Le conservatoire botanique de Brest

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Jardin botanique, jardin scientifique
Le conservatoire botanique de Brest
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Un protecteur du patrimoine végétal mondial

Le conservatoire botanique de Brest





Créé en 1975 par Jean-Yves Lesouëf dans le vallon du Stang-Alar, le conservatoire botanique national de Brest a deux missions principales : sauvegarder les espèces menacées de disparition, et sensibiliser le public à la nécessité de ce sauvetage. Lourde mission pour la vingtaine de personnes qui travaille au conservatoire !



Jean-Luc Autret, responsable des serres techniques procède à la fécondation et à la multiplication des espèces menacées.
(L. Ruellan, CBN Brest)





Le conservatoire botanique national de Brest a été la première structure mondiale à se consacrer entièrement à la sauvegarde des espèces végétales menacées d'extinction. Deux faits ont permis sa création. En 1974, la communauté urbaine de Brest souhaite développer des espaces verts et décide de réhabiliter le vallon du Stang-Alar, une carrière abandonnée. A cette même époque, le botaniste Jean-Yves Lesouëf cherche un lieu pour "héberger" son projet, à savoir "créer un jardin botanique spécialisé dans la sauvegarde des espèces menacées". Par son climat océanique et la variété des biotopes qu'il offre, le vallon du Stang-Alar paraît l'endroit idéal. L'accord est signé en 1976, et les travaux d'aménagement du conservatoire commencent rapidement. Il est déclaré conservatoire botanique national par agrément ministériel en 1990.





Une priorité, la conservation



" La mission principale du conservatoire se traduit par deux activités " explique Patrick Péron, animateur au conservatoire "La première, c'est un travail d'urgence, c'est à dire inventorier et sauver les espèces les plus menacées ; la seconde est un travail de fond via la vulgarisation sur le thème de la conservation". Cette mission s'étend sur un large territoire car, comme le souligne le conservateur Jean-Yves Lesouëf, "On travaille pour les gens du monde entier". Cependant, le conservatoire s'est spécialisé dans la protection de la flore du massif armoricain s'étendant sur 13 départements (officiellement, le conservatoire s'occupe de 12 de ces 13 départements), et également la flore océanique car "le pourcentage des plantes menacées dans régions est important".







Le ciste de Landerneau






Grâce au conservatoire, la population du ciste de Landerneau a pu être renforcée.
(Photo : L. Ruellan, CBN Brest)





En Bretagne, le ciste de Landerneau (Cistus psilosepalus) était sur le point de disparaître. Grâce au conservatoire, sa population a pu être augmentée in situ. Sur l'ensemble du massif armoricain, 500 espèces sauvages sont menacées. Sylvie Magnanon et Franck Hardy travaillent à la réalisation d'un atlas de la flore armoricaine permettant entre autre la localisation des espèces menacées. Ce long travail informatique et de terrain (effectué par un réseau important de bénévoles) permettra à terme une meilleure gestion de ces espèces.

Vigilence ou urgence



Comment se manifeste le travail au quotidien de ces sauveteurs ? Patience et persévérance sont deux qualités indispensables. Tout d'abord, il faut récolter des informations bibliographiques et géographiques sur les espèces menacées. En fonction du degré de menace pesant sur les espèces, deux possibilités sont envisagées. Si la menace est faible, on pratique alors une conservation in situ (1). Les zones où l'espèce a été observée seront alors surveillées et parfois renforcées (voir encadré).



Quand la menace est encore plus forte et des mesures d'urgence s'imposent. On pratique alors une conservation ex situ
(1). Des échantillons de l'espèce sont prélevés, et on tente d'augmenter la population par différentes techniques : semis, bouturage, fécondation artificielle… Si le stock est assez important, une réintroduction de la plante dans son milieu naturel est alors envisagée. Cependant, comme le souligne Loïc Ruellan, animateur au conservatoire, "Avant de réintroduire il est préférable de connaître les causes de la disparition afin que cela ne se reproduise plus" (2). Dans le cadre de ces sauvetages semblant parfois impossibles, le conservatoire peut s'enorgueillir de plusieurs réussites. Ainsi, en 1982, il ne restait dans la nature que deux spécimens du bois de senteur blanc (Ruiza cordata) de l'île de la Réunion. Par bouturage puis fécondation artificielle, 2000 plants ont été obtenus puis réintroduits en 1989. Cette réussite a convaincu les plus sceptiques de la nécessité et de l'utilité d'un conservatoire botanique. Aujourd'hui, le Conservatoire botanique cultive 3000 espèces végétales dans ses serres et son jardin, dont plus de 1300 sont des plantes menacées de disparition dans leurs milieux naturels.





Conserver, c'est aussi informer



Ce patrimoine végétal est également valorisé par le biais d'une démarche d'éducation des visiteurs. Dur travail car il apparaît plus facile de sensibiliser le public à la disparition des éléphants qu'à celle d'une plante ; pourtant, animale ou végétale, modeste ou spectaculaire, toute espèce a droit à la même protection. Pour informer les 300000 visiteurs annuels du jardin, le conservatoire a mis en place différentes animations. Les plantes exposées dans le jardin sont nommées par leur nom scientifique. A l'intérieur des serres, un système d'autoguidage a été installé en 1995. De plus, un petit livret donnant des informations ethnobotaniques ou sur l'histoire du sauvetage des plantes a été édité. Enfin, des visites guidées, principalement pour les scolaires, sont organisées tout au long de l'année.


Osmose parfaite entre le domaine scientifique et le grand public, le conservatoire botanique de Brest est un modèle à suivre …


Contact :    

Loïc Ruellan,

Patrick Péron,

tél 02 98 41 88 95

fax 02 98 41 57 21


Notes :      (1) In situ : dans le milieu naturel ; ex situ : hors du milieu naturel.

(2) Au niveau mondial, on estime qu'une espèce disparaît tous les 1000 ans pour des raisons naturelles. Des raisons artificielles (liées aux activités humaines) sont responsables de la disparition d'une espèce par jour !