De la caravane à l'ostréiculture - La pêche aux huîtres

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De la caravane à l'ostréiculture

La pêche aux huîtres


 

 


L’huître plate peut vivre plus de 30 années et atteindre un poids de 1,5 kilogramme. En vieillissant, elle adopte une forme caractéristique et on la nomme alors " Pied de Cheval ".
(Photo Sandrine Le Guen)

Cancale sans ses huîtres ne serait plus Cancale. Si cette ressource fut abondante jusqu’à la fin du siècle dernier, surexploitation et épidémies ont profondément diminué le stock de cette denrée devenue rare. La "Ferme marine" retrace l’histoire passée et actuelle de ce noble coquillage, l’huître.

Cancale doit une grande part de sa réputation à ses huîtres et ceci depuis bon nombre d’années. En effet, François 1er accorda le titre de "ville", à Cancale en 1545, en raison de ses huîtres qu’il appréciait grandement. Les autres monarques ne sont pas en reste puisque l’on dit que Henri IV était capable d’en ingérer plus de vingt douzaines sans être malade, tandis que Marie-Antoinette en recevait à Versailles des fourgons entiers !

 

Huîtres plates, huîtres creuses


Deux espèces d’huîtres sont présentes à Cancale, la plate (Ostrea edulis) et la creuse (huître japonaise, Crassostrea gigas) qui a remplacé l’huître portugaise, Crassostrea angulata, disparue des côtes françaises dans les années 1971-72. Les huîtres plates sauvages, abondantes au siècle dernier, ont quasiment disparu. Jusqu’au 18e siècle, des centaines de bateaux de Cancale (les bisquines), de Normandie et d’Angleterre, raclaient sans mesure les bancs huîtriers. Ce dragage intensif s'est rapidement avéré désastreux et dès 1759, un édit royal dut interdir le dragage sur toutes les côtes françaises entre avril et octobre, période de reproduction des huîtres. Au 19e siècle, le dragage n'était autorisé que certains jours, à certaines heures. Ainsi naquit la tradition des jours de caravane : suite à un coup de canon, le départ de l’ensemble des bisquines (jusque 495 en 1889) constituait un spectacle grandiose. Cependant, ces mesures furent insuffisantes, et dans les années 1920, d’autres campagnes plus désastreuses les unes que les autres ont mis fin à la traditionnelle caravane cancalaise.

 

Contact :

Véronique Alleaume

tél 02 99 89 69 99
fax 02 99 89 82 74

email
ferme-marine@huitres-francaises.com.

 

Visites toute l’année sauf en décembre,
38 F pour les adultes,
32 F pour les groupes.

La naissance de l’ostréiculture


Face à la diminution du stock d’huîtres sauvages, l’ostréiculture s’est alors développée. Tout d’abord, il a fallut apprendre à capturer les jeunes larves d’huîtres. Dès 1858, un plancher collecteur inventé par Monsieur le Bon, commissaire de la marine, permit les premiers captages. Désormais, vieilles coquilles d’huîtres ou de Saint-Jacques, barres de fer ou tuiles immergés dans les zones de reproduction assurent le captage entre juillet et août. Neuf mois plus tard, ces jeunes larves devenues naissains seront détachées de leur support et semées dans les parcs d’élevage ou bien placées dans des poches installées sur des tables. Quatre années seront alors nécessaires au développement des huîtres.

Située à l’Aurore, près du port de la Houle, la "Ferme marine" est avant tout une entreprise familiale, les Parcs de Saint-Kerber, produisant et exportant huîtres et autres coquillages dans plus de 60 pays. En visitant ce lieu, vous apprendrez par exemple que l’huître, tantôt mâle, tantôt femelle, change de sexe tout au long de sa vie ; elle est dite à hermaphrodisme successif. De plus, l’huître plate est vivipare et libère de 500 000 à 1500 000 larves. La creuse, quant à elle, est ovipare et est capable de pondre de 20 à 100000 millions d’œufs ! Enfin, la visite de l’atelier ostréicole vous décrira les différentes étapes nécessaires au conditionnement de l’huître : lavage, calibrage…

 

S.L.G