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La croissance, meilleure alliée de l'os
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Pour en savoir plus

 


La croissance, meilleure alliée de l'os




Les professeur Henri Bracq (à gauche) et Pierre Rochcongar (à droite), respectivement chef du service de chirugie pédiatrique et chef du service médecine du sport au CHU de Rennes, aux côtés du professeur Olivier Sabouraud (au centre), neurologue et animateur de la conférence.

(c. B. Ramel)

 

Chacun dans leur spécialité, au CHU de Rennes, les professeurs Henri Bracq, chef du service de chirurgie orthopédique et infantile, et Pierre Rochcongar, chef du service de médecine du sport, " se servent de la faculté de l'os, tissu vivant, à se reconstruire et ils intègrent la notion de temps dans le traitement des pathologies. " C’est ce que soulignait le professeur Olivier Sabouraud, neurologue et animateur de la conférence qu'organisait l'Espace des sciences le 30 novembre dernier. Regardons de plus près l'exemple de la chirurgie orthopédique chez l’enfant.

 

Utiliser la croissance


Concrètement, le travail de l'orthopédiste, celui " qui remet les enfants droit", consiste à traiter les déformations morphologiques des os en pleine croissance ; celles-ci sont en effet susceptibles d'avoir des conséquences négatives sur la motricité. Bien souvent, il suffit " d'utiliser la croissance au bon moment et de façon simple pour corriger les déformations " poursuit le professeur Bracq. " Dans la mesure du possible, on utilise le temps et on évite d'avoir recours à des interventions chirurgicales qui nécessiteraient des sections osseuses. " Un exemple : le " genu varum ", relativement fréquent chez les enfants de 1 à 3 ans, est une déformation des membres inférieurs, qui se traduit par des jambes arquées. Dans la majorité des cas, la croissance corrigera naturellement ce défaut, même s’il faut parfois avoir recours à la chirurgie.


F
ractures et " malformations vraies "



" Chez l'enfant, l’os n’est pas plus fragile que chez l’adulte, mais son activité physique souvent " désordonnée " entraîne un nombre plus important de fractures "
souligne le professeur Bracq. Là encore, il faut prendre en compte l'action correctrice de la croissance. Chez les enfants, on se contente fréquemment de plâtrer, alors qu’on opère les adultes avec une plaque ou un clou. Il reste cependant nécessaire de corriger parfaitement certaines fractures chez l’enfant (fracture du coude, fracture articulaire…) avec broche ou vis, mais celles-ci ne doivent pas traverser les zones de croissances de l’os, sous peine de générer un défaut ultérieur.

 

 

 

Notes :

 (1) Luxation : déplacement permanent de deux surfaces articulaires qui ont perdu complètement leur rapport


 

Contact :

Service de chirurgie pédiatrique du CHU de Rennes
tél ; 02 99 28 43 21.

 












 

 

 

 

 

 

Les " malformations vraies " nécessitent quant à elles un traitement plus lourd : ce sont des anomalies présentes dès le stade de l’embryon, comme le fait d'avoir un membre plus court que l'autre. Si la différence de taille entre deux membres inférieurs peut sembler minime chez le nourrisson, il faut savoir que l'écart augmentera de façon proportionnelle. Un écart de 5 cm à l'âge adulte pourrait s’avérer très pénalisant. Il y a une solution : le chirurgien peut faire gagner quelques centimètres au membre le plus court, en sectionnant l'os puis en posant un fixateur externe qui permet d’écarter les deux extrémités. Le tissu osseux grandit alors sans défaut au niveau de la section.


L
a " malformation luxante de la hanche "


La luxation
(1) congénitale de la hanche est connue comme un phénomène spécifiquement breton, lié à la consanguinité importante des générations précédentes, mais aussi à de mauvaises habitudes de positionnement de l’enfant. Pour la prévenir, il n'est cette fois pas question de laisser agir la nature et la croissance. Outre les causes génétiques, cette pathologie résulte de contraintes mécaniques qui, dans l’utérus, tendent à forcer la tête fémorale hors de son " chapeau ", le cotyle. Sur l'échographie du nourrisson, la malformation se traduit par un décalage entre la tête fémorale et l’aile iliaque. Il faut impérativement que ce défaut soit prévenu très tôt. Si le diagnostic est précoce (avant 4 mois) le traitement est simple, à domicile. Sinon le traitement devient très lourd : par exemple, à 6 mois, le bébé doit être hospitalisé puis plâtré, et enfin opéré vers 2 ans, opération chirurgicale qui nécessite une section du bassin. Encore une fois, la croissance de l’articulation remise en bonne position corrigera alors le défaut en 2 à 6 mois.

B.R.

 





En haut, un fixateur externe est posé sur le membre trop court, dont le fémur a été sectionné. En bas : l’os a pu grandir au niveau de la section et l’opération a permis de gagner 5 centimètres.