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Les lecteurs de Ouest-France soumis à l'analyse


Les méthodes d’analyse des données sont particulièrement efficaces pour étudier de grandes masses complexes d’informations, car elles permettent de traiter, en même temps, un grand nombre de variables, nominales (qualitatives) ou numériques (quantitatives), liées ou non entre elles. En réalité, certaines représentations graphiques révèlent parfois des relations qui seraient sinon restées inconnues.

 

D’un très grand nombre de données, les méthodes d’analyse extraient les tendances les plus marquantes et offrent une perception globale des faits, en gommant les effets marginaux et ponctuels. Parmi les méthodes d’analyse des données, l’analyse factorielle occupe une place de choix, car elle s’exprime par une représentation géométrique, qui transforme en distances spatiales des proximités statistiques  : regroupements, oppositions et tendances apparaissent, alors que les tableaux de données restent désespérément muets. Mais attention à l’interprétation ! Si la distance entre deux points situés sur un même diagramme peut s’estimer d’un coup d’œil, elle ne reflète pas toujours la distance entre deux individus caractérisés par leur âge, salaire et nombre d’enfants !

Domaines d’application

Les méthodes d’analyse des données sont bien connues des chercheurs de l’université dans des domaines aussi divers que l’écologie, la linguistique, la météorologie ou l’économie. Ce sont des outils puissants pour dépouiller une enquête, comme celle menée auprès des lecteurs du quotidien Ouest-France, traitée par Brigitte Escofier et Jérôme Pagès (1).

 

 

 

Ouest-France : qui lit quoi ?

Le quotidien régional a réalisé en 1973 une enquête auprès de 340 abonnés de Rennes et de sa région. Chacun devait dire s’il lisait, ou non, les 26 rubriques composant le journal : informations locales, sports, télé, informations sociales, économiques, étrangères etc. Les réponses ont permis d’établir un premier tableau de 26 lignes, donnant pour chaque rubrique le nombre de ses lecteurs.. Le deuxième tableau donne le profil des lecteurs, âge, sexe, situation de famille, catégorie socio-professionnelle, etc., qui constituent les variables " qualitatives ". Portés sur des graphiques, ces deux ensembles de données permettent de dégager des tendances, selon la proximité des groupes de points entre eux, et leur distance par rapport aux axes et à l’origine du graphique. Certaines tendances sont évidentes, mais le fait de les retrouver sur le graphique garantit la fiabilité du modèle. C’est le cas des points indiquant par exemple que les hommes lisent préférentiellement les pages de sports, tandis que les femmes lisent les rubriques " Spectacles " et " Pour vous madame " . D’autres tendances sont plus surprenantes, comme celles, par exemple, qui indiquent une corrélation négative entre l’âge des lecteurs et le niveau intellectuel des rubriques lues. L’interprétation des tendances relève davantage de la sociologie que des mathématiques…

H.T.



 

Notes :

 (1) Source : " Analyses factorielles simples et multiples ", par Brigitte Escofier et Jérôme Pagès, Ed. Dunod, 267 p.


 

Contact : Jérôme Pagès
tél. 02 23 48 58 85
e-mail
pages@agrorennes.educagri.fr