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Contrairement à la plupart des archéologues du siècle dernier, Simon Sirodot (né en 1825 à Longeau, Haute-Marne), ne fait pas partie de ceux que V. Audren de Kerdrel qualifiait d "hommes de riches loisirs ", gens lettrés et aisés, nexerçant pas leur profession et pour qui larchéologie constituait un agréable passe-temps. Simon Sirodot, dabord professeur de lycée, occupa par la suite la chaire de Zoologie et de Botanique de la faculté des Sciences de Rennes de 1860 à 1878, puis la chaire de Zoologie jusquà sa retraite en 1894. Son ouvrage sur les algues Batrachospermes publié en 1884 fit référence. Il occupa également de 1869 à 1894 la fonction de Doyen de la faculté des Sciences.
La fouille du site du Mont-Dol
Par sa formation, Simon Sirodot devait très certainement être au fait des découvertes et des débats liés à la Préhistoire naissante et, en particulier, des travaux sur la faune quaternaire. Sa curiosité dut donc être éveillée lorsquil apprit en 1872, par son préparateur J. Gallée, que depuis quelques années, des ossements étaient découverts dans une tranchée de carrière au Mont-Dol. Le Mont-Dol est un ancien ilôt granitique de la baie du Mont-Saint-Michel, qui suite à des variations du niveau de la mer, est actuellement isolé dans les marais. Son sommet culmine à 65 mètres au-dessus du niveau actuel de la mer. Simon Sirodot fouilla au Mont-Dol du 12 juin au 30 septembre 1872 et dans le courant de lannée suivante. La fouille se traduisit par un décapage intensif et le creusement de quatre excavations profondes. Ceci devait lui permettre détablir des profils stratigraphiques. Il sagit ici dune attitude exceptionnelle pour lépoque, où lon se contentait généralement de récolter les plus beaux objets sans tenir compte du contexte dans lequel ils se trouvaient. Lautre innovation notable fut de lever les plans, coupes et profils au niveau et à la chaîne, ce qui nous donne des documents dune grande précision.
Outre des données stratigraphiques, les fouilles lui fournirent une quantité impressionnante dossements et de nombreux silex taillés, quil rattacha sans erreur au " type du Moustier (1) ". Il put déterminer les ossements grâce aux collections conservées au Musée de Rennes et reconnut quils appartenaient à " lépoque du mammouth ".
| Bibliographie : |
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- Jean-Laurent Monnier et al. : Baie du Mont-Saint-Michel et marais de Dol, Centre archéologique dAlet, 1995, 3-26.
- Simon Sirodot : Conférence faite le 17 mai 1873 à la Société démulation des Côtes-du-Nord sur les fouilles exécutées au Mont-Dol (Ille-et-Vilaine) en 1872, éditeur Francisque Guyon, 49 p.
- Labbé Hamard : Le gisement préhistorique du Mont-Dol (Ille-et-Vilaine) et les conséquences de cette découverte au point de vue de lancienneté de lHomme et de lHistoire, éditeur Plihon, 1877, 270 p.
- Labbé Hamard : Etudes critiques darchéologie préhistorique à propos du gisement du Mont-Dol (Ille-et-Vilaine), éditeur Haton, 1880, 270 p.
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" Les Mammouths du Mont-Dol ", daprès les fouilles de Simon Sirodot et de labbé Hamard, est une uvre réalisée par Mathurin Méheut pour lInstitut de géologie de Rennes entre 1942 et1946.
Source : SEPNB, " Penn ar Bed ", N° 133, fasc. 2, vol. 20, éd. 1989.
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La polémique
1872 est également lannée où le site préhistorique du Bois-du-Rocher (Côtes-dArmor) est présenté par E. Fornier et V. Micault lors du Congrès scientifique de France qui se tint à Saint-Brieuc, communication particulièrement remarquée où lon y trouve mention des travaux réalisés au Mont-Dol. Par la suite, E. Fornier et V. Micault, tous deux magistrats, invitèrent Simon Sirodot à présenter devant la Société démulation des Côtes-du-Nord une conférence sur le site du Mont-Dol. Celle ci eut lieu le 17 mai 1873 et sa publication déclencha une vive polémique sur " lantiquité de lHomme " en Bretagne. Labbé P. Hamard se distingua par la parution de deux pamphlets en 1877 et 1880, visant la chronologie établie au Mont-Dol.
Un précurseur de larchéologie moderne
Simon Sirodot ne pratiqua pas dautres fouilles en Bretagne. A sa mort en 1903, ses collections furent léguées à la galerie de Paléontologie du Muséum dhistoire naturelle et à la faculté des Sciences de Rennes. Même si les travaux désordonnés qui suivirent ceux de Simon Sirodot au Mont-Dol achevèrent de détruire ce qui restait du site, cest grâce à ces collections et aux comptes-rendus minutieux de Simon Sirodot que létude du site a pu être reprise en 1995. Par sa grande rigueur et ses nombreuses innovations, Simon Sirodot apparaît comme un des précurseurs de la recherche archéologique moderne.
Nathalie Molines
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