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La quête de l'hélium stellaire
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La quête de l'hélium stellaire



 
 Régions actives et boucles magnétiques vues par Soho, le satellite européen de mesure de l'activité sismologique du Soleil. La température approche le million de degrés Kelvin (°K) dans la couronne inférieure, alors qu'elle ne dépasse pas 5 600 °K à la surface du Soleil. C. Soho.
  L a quête de l'hélium stellaire
Astronome-adjoint de l'observatoire de Paris-Meudon, Yveline Lebreton a choisi de venir s'installer à Rennes en 1993 pour y poursuivre ses travaux sur la structure interne et l'évolution du Soleil et des autres étoiles de petite masse. 'A partir des observations effectuées au sol ou dans l'espace et des développements théoriques et expérimentaux récents, nous testons et ajustons nos modèles de représentation de la structure des étoiles pour mieux comprendre les processus physiques à l'œuvre dans leur intérieur'.

Les liens entre l'université Rennes 1 et l'observatoire de Meudon se sont tissés en 1992, quand Michel Combes, président de l'observatoire et Jean-Claude Hardouin, président de l'université, ont signé une convention d'échanges. Yveline Lebreton en a profité pour réintégrer la capitale bretonne, dont elle est originaire. ' Mon travail consistant surtout à élaborer des modèles numériques d'étoiles en utilisant diverses bases de données accessibles via Internet, il n'y a aucun problème pour que je le réalise ici… Le réseau de télécommunications à haut débit Renater m'offre le même confort que si j'étais physiquement située à Meudon', explique-t-elle.


 
 
  D e la lunette à l'estrade
Autre circonstance à la venue d'Yveline Lebreton à Rennes en 1993 : ces années étaient marquées par l'obligation pour les astronomes des observatoires francais, de prendre en charge des enseignements, de manière à justifier d'un statut comparable à celui des enseignants chercheurs de l'Université. En venant à Rennes, Yveline Lebreton a pris en charge une part importante (la moitié) des enseignements d'astrophysique en SIGNETNO1(1) et en licence de physique. ' La première année d'enseignement a demandé beaucoup de préparation ! Aujourd'hui, l'enseignement constitue environ 1/4 de mon temps et me procure beaucoup de satisfaction. '



  L 'hélium, clé de l'histoire
Au niveau de l'université Rennes 1, Yveline Lebreton est rattachée au laboratoire 'Physique des atomes, lasers, molécules et surfaces' (Palms) dirigé par Guy Jézéquel. Dans son bureau, elle n'a d'autre équipement qu'un micro-ordinateur, sur lequel elle peaufine ses modèles, en lien permanent avec l'ensemble de la communauté des astrophysiciens. 'Notre modèle de structure interne des étoiles nécessite des informations de plus en plus précises, en particulier sur la distance, la masse et les constituants des étoiles. Un objectif important est la détermination de la quantité d'hélium (voir encadré) présente dans chacune de ces étoiles au moment où elles se sont formées. De là, nous pourrions retracer l'évolution chimique de notre galaxie, et avancer dans notre compréhension de l'histoire de l'univers… ' Grâce aux mesures réalisées par le satellite Hipparcos de 1989 à 1993, la distance de 120 000 étoiles les plus proches ou les plus brillantes est maintenant connue, mais l'exploitation de toutes les données récoltées prendra encore plusieurs années … Plus récemment, le satellite Soho a récolté d'importantes données sismologiques du Soleil (l'étoile-modèle des étoiles moyennes), et a permis d'en sonder l'intérieur.



  l 'hélium, du grec Hélios = Soleil

Découvert dans la couronne du Soleil avant d'être identifié en 1895 par William Ramsay, l'hélium (symbole chimique He) est un gaz trop léger pour exister naturellement sur terre. L'hélium représente environ un quart de la masse de la matière dans l'univers et il a été formé en grande partie au moment du 'big bang'. D'autre part, c'est la fusion des noyaux d'hydrogène en hélium qui est la principale source d'énergie du Soleil.


 
 Le satellite Soho fut lancé en décembre 1995 et est opérationnel depuis mars 1996. Il mesure les ondes sismiques réfractées et réfléchies dans le Soleil pour en déduire la nature et la structure de ses constituants. C. Soho.
  L es futures missions
Tout en exploitant les données recueillies par les missions passées, Yveline Lebreton anticipe les compléments d'informations qui devraient découler des missions futures : les projets Corot et Gaia. L'acceptation de ces deux missions n'est pas encore arrêtée : 'La concurrence est rude avec d'autres missions intéressantes, telles celles dédiées à l'exploration du système solaire ou à la découverte de planètes extra-solaires … ', souligne Yveline Lebreton.

HT

Contact :
Yveline Lebreton
tél. 02 99 28 63 86
fax 02 99 28 69 57
Email yveline.lebreton@univ-rennes1.fr

  l es missions solaires

Corot : Photométrie pour l'astérosismologie (sismologie des étoiles) et la détection des exoplanètes (planètes se situant à l’extérieur du système solaire). Mission du Centre national d’études spatiales (Cnes).
Hipparcos : Mission d'astrométrie spatiale (voir http://www.hip.obspm.fr/ ). Agence spatiale européenne (ESA).

Gaia : Astrométrie Globale dans l'Espace pour le 21e siècle (voir http://www.hip.obspm.fr/gaia/ ). Mission en cours d'étude à L'ESA.

Soho : Solar and heliospheric observatory : Projet de coopération internationale entre l’ESA et la Nasa (National aeronautics and space agency).