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La sagesse populaire savait déjà que le poisson et les produits de la mer étaient « bons pour la santé » ; mais aujourd'hui, ce sont les médecins qui le disent : « il faudrait manger du poisson au moins trois fois par semaine», selon Bernard Schmitt, médecin spécialisé en endocrinologie, diabétologie et nutrition au Centre hospitalier de Bretagne sud. Ce conseil, Bernard Schmitt, le prodigue à ses patients atteints de maladies cardiaques ou de diabète, mais aussi au grand public, à travers les activités du Centre d'enseignement et de recherche en nutrition (Cern) qu'il dirige : conférences, animations, formations rappellent à tous que l'alimentation est sans doute la première des médecines.
Lutter contre deux fléaux de pays riches
Mais alors, docteur, pourquoi le poisson est-il bon ? Pour répondre, Bernard Schmitt nous entraîne très loin : chez les Esquimaux du Groenland et les Japonais de l'île d'Okinawa. « Ces deux peuples, traditionnellement grands consommateurs de poisson, sont pratiquement épargnés par les maladies cardio-vasculaires. En revanche, s'ils changent de régime alimentaire -s'ils émigrent aux USA par exemple-, leur taux de maladies cardio-vasculaires devient celui de la population du pays où ils résident. C'est la preuve que le poisson exerce une protection vis-à-vis de ces maladies, qui, rappelons-le, sont la première cause de mortalité dans les pays « riches ». Les scientifiques ont même réussi à aller plus loin dans leur explication : l'élément « protecteur » dans le poisson, c'est l'huile, et plus précisément deux acides gras, désignés sous le terme générique d'oméga 3 (voir encadré). « Ces acides gras sont des précurseurs de facteurs anticoagulants. Ils ont pour effets de diminuer la viscosité sanguine, de limiter la formation du thrombus (caillot sanguin) ; leur action permet aussi de diminuer le taux de cholestérol sanguin, mais surtout celui des triglycérides, facteurs moins connus, mais plus dangereux que le cholestérol » explique Bernard Schmitt. Ainsi, la consommation régulière de poisson permettrait aux gens de vivre plus longtemps et mieux, avec moins d'infarctus, moins d'accidents vasculaires et moins d'insuffisances rénales
Il est également un autre fléau moderne que le poisson peut aider à combattre : le diabète. « Notre alimentation en général trop grasse et trop sucrée, et notre vie sédentaire, font que le diabète est en pleine augmentation. Déjà 10 % de la population est diabétique, et ce pourcentage augmente encore ». Pour ces malades, la consommation de poisson représente un apport de protéines « maigres » et contrebalance les conséquences cardio-vasculaires catastrophiques du diabète.
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Coquillages et crustacés
Mais Bernard Schmitt ne s'en tient pas à l'apologie du poisson : il évoque aussi la richesse en oligo-éléments (vitamines et minéraux) des coquillages, et de tous les produits de la mer en général
Il rappelle aussi que les algues sont des sources de fibres et de mucilages, dont on connaît les effets positifs : capture des graisses et des sucres, régulation du transit
. Ces fibres d'algues sont très présentes dans notre alimentation, souvent à notre insu d'ailleurs : ce sont elles qui assurent la texture de bon nombre de flans et crèmes glacée. Mais il est aussi une autre qualité que Bernard Schmitt aime à souligner, une qualité indispensable : les produits de la mer sont savoureux ! « Une douzaine d'huîtres, ce sont des vitamines et minéraux, certes ; mais c'est aussi un moment de plaisir ! ».
C.P.
nom de code oméga 3
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Les acides gras de poissons sont des acides gras dits « insaturés », comme ceux contenus dans les huiles végétales. Le terme « insaturé » signifie qu'il existe des doubles liaisons entre les atomes de la longue chaîne de carbone (voir schéma). L'acide eicosapentaénoique (EPA) et l'acide docosahexaénoique (DHA), contenus dans le poisson, sont plus connus sous leur nom générique d'« oméga 3 ». Ce terme signifie qu'une double liaison est située à la position n-3 (la troisième avant la fin).
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le retour de l'huile de foie de morue ?
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| Nos parents avaient donc raison de nous forcer à ingurgiter de l'huile de foie de morue puisqu'elle contient en quantité des oméga 3 auxquels s'ajoutent la vitamine A, et surtout la vitamine D, antirachitique. Malgré ces qualités nutritionnelles, l'huile de foie de morue n'est plus vraiment recommandée par les nutritionnistes : ils savent qu'une alimentation-santé c'est surtout une alimentation-plaisir ! |
Contact : Bernard Schmitt
tél. 02 97 64 91 81
fax 02 97 64 92 40 |
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