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Michel Philippe - A la pointe de la génomique

 


Michel Philippe

A la pointe de la génomique


                                                         

 

Un projet est en cours afin de créer à Rennes un institut de recherche fédératif qui étudierait les prédispositions génétiques aux différentes maladies, telles que le cancer.

c. Photothèque Inserm, M. Depardieu.

 

Après un passage à Paris et aux Etats-Unis, Michel Philippe est depuis presque 15 ans à Rennes. Il y exerce la fonction de professeur au sein de l’équipe " Biologie et génétique du développement ", et participe à de multiples activités …

 

Alors qu’il effectue un DEA de biologie à l’université Rennes I, Michel Philippe se voit proposer un poste d’assistant à Paris 12, Créteil. Suite à l’obtention d’un doctorat sur " La structure de la chromatine (1) pendant la spermatogenèse ", il obtient une année de disponibilité lui permettant de mener des recherches à l’université de Stanford aux Etats-Unis. Il étudie alors les moyens qu’utilise la cellule pour assurer la conservation de son patrimoine génétique lorsqu’elle est soumise à des agents cancérigènes. A son retour en France en 1982, il décide de mener ses recherches à l’Institut de Recherches scientifiques sur le cancer, à Villejuif.

En 1985, l’université de Rennes I lui propose un poste de professeur au sein du laboratoire " Biologie et génétique du développement ". " Cependant il m’a fallu un temps d’adaptation car le sujet proposé, l’étude du développement embryonnaire précoce chez le xénope (un crapaud), était assez éloigné des recherches que j’avais menées précédemment . J’ai dû me familiariser avec l’embryologie, alors que j’avais surtout été confronté à des problèmes de biologie cellulaire et de biochimie. Ces changements thématiques demandent certes des efforts, mais ils permettent également d’aborder un thème de recherche  avec plus de naïveté et sans idées préconçues, ce qui permet bien souvent de faire avancer les choses plus rapidement ", commente Michel Philippe.

L’enseignement : une lourde responsabilité

En plus d’être chercheur, Michel Philippe revendique également sa fonction d’enseignant, qu’il a exercée dès le début de sa carrière. Cependant, "la charge d’heures des enseignants chercheurs limite bien souvent toute autre activité", regrette Michel Philippe. Depuis 1998, il fait partie des professeurs de l’Institut universitaire de France : cette distinction peu connue permet à quelques enseignants chercheurs en France, de réduire de 2/3 leur charge d’enseignement. Cette décharge, compensée par la création d’un nouveau poste, permet à Michel Philippe d’exercer d’autres activités, comme celle de Directeur scientifique adjoint au sein du département des Sciences de la vie au CNRS (2).

 

 

Depuis décembre 1998, Michel Philippe vient de rejoindre les neuf autres équipes de l’UPR 41 dans de nouveaux locaux situés sur le campus de la faculté de médecine. Cliché SLG.

Quel devenir pour les étudiants ?

Même si pour moi, l’insertion dans la recherche a été relativement simple, la situation est totalement différente aujourd’hui ". Ainsi, une étude récente montrait que presque les deux tiers des jeunes docteurs trouvent un emploi dans un autre secteur que la recherche ou l’enseignement supérieur. " Ma vocation de chercheur est arrivée assez tardivement, au moment où je suis entré dans un laboratoire, c’est-à-dire en DEA. Actuellement, la vocation doit être beaucoup plus précoce, d’où l’importance d’effectuer des stages dès le premier cycle ". Afin de faciliter et d’aider les étudiants après leur thèse, Rennes a été l’une des premières villes de France à créer l’école doctorale " Vie-agronomie-santé " , sous l’impulsion de Michel Vancassel, chercheur à l’université de Rennes 1, de Jacques Mallard de l’Ensar (2), et de Michel Philippe. Son but est de proposer des compléments de formation aux thésards et de les aider dans leur recherche d’emploi. " Nous ne sommes préparés qu’à l’auto-renouvellement, c’est-à-dire former des étudiants à passer les concours devant leur permettre d’intégrer un organisme public de recherche ou l’université. Or, dans les conditions actuelles, on ne peut occulter le monde économique ", commente Michel Philippe.

Un institut fédératif

Enfin, Michel Philippe est conscient du potentiel étudiant très fort existant à Rennes, " cependant, il manque une capacité d’accueil pour les étudiants diplômés ". De ce fait, l’unité UPR 41 (3) dirigée par le professeur Francis Galibert, qui compte déjà 10 équipes de recherche, devrait se regrouper avec plusieurs unités de l’Inserm (2) en un Institut de recherche fédératif (IFR), intitulé " Génomique fonctionnelle et santé ", actuellement en cours d’évaluation. Placé sous la direction de Michel Philippe, cet institut réunirait des scientifiques biologistes, médecins, pharmaciens et cliniciens. Il permettrait de développer un aspect plus appliqué des recherches en relation avec le monde économique, et devrait ainsi fortement contribuer à la mise en place d’un véritable pôle de génomique dans l’ouest. Encore un nouveau défi pour cet enseignant chercheur décidément très occupé !

SLG

Contact :

Michel Philippe
tél. 02 99 33 62 83
fax. 02 99 33 62 00
e-mail.
michel.philippe@univ-rennes1.fr

 

Notes :

 1) chromatine : composant du noyau des cellules, cette protéine se condense lors de la division cellulaire pour former les chromosomes.

 (2) CNRS : Centre national de la recherche scientifique ; Ensar : Ecole nationale supérieure agronomique de Rennes ; Inserm : Institut national de la santé et de la recherche médicale.

 (3) UPR (unité propre de recherche) 41 CNRS " Recombinaisons génétiques " (voir Réseau n°155)