LP2 - Polymères dans tous leurs états

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LP2

Polymères dans tous leurs états...



Cet appareil est un " mixeur " de polymères. Les polymères sont par nature impossibles à mélanger. Le laboratoire L2P étudie les interfaces entre les polymères mixés ensemble.
c. JF Collinot.

 





Installé depuis deux ans dans les spacieux locaux de l’université Bretagne sud (UBS) à Lorient (56), le L2P, laboratoire " Polymères et procédés "
(1), développe ses talents dans de nombreuses directions. Visite guidée avec le professeur Guy Levesque, son directeur.
Réseau : Quelle est votre histoire et celle de votre laboratoire ? Guy Levesque : Après ma thèse sur les polymères, soutenue au Mans en 1969, je suis parti à Alger dans le cadre de la coopération. En 1993, j’ai été nommé professeur à Caen. Là, je me suis beaucoup impliqué dans la création de l’Institut de plasturgie d’Alençon. En 1990, je suis devenu délégué régional à la recherche et à la technologie pour la Normandie. Et en 1996, il m’a été proposé de venir créer un pôle de compétence sur les polymères et composites en Bretagne… J’ai "sauté" sur l’occasion. Réseau : Comment est constituée votre équipe ? G. Levesque : En fait, il y a deux équipes. L’une travaille sur les polymères proprement dits, tandis que l’autre (3,5 postes) travaille sur le génie des procédés. L’ensemble représente 17 personnes dont deux professeurs : Patrick Rousseau et moi-même. Notre force, c’est que nous venons de tous les coins de la France, ce qui permet d’avoir différents regards. Réseau : Sur quoi travaillez-vous ? G. Levesque : La liste est longue ! Mais on peut la diviser en plusieurs domaines. Tout d’abord, il y a tout ce que nous faisons en tant que centre d’expertise. Dans la partie " polymères ", nous travaillons avec près d’une trentaine d’entreprises des plus petites, comme ce fabricant de jouet qui avait des problèmes d'adhésifs ; ou des "grands" comme des câbleries avec qui nous travaillons sur des fibres optiques, des matériaux pour câbles… Pour le génie des procédés, cela concerne par exemple la valorisation des résidus de l’exploitation du kaolin (2) : que faire du sable et du mica ? Une piste pourrait être la fabrication d’insonorisants très bon marché pour l’automobile.

En plus de diriger le laboratoire L2P, Guy Lesveque est aujourd’hui Chargé de mission pour les relations avec les entreprises de l’université Bretagne sud. C. JF Collinot.

Réseau : Existe-t-il des applications dans le secteur agro-alimentaire ? G. Lesveque : Oui, notre équipe travaille par exemple sur la récupération de molécules utilisables (arômes) dans les eaux de cuisson. Nous participons à un appel d’offre prometteur, pour lequel il faut pouvoir valoriser des polymères naturels du poisson dans le but de remplacer en pharmacie ou en diététique, d’autres polymères d’origine animale, qui pourraient avoir été contaminés par l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB). Réseau : En dehors de ces expertises réalisées à la demande des entreprises, en quoi consistent vos activités de recherche ? G. Lesveque : Nous étudions notamment les mélanges de polymères et les interfaces entre polymères. Il faut savoir que ceux-ci, sauf rares cas, ne se "mélangent" pas comme le font l’eau et le whisky par exemple. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le recyclage des plastiques est souvent impossible ! Nous travaillons donc sur ce que l’on appelle les phases co-continues. C’est un peu comme si nous avions une éponge et de l’eau. Un polymère rigide (l’éponge) pour la résistance par exemple d’un câble ; et un polymère souple (eau) qui lui donnera sa flexibilité. Nous travaillons également sur des câbles chauffants auto-régulants, le polymère se transformant à une température donnée. Enfin, nous travaillons sur le "greffage", qui consiste à créer des liens physiques et/ou chimiques entre deux polymères…

Propos recueillis par Jean-François Collinot

 

En savoir plus Les polymères

Un polymère est un composé organique provenant de la combinaison stable de plusieurs molécules simples, appelées monomères. Cette union, qui donnera des composés qualifiés de dimères, trimères… s’obtient par : • Polyaddition : réaction permettant de faire passer un monomère contenant une ou plusieurs liaisons C=C ou un cycle, à l’état de polymère. On obtient cela en "ouvrant" la double liaison (ou le cycle) par différents moyens : lumière, chaleur, activateur chimique… Les radicaux, très instables, vont se combiner entre eux jusqu’à l’obtention d’un état stable : le polymère. • Polycondensation : en partant de monomères à faible poids moléculaire, mais contenant chacun au moins deux groupes fonctionnels capables de réagir avec ceux de l’autre, on parvient à l’état stable dit de " haut polymère " (jusqu’à plusieurs centaines de monomères). Il est à noter que c’est à la classe des hauts polymères qu’appartiennent nombre de constituants fondamentaux de la vie, comme les protéines ou la cellulose ; et divers éléments naturels d’intérêt industriel (soie, coton, caoutchouc…)

 
Notes :  (1) L2P : Unité propre de recherche de l’enseignement supérieur UPRES N°2592               (2) Kaolin : Minéral utilisé dans les industries du papier, de la peinture et de la céramique. D’importantes exploitations existent dans la région de Lorient.  
Contact : Guy Lesveque
tél. 02 97 87 45 05
fax 02 97 87 45 88