Le pavillon tropical

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Un peu d'histoire
L'aquarium - Un exploit technique
Le pavillon tempéré
Le pavillon polaire
Le pavillon tropical
Corail passion
Un Lemm qui n'est pas dans la Lune
Que d'eau !
Pour en savoir plus

 
Le pavillon tropical

avec Jean-Paul Alayse, conservateur

 
 


   Une petite plage tropicale avec ses cocotiers sert de sas au visiteur. Au ras du sol, trois petits hublots donnent sur l’immense bac aux requins (17m de diamètre, 1000 m3 de volume d’eau, 7 m de profondeur). À côté, une maquette de requin-baleine, réalisée par l’atelier HA de Nantes, semble vouloir dévorer le visiteur… "Rien à craindre ! C’est effectivement le plus grand requin du monde, avec ses 12 m et ses 13 tonnes, mais cette "terreur" ne mange que… du plancton ! Voilà une des missions pédagogiques que nous entendons mener : le public ne connaît des requins que l’aspect "tueur". Et il est vrai que l’on enregistre 25 morts d’hommes par an… dans le monde. Mais il y a 60 millions de requins tués par l’homme chaque année ! Au point que certaines espèces sont menacées. Le combat est vraiment inégal. Notre rôle, c’est de casser l’image des dents de la mer…", s’exclame Jean-Paul Alayse en éclatant de rire derrière le nuage de fumée de sa pipe. "Le public veut voir des requins, éprouver un frisson en pouvant se tenir tout près d’eux… Nous, nous en profitons pour rappeler que ces animaux ne sont pas nés de la dernière pluie ! Il y a plus de 300 millions d’années que ces surdoués de la prédation peuplent les océans, qu’ils se sont adaptés et spécialisés."



Le bac des requins est traversé par un couloir sous-marin, qui permet d’observer les squales sous tous leurs profils.




les requins ont un regard impressionnant



Dans la serre tropicale, plantes exotiques et brume restituent l’atmosphère de la forêt primitive

 

   Et le frisson attend le visiteur. En effet, une porte s’ouvre en silence sur un ascenseur qui descend… dans l’aquarium ! Une lente descente qui permet de s’immerger dans l’océan. Au milieu des roches et des bancs de poissons papillons, coffres et poissons chirurgiens, passent les corps effilés des requins à ailerons blancs, des requins à pointes noires et des requins taureaux. Le spectacle est à couper le souffle. Et le plus blasé des visiteurs ne pourra s’empêcher de ressentir une forte émotion quand ses yeux croiseront ceux incroyables des "ailerons blancs" ! Nous laissons les requins derrière nous et poursuivons notre exploration des océans tropicaux. Chaque aquarium présente un écosystème. L’un des plus incroyables étant certainement celui des coraux. "On oublie trop souvent que ces animaux sont les bâtisseurs des plus grandes constructions organiques de la planète : les récifs ! Et l’on peut dire qu’ils sont le foyer de la biodiversité. C’est d’eux que la vie rayonne…" "Tous les poissons et invertébrés viennent de prélèvements en milieu naturel, dans le strict respect de la convention de Washington (préservation des espèces). Ils ont fait l’objet de marchés publics. Nous avons ainsi retenu trois fournisseurs disposant de tous les agréments : DeJong (Pays-Bas), Hippocampe (Anthony) et Amblard (Mazamet)" Un dernier espace, cerné lui aussi d’aquariums, permet d’en "savoir plus" grâce à des bornes interactives, tandis qu’au plafond des images de synthèse présentent les différentes formes de la vie planctonique. Le visiteur franchit alors un sas et se retrouve plongé dans la forêt tropicale humide. Jean-Paul Alayse s’est rendu dans les Caraïbes pour rapporter les échantillons de plantes, orchidées, fougères… nécessaires. Du plafond, par intermittence, surgissent des jets de brume qui recréent l’atmosphère saturée d’eau de ce milieu.