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Un peu d'histoire...
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Jean-Paul Alayse, aquariophile passionné depuis l’âge de 12 ans, docteur en océano–biologie, est conservateur d’Océanopolis et l’un des deux auteurs du projet (avec Eric Hussenot). Il nous raconte l’histoire des aquariums publics, et nous parle de leur évolution future. |
l’ancien Océanopolis avait basé toute sa stratégie sur la richesse et la diversité des fonds marins bretons, en se démarquant des autres aquariums de loisirs par une forte implication de la communauté scientifique : Orstom (IRD), UBO, IFRTP, IUEM . Océanopolis 2000 étend cette rigueur scientifique à l’échelle mondiale de l’océanologie : "Toutes les mers du monde communiquent entre elles, et représentent les ¾ de la surface Terrestre ", explique Jean-Paul Alayse . |
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Dès l’Antiquité, les riches Romains possédèrent des viviers, bassins et piscines, extérieurs ou intérieurs. Et ils étaient parvenus à y acclimater et à y reproduire des espèces "rares" comme le loup (ou bar), la dorade ou la murène… Ces poissons étaient élevés dans un but alimentaire. C’est l’ancêtre de notre pisciculture. Mais l’aquarium, en tant que réservoir destiné à recevoir et entretenir des animaux et des plantes aquatiques, dans un but de distraction, d’éducation et/ou d’études, nous vient de Chine. Il serait en effet né vers 950, dans la province de Tchö-Kiang, avec la domestication du "poisson rouge". "Il faut ensuite attendre le XVIIe siècle, 1611 pour être précis, pour que ces poissons arrivent en Europe (en Angleterre). En France, l’engouement se répandra à partir de 1750, quand la Compagnie des Indes Orientales offrira quelques poissons rouges à Madame de Pompadour, qui les conservera dans des bocaux de verre, pour décorer ses cheminées ou ses rebords de fenêtres. "Il faudra encore un siècle avant que les "globes à poissons rouges" n’évoluent en véritables aquariums, c’est-à-dire en récipients recréant de mini-écosystèmes. Certaines étapes seront indispensables à cette évolution, notamment la compréhension de la photosynthèse, de la notion de respiration… Elles permettront, en 1830, à Charles Desmoulins de comprendre l’importance des plantes en aquarium (absorption du dioxyde de carbone et dégagement d’oxygène) ; en 1838 à Ward et Dujardin de transposer ce procédé à l’eau de mer… Tant et si bien, qu’en 1854, la "Zoological Society" de Londres ouvre le premier aquarium public dans Regent’s Park. "Toutes les grandes capitales suivent l’exemple : Paris (Jardin d’Acclimatation) en 1860, Hambourg en 1864, Bruxelles (1868), Berlin (1869), Paris de nouveau avec l’aquarium du Trocadéro en 1878… C’est vers la même époque, que l’aquariophilie amateur se développe. "En 1874, le naturaliste allemand Anton Dohrn décide d’associer un aquarium public à une station zoologique, à Naples. Il pense que l’argent des visites permettra de financer les laboratoires, et que les bacs serviront aux chercheurs. Ce modèle fait école en France, puisque dans les années 1910, il y a 15 stations de ce type (16 avec Monaco). Aujourd’hui seules les villes de Banyuls, Arcachon et Roscoff possèdent encore un aquarium ouvert au public. "Les deux guerres mondiales vont ruiner la plupart des aquariums. À titre d’exemple, sur les 111 bacs d’exposition du Musée des Colonies de Paris (qui deviendra le Musée des Arts africains et océaniens), il ne restait plus, en 1945, que 26 poissons de 4 espèces différentes ! Et ce n’est qu’à partir de 1985, sous l’impulsion de son nouveau directeur, Michel Hignette, que cet aquarium reprendra sa place parmi les "grands". |
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 Touch-pool : une apparition récente dans les aquariums, la permission de toucher algues, poissons, étoiles de mer…
| … Et de prospective. |
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"Une réflexion commence à être menée sur les collections déjà existantes. Il n’est plus question, par exemple, d’en constituer de comparables à celles qui existaient au début du siècle ! À l’époque, il s’agissait en fait d’une sorte de continuation des "Cabinets de Curiosités" du XVIIIe siècle. C’est la collectionnite qui présidait : montrer le plus grand nombre d’espèces possibles. Bref, montrer vivant ce qui était jusque-là fixé dans des bocaux d’alcool entassés sur des étagères. Dans les années 1950, et notamment sous la très forte pression des aquariophiles amateurs, voit le jour une tendance plus proche de la notion d’écosystème. Il s’agit alors, non plus de montrer beaucoup de choses, mais d’expliquer ce qui est présenté, de lui donner un contenu pédagogique. La création en 1978 de l’Union des conservateurs d’aquariums (UCA) va garantir cette évolution à tous niveaux : scientifique, technique, muséologique et pédagogique. Un autre "moteur" sera l’apparition, aux États-Unis, d’aquariums géants (plusieurs milliers de m3, quand en Europe les plus grands bassins ne feront que quelques dizaines de m3). Le tout largement mis en scène, en donnant l’impression au visiteur d’être sous ou dans l’eau : tunnels, touch-pool (possibilité de toucher des poissons ou des invertébrés)… Les Européens ne pouvaient rester insensibles à ces évolutions. Et c’est en France, à la Rochelle en 1988, que naît le premier aquarium de ce type : grands bacs, bassin à requins… Le succès est immédiat : 600 000 visiteurs dès la première année. Océanopolis suivra en 1990 (500 000 visiteurs en 1991). C’est un Centre de culture scientifique, technique et industrielle dédié à la mer, interface entre scientifiques et grand public. Ici, l’aquariologie devient un outil. Délicate balance entre la rigueur scientifique et l’émotion générée par le spectacle. En effet, trop de rigueur peut rendre le message rébarbatif et trop d’émotion l’efface ! | |
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