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Réseau : Pourriez-vous nous présenter le groupe Coutant ?
Ph. De Lacaze : Le groupe, créé par la famille Coutant de La Rochelle, existe depuis 35 ans. Dès sa création, il a eu deux activités : la création d’aquariums et viviers (400 à 10 000 litres) à destination des restaurants, grandes surfaces, mareyeurs… Par ailleurs, la conception d’aquariums destinés à la conservation, à l’exposition et à la mise en scène, pour l’accueil du public. Nous avons plus de 5 000 références dans le monde (Océanopolis, la Rochelle, Nausicaa, Monaco, Barcelone, Anvers…). Aujourd’hui, nous avons ajouté une troisième activité, par le biais de la société Alter – Égo : la reconstitution de la nature, qu’elle quelle soit : serres tropicales, régions polaires. Enfin, je dirai que le groupe Coutant représente 100 personnes et 60 MF de chiffre d’affaires.
Réseau : La construction de grands bassins comme ceux d’Océanopolis doit exiger des matériaux de qualité très spécifiques ?
Ph. De Lacaze : Bien évidemment ! N’oublions pas que nous répondons à des marchés publics, qui doivent être accompagnés d’une garantie décennale sur l’étanchéité, la transparence des parois… De ce fait, tous les matériaux utilisés doivent présenter une résistance absolue aux agressions marines : salinité, température souvent élevée (aquariums tropicaux), humidité, pression… Ils doivent également avoir un pH (1) le plus neutre possible, pour ne pas nuire aux espèces vivantes. Réseau : Qu’avez-vous utilisé pour les sols des grands bassins ? Ph. De Lacaze : C’est la partie la plus difficile à réaliser. Pour commencer, nous commandons à un bétonneur de Brest un béton "à fissuration très préjudiciable". C’est-à-dire un béton très fin, qui doit se fissurer le moins possible. Celui-ci est laissé à sécher un mois. Après un sablage puissant, nous déposons à la spatule une couche d’époxy. Tous les points délicats (fissures, joints…) sont vérifiés millimètre par millimètre. Enfin, par projection sous haute pression, nous déposons un film d’élastomère de 0,9 à 1 mm d’épaisseur. |
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chaque fissure est rebouchée, puis de vrais coraux sont collés sur les décors : ils reprendront vie bientôt, comme des boutures végétales… |
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Ces structures métalliques ont servi à construire les décors du bac à requins. |
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pose de la vitre en métacrylate (28 cm d’épaisseur pour un poids de 7 tonnes), pour l’impressionnant bac à coraux. |
Réseau : Et pour les parois ?
Ph. De Lacaze : Cela dépend de l’aquarium. Disons pour résumer que pour garantir une parfaite transparence, nous employons des acryliques. Mais pour les mammifères, par exemple, ces plastiques se rayant plus facilement, nous sommes obligés d’utiliser des verres minéraux. Dans tous les cas, nous devons veiller à ce qu’il n’y ait pas la moindre déformation du fait de la pression exercée par l’eau. Le joint fixant est choisi en fonction du matériau de la vitre (silicone blanc acétique pour le verre minéral ; silicone noir neutre pour les acryliques). Il faut faire très attention, car les joints jouent beaucoup selon le nombre de remplissages et de vidanges que connaît le bassin. Sachez enfin que les bordures des vitrages sont également traitées pour s’assurer qu’il n’y ait pas d’infiltration.
Réseau : Quid des décors ?
Ph. De Lacaze : Nous avons une gamme très variée de produits… Par exemple, la grotte des requins est entièrement faite en acier ! Mais, pour que cet acier résiste au temps, nous l’avons traité à l’époxy, puis nous l’avons laissé quinze jours dans un brouillard salin, pour vérifier sa résistance à la corrosion. Sur cette architecture métallique, nous pouvons sculpter des couches de résine, de fibre de verre… Nous avons un spécialiste des matériaux composites, qui est chargé de faire de la veille technologique en permanence. |