16 13,

e-mail :
bernard.jegou@univ-rennes1.fr


Notes :      
(1) Institut national de la santé et de la recherche médicale, le Germ appartenant à l'unité 435.


(2) La première étude publiée sur ce sujet par une équipe américaine date de 1974. En 1992, le débat a été relancé par la publication des travaux d'une équipe danoise dirigée par Niels Skakkebeak. Dans la région parisienne, Pierre Jouannet (directeur du Cecos Cochin, Paris) et ses collaborateurs ont mis en évidence une baisse de concentration des spermatozoïdes chez l'homme de 2 % par an, depuis 20 ans.


(3) 60 millions par ml est la concentration spermatique moyenne humaine, or il est difficile de mettre en évidence une altération de la fertilité tant que cette concentration n'est pas inférieure à 5 millions par ml.