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Si lagroalimentaire ne représente "que" 12 % des emplois salariés en France, il en compte un peu plus de 32 % en Bretagne, plaçant ainsi la région en tête du palmarès national. Cette situation privilégiée impose aux producteurs lusage de contrôles aussi nombreux que complexes et coûteux, ainsi quun devoir dinformation de plus en plus important. Cest quau-delà de ce quobligent les lois et les normes (nationales, européennes
), les consommateurs sont de plus en plus inquiets et méfiants quant à ce quils mangent (voir encadré).
Consommateur : manger sans angoisse
Sil est vrai que les faits divers, parfois tragiques, semblent se multiplier (près de 1000 toxi-infections alimentaires en 1998, dont 50 % dues aux salmonelles, un bacille responsable dune maladie pouvant être mortelle, la salmonellose), faut-il pour autant être inquiet et risquer de devenir paranoïaque chaque fois que lon passe à table ?
Pour beaucoup, la réponse est catégoriquement "NON !". Tel ce médecin spécialiste de lappareil digestif qui, lors dun récent débat sur le sujet à lEsmisab (voir encadré) à Brest, déclarait : "Si lalimentation était devenue dangereuse, il faudrait expliquer pourquoi nous vivons de plus en plus vieux, et pourquoi la santé ne cesse de saméliorer
" "Non !", répond également Pierre Colin, expert auprès de lOMS (1), et sous directeur des filières avicoles et cunicoles de lAgence française de la sécurité sanitaire des aliments (AFSSA, basée à Ploufragan (22)). "Je peux dire sans exagération, que la France est lun des pays où la sécurité alimentaire est lune des meilleures et des plus fiables ! LAFSSA, par exemple, emploie 700 personnes et consacre 349 MF par an à évaluer tous les risques, à mener des expertises et des recherches
Pour obtenir une délivrance dautorisation de mise sur le marché aujourdhui, il faut vraiment montrer patte blanche !"
| Les Français inquiets |
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Selon un récent sondage IFOP-Le Monde-Elle-France Inter, 75 % des personnes interrogées demandent la création dun label, délivré par les pouvoirs publics, et garantissant la provenance et la qualité des aliments. 44 % se disent méfiantes par rapport à ce quelles mangent. En tête des réticences : le buf. 60 % déclarent vérifier systématiquement lorigine de cette viande, contre moins de 7 % avant la crise dite de la Vache folle !
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| LHACCP
Méthode dautocontrôle |
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La méthode HACCP (Hasard analysis critical control point) a été inventée par la Nasa (2) pour contrôler tous les produits destinés aux astronautes. Il sagit dune méthodologie destinée à identifier et évaluer tous les dangers (appelés points critiques) liés aux différentes étapes dune production. Létape suivante consiste à définir les moyens adaptés à maîtriser chaque point critique. Le HACCP est très largement répandu aujourdhui dans toutes les industries agroalimentaires. |
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Producteur : un souci quotidien
Point de vue que semble partager Marguerite Lareur, productrice de lait, à Plouzanet (29). Pour elle, la sécurité cest au quotidien : "La qualité et la sécurité sont indissociables et nécessaires si, sans parler du respect des consommateurs, nous voulons tout simplement vivre de notre exploitation. Notre lait est collecté par une coopérative (CoopAgri), qui fixe des normes draconiennes [moins de 50 000 germes par litre, moins de 250 000 cellules de lymphocytes, aucun inhibiteur antibiotique
] Si nous sommes au-dessus de ces normes, la sanction est immédiate : le lait est acheté à des prix dérisoires. Et les contrôles sont quotidiens !"
Mais face à cet optimisme, on peut quand même rétorquer que la traçabilité, cest-à-dire le suivi de chaque aliment, depuis le producteur jusquà la transformation puis la mise sur le marché, est quelque peu difficile à établir
Objectif traçabilité
"Comment déterminer lorigine de tous les composants dun petit gâteau sec, qui est fabriqué à partir de quantité déléments, achetés sur les marchés internationaux ?" sinterroge Pierre Duvernoy Président de lUFC-Brest (Union fédérale des consommateurs). "Le consommateur est confronté à un marché sur lequel il y a de moins en moins de produits simples, et de plus en plus de produits composés complexes ! Si notre législation est riche, elle fait toutefois un peu trop appel à lautocontrôle des sociétés. Il faut plus de contrôles publics et surtout, de vraies sanctions à tous les stades de la filière".
JFC
LESMISAB,
une école à la pointe du progrès |
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LÉcole supérieure de microbiologie et sécurité alimentaire de Brest (Esmisab) forme chaque année une trentaine dingénieurs spécialisés dans les questions de la sécurité alimentaire. Au terme des 3 années de formation, tous les ingénieurs trouvent un emploi immédiatement, tant la demande est forte (trois fois plus de propositions de stage, par exemple, que délèves pour les occuper !). Le recrutement se fait sur concours, pour des jeunes ayant au minimum soit un DEUG (Chimie, biologie
), soit un DUT Biologie, ou ayant effectué une classe préparatoire.
Contact :
Esmisab
Technopôle Brest-Iroise
29280 Plouzané
Tél. 02 98 05 61 15.
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