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Le CHM de Roscoff :
Rééduquer les pieds dans l'eau...
 Photo CHM A deux pas de la Manche, les bassins d'eau de mer participent à la rééducation.
Parvenir jusque là est déjà une sorte de récompense : bordé d'eau sur trois côtés, la pointe de Perharidy, à Roscoff (29), abrite le Centre hélio-marin (CHM). Sur cet étonnant site boisé, dont les eaux côtières sont, dit-on, adoucies par la proximité d'une branche du Gulf Stream, fonctionne un centre de rééducation pas tout à fait comme les autres. Créé à l'origine pour accueillir des enfants tuberculeux, il reçoit aujourd'hui des patients venus se remettre d'accidents de la route très graves, ou d'interventions chirurgicales, ainsi que des enfants atteints de mucoviscidose... Des cas où l'un des éléments de la thérapie est, plus que jamais, le bien-être. Un élément que suscite naturellement l'environnement marin !
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Le docteur Gilles Rault, président de la commission médicale de l'établissement, retrace l'histoire du CHM : « A l'origine, le centre a été créé pour accueillir des enfants tuberculeux. C'était au début du siècle et on effectuait une répartition pour le moins curieuse : la tuberculose pulmonaire à la montagne et la tuberculose osseuse et ganglionnaire à la mer ! Même si on se demande bien sur quelles bases scientifiques était effectuée cette répartition géographique, après tout, c'était déjà un début de politique de santé, qui permettait de s'organiser ! En 1901, la marquise de Kergariou, riche héritière de la région décide de faire don d'un sanatorium pour les enfants. En fait, des enfants de paysans ou de marins, des milieux aux conditions de vie très rudes... Il s'est appelé Centre hélio-marin dès le début »..
Un historique lié aux maux du siècle
Comme l'explique le Dr Rault, à l'origine de ces soins, il n'y avait pas de connaissance précise de l'action de la maladie, et encore moins de son mode de propagation. Par contre, les idées préconçues des autorités sanitaires se sont avérées parfois bonnes : séparer les enfants les uns des autres (prévention de la contagion) et leur donner ce que l'on pensait bon pour eux : de l'air pur, du soleil (mais pas trop) de la nourriture saine en quantité suffisante et une hygiène correcte. Intuition ? En tout cas, si on ne connaissait pas la façon de traiter le bacille de Koch, ces mesures étaient pertinentes. « On savait mettre les enfants dans un milieu favorable et sans forcément traiter, permettre à leur organisme de récupérer... Enfin, la répartition des types de tuberculose a fait que s'est développé ici une compétence en chirurgie de l'os et en orthopédie. Cette compétence a servi à la reconversion de l'établissement. En effet, les antibiotiques sont intervenus après-guerre, et notamment la streptomycine... L'établissement s'est donc vidé et on s'est tourné alors vers les maladies osseuses, la rééducation fonctionnelle, les maladies chroniques de l'enfant (diabètes, mucoviscidose et déficit de croissance)... Enormément d'enfants sont ainsi passés ici, où l'on tentait de traiter, même si l'on ne savait pas encore soigner. Puis est venu une ère plus thérapeutique : on a commencé à savoir soigner plus précocement, parfois à domicile... » explique Gilles Rault. Enfin, vers 1982-83, plutôt que d'accueillir des patients venus de toute la France, l'établissement s'est plus adapté aux besoins régionaux. Traumatismes du crâne, réadaptation cardio-vasculaire, rééducation pour enfants et adultes, et toujours, mucoviscidose, sont devenus l'essentiel de l'activité.
Et la mer ?
« La mer est une notion très empirique dans le traitement. Nous sommes sur le littoral ; voilà qui justifie le terme « marin ». Nous bénéficions d'un soleil clément, qui nous évite aussi bien grands froids que canicule : voilà pour « hélio » ! A l'origine, les jeunes qui souffraient de pathologies osseuses, étaient mis dans des « cures ». Il s'agissait de rangées de lits, poussés en rebord de plage, où le plus souvent les enfants étaient immobilisés en traction du rachis. C'était plus agréable dehors ! Mais il n'y a pas de raison scientifique qui explique le succès de la mer. On a beaucoup parlé d'un milieu comparable au milieu sanguin, d'oligo-éléments... Ça ne repose pas sur grand chose. De façon pratique, pour la rééducation, les piscines d'eau de mer tiède que nous utilisons procurent une meilleure portance et sont plus simples pour l'hygiène : le sel est un environnement hostile au développement des germes pathogènes, en général... Mais ce qui est certain, c'est l'attirance pour la mer. Cet environnement est ainsi source de plaisir et de réconfort. Or pour les gens dans une situation de désarroi, de traumatismes, d'inquiétude, la meilleure technologie ne vaut rien sans réconfort ! Et puis nous répondons à l'attente des gens : c'est là que se situe le point-clé. On est frappé par la beauté du site, tout le monde préfère cela à une usine désaffectée ! Voilà qui est de la nature de l'émotion : les raisonnement on été faits après, pour rationaliser ! Je crois que le développement des sciences doit nous pousser à l'humilité » conclut le Dr Rault.
- Le CHM de Roscoff est un établissement privé à but non lucratif, participant au service public hospitalier.
- Directeur-général : Daniel Bonne.
- Services : orthopédie et rééducation fonctionnelle, néphrologie et hémodyalise, pédiatrie (nutrition et maladies métaboliques)
- Personnels : 500 personnes
- 315 lits
| | Contact :
Gilles Rault tél. 02 98 29 39 39 fax 02 98 29 34 27
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