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Intro
Les retombées de 10 ans du programme Britta
Bactéries des grands fonds et... de l'espace
Les bactéries des grands fonds à la conquête de l'industrie
Les centres de transfert utilisateurs de bactéries
Les bactéries en entreprise
Décontamination des sols : les bactéries nettoyeuses
Pour en savoir plus

 
 

Les retombées de 10 ans du programme Britta



 



voici quelques exemples de produits courants dont certains constituants (souvent à base d’algues ou d’extraits animaux), pourraient être remplacés par des polysaccharides bactériens. Les deux grands domaines d’application sont l’industrie agro-alimentaire et la cosmétique, deux secteurs très développés en Bretagne.


Si les biotechnologies existent depuis que l’homme a opéré une sélection animale ou végétale, elles ont été bouleversées par la découverte de la fermentation par Louis Pasteur, puis par les travaux de Mendel sur l’hérédité, qui donneront naissance à la génétique. Avec ces révolutions, les biotechnologies sont devenues particulièrement complexes et donc coûteuses. Afin de limiter ces freins économiques, le Conseil régional de Bretagne a lancé en 1988 le programme Britta, qui vise à "aider les projets industriels innovants en matière de biotechnologie, afin de créer des valeurs ajoutées".
   
En fait, tout débute en 1987, quand Jean-Pierre Curtes, président de l'université Rennes 1, et Claude Guérillot, professeur de chimie, ont proposé au CES (Conseil économique et social) d'examiner l'intérêt que pouvait avoir, pour la Bretagne, la création d'un programme sur les biotechnologies. Le terme "biotechnologies" était à l'époque venu de la côte ouest des Etats-Unis. Là-bas, ce mot désigne un ensemble de recherches de très haute technologie, regroupant principalement tout ce qui touche au génie génétique. Ces recherches étant coûteuses et de longue haleine, les Américains ont fait appel à des sociétés de capital-risque pour financer leur programme. Mais cela n’a pas arrêté le Conseil régional de Bretagne qui décidait de lancer le programme dès l’année suivante.

U
n bilan satisfaisant Les responsables du programme se disent aujourd’hui satisfaits du bilan. C’est qu’en effet, chaque année, ce sont 30 à 35 dossiers qui sont présentés, et en moyenne 10 MF d’aide accordés. En douze ans, un peu moins de 200 entreprises ont bénéficié de cette aide, qui a contribué à faire passer la Bretagne du 9e au 5e rang des régions françaises, en 10 ans, en matière de dépôts de brevets. Et pour 1F de subvention, ce sont 5F d’investissement industriel qui sont réalisés.
 
Quelques chiffres
 
La Bretagne regroupe aujourd’hui :
2555 chercheurs du secteur public (6ème région française). 2200 chercheurs du secteur privé dont 66 % travaillent dans l'électronique et les télécommunications (3,3 % de la recherche privée nationale, 5ème rang en France). 12 % travaillent dans les biotechnologie (72% en agroalimentaire) Chercheurs publics et privés représentent 4 % de la population active bretonne. 2 905 millions de francs dépensés pour la recherche privée dont 34 % dans le secteur de l'électronique, 14 % dans le secteur médical et 8 % dans celui de l'agroalimentaire (6ème rang en France). 13 % des entreprises industrielles bretonnes ont un service interne de Recherche et Développement.
Pour Jean-Luc Grosbois, responsable du service Recherche et Développement du Conseil Régional de Bretagne, le nombre de 200 entreprises en 12 ans est loin d’être "faible". En effet, selon lui, "l’innovation est un risque énorme. Le fait de disposer d’un procédé techniquement au point, ne signifie en rien qu’il y a un marché pour le produit ! Et puis, si l’on met 10F en recherche, il faut 20F pour une unité de production et 100F pour le lancement industriel… Si l’on n’a pas la garantie de succès commercial, on freine souvent au moment du lancement…" Ainsi raconte-t-on l’histoire de cette entreprise bretonne, qui avait trouvé un moyen radical pour éviter le pourrissement des salades, légumes hautement fragiles. Dans ce dessein, elle contrôlait à l’aide de bactéries, le pH du milieu de conservation, en faisant descendre ce dernier en-dessous de 4. Le système était parfait, et les salades se conservaient merveilleusement bien. Pourtant, ce procédé parfaitement fiable n’a jamais eu de prolongement commercial : les salades ainsi traitées devenaient… acides et immangeables !

U
n monde qui bouge Parfois, c’est l’évolution du marché lui-même, qui bloque l’innovation. Ainsi en est il de la valorisation des sous-produits de boucherie. Il y a dix ans, plusieurs projets de valorisation de ces produits avaient été engagés, employant des bactéries pour les traiter. Mais à l’époque, le prix de revient de ces traitements était bien supérieur au prix de vente des produits traités… D’où abandon des projets. En effet, à l’époque, les équarrisseurs achetaient ces produits. Aujourd’hui, les boucheries doivent payer 450F la tonne pour s’en "débarrasser". Du coup, l’idée de reprendre les projets de traitements bactériologiques a été ressortie des tiroirs. Où elle est retournée de suite pour cause d’ESB (Encéphalopathie spongiforme bovine, ou maladie dite "de la vache folle"). Mais voici que ces derniers mois, les équarrisseurs ont annoncé que le prix de la tonne allait monter à 900F environ d’ici la fin de l’année… de quoi s’interroger, pour les entreprises bouchères, sur l’intérêt d’investir dans le traitement bactériologique.

JFC

 

Contact : Service Britta
tél. 02 99 27 12 76.