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Un petit quelque chose de Beaubourg, des couleurs vives, une haute cheminée que l’on aperçoit de très loin et qui ne lâche qu’un maigre panache… L’usine d’incinération des déchets de Brest réussit assez bien à cacher son activité peu ragoûtante : recevoir et brûler chaque année 130 000 tonnes d’ordures ménagères produites par les 300 000 habitants de la Communauté urbaine de Brest (CUB). Rien que de très classique, si ce n’est que l’on vient du monde entier, pour visiter cette usine truffée d’innovations techniques.
L’innovation au service de l’environnement
Olivier Gentric, directeur de l’usine, nous fait la visite. "La première particularité, et qui est unique en Europe, c’est la fosse "Bio-Stop". Il s’agit d’une fosse de 7 200 m3, dans laquelle nous pouvons stocker 10 jours de production de déchets. Les ordures sont d’abord soumises à une injection d’air sous pression, pour qu’elles soient desséchées, ce qui arrête la fermentation. Grâce à des sondes, nous contrôlons en permanence l’état de cette dernière. Si un début de méthanisation apparaît, nous injectons de l’azote sous pression, ce qui bloque immédiatement la fermentation. Grâce à cette fosse, en cas de panne ou d’arrêt de l’incinérateur pour maintenance, nous pouvons continuer à recevoir les déchets !"
Une autre surprise attend le visiteur : globalement, l’odeur reste relativement supportable… "Tout l’air de combustion est pris directement dans les fosses ! Ainsi, toutes les molécules odorantes sont brûlées, ce qui explique la quasi-absence d’odeur dans l’usine."
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pilote de la grue qui emmèhne les déchets de la fosse à l'incinérateur
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Big-bag pour le stockage des Refiom
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Salle de commande et de contrôle de l'usine
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La valorisation des résidus
À l’aide d’une grue munie d’une impressionnante mâchoire métallique, les déchets sont dirigés, par paquets, sur un plan de grille. Une sorte de tapis roulant, très lent, emmène les ordures au cœur du four, dont la température ne doit jamais être inférieure à 850 °C, afin que soit détruite toute la dioxine (appellation courante du tétrachloro-dibenzo-paradioxine, produit très toxique, provoquant des lésions irréversibles). Au sortir du four, après une cinquantaine de minutes de brûlage, les cendres arrivent dans l’extracteur de mâchefer : c’est une sorte de tunnel plein d’eau, l’eau servant de bouchon hydraulique, de façon à maintenir une pression interne constante au four. À la sortie, un électro-aimant sépare tous les débris métalliques, qui seront vendus à un industriel. Quant aux mâchefers (1), ils sont récoltés (32 000 t par an) et vendus à un industriel (de Caen), qui les utilisera comme soubassement de routes.
Le traitement des fumées
Mais revenons au four : "Nous ne pouvons pas lâcher dans la nature les fumées produites ! Elles sont pleines de poussières, de métaux lourds, d’acide chlorhydrique… C’est pourquoi, la partie basse de la cheminée comporte de nombreux tubes métalliques, secoués en permanence. " Ainsi, toutes les particules qui s’y collent retombent dans les flammes. Par ailleurs, la fumée est conduite dans une sorte de pièce, où nous la mélangeons à du bicarbonate de sodium (NaHCO3). Ce dernier est très miscible, notamment avec le chlore (le chlorure de sodium pourrait d’ailleurs être récupéré et servir pour le salage des routes, par exemple). Baptisé Neutrec, ce procédé est commercialisé par la société suisse Solvay depuis 1992. Brest a été la première usine à en être équipée. " C’est beaucoup plus efficace que le traditionnel système à la soude liquide, qui provoque régulièrement des pannes par colmatage… " Un dernier électrofiltre nous permet de récupérer tous les ions qui passent. " Résultat : nous avons en sortie, juste un peu de poussière, un peu de chlore… Mais très en-deçà des normes !" La fiabilité et la sécurité de cette usine font qu’elle est d’ailleurs la seule en Bretagne habilitée à incinérer des déchets hospitaliers (2).
JFC
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