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Le 30 janvier dernier, Hubert Curien était présent au Conseil régional de Bretagne pour présider, aux côtés d'Yvon Bourges, la cérémonie de remise des prix Bretagne jeune chercheur. Ministre de la recherche jusqu'en 1993, puis président du Centre européen de recherche nucléaire, Hubert Curien a toujours soutenu la mission des centres de culture scientifique. C'est ce qu'il explique aujourd'hui, pour Sciences-Ouest.
"Le "I" du sigle CCSTI me paraît essentiel : lorsque nous avons créé ces structures, en 1984, notre idée était d'installer des lieux de convivialité, où scientifiques, techniciens, ingénieurs et industriels puissent se retrouver, et montrer ensemble à la population ce qu'ils avaient fait et ce qu'ils avaient envie de faire. A Rennes, L'Espace des sciences est à ce titre exemplaire : il faut s'ingénier à établir une familiarité de nos concitoyens, de nos contemporains, avec la science telle qu'elle se fait et avec la technologie telle qu'elle se développe. Plus qu'une familiarité, je dirais même une complicité. Si nos concitoyens restent en dehors d'une telle connaissance de tout ce qui se découvre, de tout ce qui s'invente, nous aurons une société duale. D'un côté ceux qui savent, de l'autre ceux qui subissent… Ces derniers subissent d'ailleurs quelquefois avec plaisir, quand il s'agit de tout ce qui simplifie ou agrémente la vie quotidienne. Mais ne pas comprendre ce qui se passe dans la machine apporte un sentiment d'inconfort, qui peut aussi conduire à un rejet. Les centres tels que L'Espace des sciences sont les endroits idéaux pour familiariser nos concitoyens avec les nouveaux objets, les nouveaux procédés, au fur et à mesure de leur invention. De plus en plus, la science fait partie de notre culture. Il y a quelques mois, François Jacob (1) faisait son entrée à l'Académie française. Deux Ministres assistaient à la cérémonie : celui de la Recherche et celui de la Culture. Un beau symbole, que j'espère voir renouveler le plus souvent possible !"
(1) Prix Nobel de médecine et physiologie en 1965 (avec André Lwoff et Jacques Monod), pour ses travaux en biochimie et génétique, François Jacob est entré à l'Académie française le 20 novembre dernier.
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