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Les espoirs pour l'ostéoporose
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Os réparé

Les espoirs pour l'ostéoporose


 
Chef du service de rhumathologie de l'hôpital Sud à Rennes, le professeur Gérard Chalès nous livre un état des lieux de la prévention et des traitements de l'ostéoporose, cette maladie osseuse fragilisante souvent responsable de fractures chez les femmes après la ménopause.

L’ostéoporose se caractérise non seulement par une baisse de la masse osseuse, mais aussi par une modification de l’architecture de l’os : plaques (horizontales) plus petites, moins nombreuses, avec des trous… et piliers (verticaux) amincis. La perte osseuse est un processus normal du vieillissement, mais elle peut être aggravée par une carence en hormones sexuelles, un manque d’exercice physique, un régime alimentaire pauvre en calcium, en vitamine D et en protéines… (c. DR.)

 

L'ostéoporose se traduit non seulement par une diminution de la masse osseuse, mais aussi par des anomalies de la micro-architecture des os (voir clichés ci-joints). La forme la plus courante de cette maladie est celle liée à la ménopause (1). "Sur 10 femmes âgées de 50 ans aujourd'hui, quatre d'entre elles auront une fracture dans les 32 années leur restant à vivre. "Fracture du poignet, de vertèbres, du col du fémur.. avec le vieillissement de la population et la diminution de l'activité physique, les fractures dues à l'ostéoporose seront de plus en plus nombreuses. Alors que faire, docteur ?

 


Une alimentation riche en calcium est essentielle tout au long de la vie, car il est faux de dire qu’à partir d’un certain âge, le calcium n’est plus fixé par le squelette.

(C. V. Pouliquen).

Avant 50 ans : la prévention


L'ostéoporose primitive féminine est principalement liée à un déficit en hormones (œstrogènes), déficit se produisant naturellement à partir de la ménopause, mais de manière très irrégulière d'une femme à l'autre (voir schéma). Les facteurs intervenant sont pour 60 à 70 % d'origine génétique, ce qui exclut toute action, mais la femme peut agir sur les 30 à 40 % de perte osseuse liée à son hygiène de vie. Cela consiste d'abord à mieux s'alimenter, pour apporter à l'organisme du calcium et de la vitamine D en quantité suffisante. Car contrairement aux idées reçues, la construction du squelette se poursuit à tout âge, même si les cellules de destruction (ostéoclastes) prennent peu à peu le pas sur les cellules de construction (ostéoblastes). Les personnes âgées sujettes à l'ostéoporose auront parfois intérêt à supplémenter leur alimentation par des comprimés de calcium et de vitamine D car avec l'âge, le système digestif perd en partie sa capacité à assimiler le calcium présent dans les aliments.

L'autre règle de vie concerne la pratique d'une activité physique régulière, à tout âge : ce n'est pas à 60 ans que l'on doit commencer à pratiquer un sport, mais une heure de marche quotidienne peut suffire, si elle est régulière. Enfin, sachez que si les femmes dotées d'un excès de poids sont moins affectées par l'ostéoporose, c'est parce que leurs cellules adipeuses ont la capacité de synthétiser des œstrogènes.

Après la ménopause : le traitement


"Les traitements de l'ostéoporose ont beaucoup progressé ces dernières années"
constate le professeur Chalès. Les traitements non seulement stoppent la destruction (ou résorption) mais souvent même rétablissent la masse osseuse ! Les traditionnels compléments hormonaux sont toujours d'actualité, même s'ils sont soupçonnés d'augmenter légèrement (risque relatif : 1,32 %) les risques de cancer du sein après 10 ans de traitement. Viennent ensuite les étonnants bi-phosphonates, proches des agents utilisés dans les lessives pour dissoudre le calcaire de l'eau : "Testés dans un premier temps pour dissoudre le calcaire tapissant les vaisseaux sanguins et traiter ainsi l'athérosclérose, ils ont surpris les chercheurs en participant nettement à la reconstruction osseuse", raconte le professeur Chalès. Enfin les tout nouveaux "simili œstrogènes", disponibles depuis novembre 1998, ont toutes les qualités des œstrogènes pour la reconstruction osseuse, mais sans aucun risque pour le sein ou l'utérus.

 

Prévention et dépistage : les limites économiques


"Les traitements pris à titre préventif ne sont pas pris en charge par la Sécurité sociale"
déplore le professeur Chalès "Seuls sont remboursés les traitements prescrits suite à une fracture. Nous avons pourtant fait de gros progrès en dépistage, grâce à l'ostéodensitométrie, qui nous permet de prévoir le risque de fracture : cette technique d'imagerie calcule la densité osseuse, en fonction de l'atténuation d'un signal de rayon X. "

C'est pourquoi les actions en cours tendent à privilégier l'information et la responsabilité des femmes, surtout celles ayant des antécédents familiaux, afin de leur faire adopter, à tout âge, un comportement alimentaire et sportif compatible avec un bon maintien de ce que le professeur Chalès appelle "le capital osseux". C'est dans cette optique d'information que le professeur Chalès a volontiers participé aux conférences présentées par l'Espace des sciences dans le cadre de l'exposition "L'os vivant", ainsi qu'à la Journée mondiale de l'ostéoporose, en octobre dernier.

H.T



La courbe de la masse osseuse montre un maximum vers 20 ans, suivi d'une lente décrue régulière (homme et femme) d'environ 0,5 % par an, puis d'une chute nettement plus rapide (de 1 à 10 % par an) dans les années suivant la ménopause pour les femmes sujettes à l'ostéoporose et ne suivant aucun traitement.

 

Notes :

 (1) Il existe de multiples ostéoporoses "secondaires", liées à d'autres maladies : maladie endocriniennes, maladies du foie (dont l'intoxication alcoolique)...). A Rennes, l'équipe dirigée par le professeur Chalès participe à des recherches sur les ostéporoses liées à l'hématochromatose : très présente en Bretagne, cette affection génétique se caractérise par une surcharge de fer dans le sang.

 

Contact :

Professeur Chalès
tél. 02 99 26 71 40
fax 02 99 26 71 90.