| |
Troisième étage du bâtiment "C", bureau 305. Une pièce spartiate, aux murs blancs, avec juste un tableau noir couvert déquations. Deux armoires métalliques. Un bureau encombré par lécran dun ordinateur ["Un Mac ! Sa conception, sa structure, sont plus proches de la pensée mathématique que les PC
"].
Lhomme qui nous reçoit est souriant. Il parle avec douceur, peut-être un artifice pour canaliser les pensées fulgurantes quil veut partager. Originaire de la Mayenne, cest "très jeune que jai décidé de faire des maths
Jétais séduit par lélégance et lexigence de la discipline." Quest-ce qui a favorisé cette passion ? "Peut-être mes parents
Ils sont instituteurs. Ils mont inculqué la sacralisation des études. "
Des études passionnées
Et il étudie à lUniversité de Rennes : "Je suis devenu le plus vieil étudiant, non pas en âge, mais en durée détudes
Jai tout fait, du Deug à la thèse
Rennes, cest un monstre sympathique ! On peut y passer sa vie en séminaire de maths ! On y enseigne toutes les disciplines et on y délivre toutes les formations. Les moyens informatiques sont immenses !" Une boulimie détudes, qui se fait parfois dans le doute : "En DEA, jai voulu vérifier ma vocation. Je suis allé régulièrement à Paris pour rencontrer les grands matheux, voir comment ils étaient, pensaient, si je pouvais me reconnaître en eux
Jai profité de ces voyages pour prendre des cours dÉgyptologie. Jai hésité entre les deux disciplines
Jai ainsi publié le catalogue des collections égyptiennes du musée de Rennes ! Et je continue, dès que lon a besoin de quelquun pour conseiller la restauration dun objet, ou pour établir un catalogue
"
 |
|
Synthèse de paysage réalisé à l'aide de la géométrie fractale. Le programme inclut des paramètres fixés par l'utilisateur (réglage de la rugosité) et des valeurs aléatoires pour introduire l'irrégularité.
|
| Le groupe Bourbaki |
| |
Sous le pseudonyme de Nicolas Bourbaki, se cache en fait un groupe de mathématiciens français qui entreprirent de publier, à partir de 1939, les "Éléments de mathématique". Une suite douvrages qui paraîtront jusque dans les années 70, et qui couvrent la presque totalité du champ mathématique (à lexception des équations aux dérivées partielles, et de lanalyse numérique). Leur apport a été une révolution des mathématiques mondiales, car ils ont créé notamment une nouvelle manière décrire les mathématiques et de penser les problèmes, selon une perspective "unifiée" à la fois formaliste et logicienne [l'unification des mathématiques en la Mathématique est le but principal de Bourbaki].
|
|
 |
|

|
|
Les maths au temps des pyramides
Les Egyptiens ont été les premiers à " publier" des travaux de mathématiques. Ce papyrus, appelé Rhind, date du 16e siècle avant JC. Il est écrit en hiératique, un écriture simplifiée et cursive tirée de l'écriture hiéroglyphique. Les titres et les textes importants sont écrits en rouge, conformément à l'usage des scribes. De là vient le mot "rubrique".
|
Sur les traces de Bourbaki
Les mathématiques lont pourtant emporté. Doù un nouveau choix
"Rennes est le laboratoire majeur de Bretagne, en matière de mathématiques. Et dans ma spécialité dalgorithme en algèbre, je dirai même que cest lun des leaders mondiaux. Mais cette puissance de moyens rend la machine lourde
Je préfère néanmoins être à Brest. Comme cest une petite unité, on peut développer facilement ses travaux
Je suis heureux, ici !"
Lhomme sanime. Et livre, non sans pudeur, un peu de lui-même. "Je suis un Bourbakiste (Cf. encadré) attardé ! Jadore les démonstrations courtes, "léchées", sans faute, sans approximation
Mais les maths nont pas quun souci defficacité ! On oublie trop souvent que ce sont les hommes qui portent les maths
Quils y mettent de la beauté. En maths, le temps nest plus pareil. On na pas à agir, mais à laisser infuser la question étudiée. Bien écrire, cest comprendre et donc approfondir
Rien de plus excitant que de découvrir quavec des règles simples et banales, on débouche sur des constructions fabuleuses et inconnues ! Et de là se dégage une certaine philosophie personnelle. Cest lexacerbation dune imagination folle, dans un univers hyper-contraint, et qui se développe librement dans la discipline, lesthétique et lart.""
JFC
| Les algorithmes en algèbre |
| |

c. JF Collinot.
Avec, entre autres, le groupe Bourbaki, les mathématiques sont parvenues à démontrer lexistence dobjets extrêmement complexes mais pas toujours à les représenter. Linformatique permet non seulement de supprimer les calculs répétitifs et fastidieux, mais surtout de manipuler et dexpérimenter des objets auparavant confinés à un monde purement abstrait. Ces calculs font appel aux algorithmes en algèbre , explique Eric Rannou.
|
|