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Après quelques essais anecdotiques (premières prothèses en ivoire !) au début du XXe siècle, l'orthopédie n'émerge vraiment que dans les années 60-70. Elle suit depuis une progression constante, mais sans grande révolution. "Les premières prothèses ont des durées de vie au moins égales à celles obtenues aujourd'hui", explique le professeur Philippe Hernigou. "Même relativement lente, l'évolution des technologies et des matériaux est telle qu'une personne jeune opérée aujourd'hui a toutes les chances de pouvoir mener toute sa vie des activités professionnelles et familiales normales, à condition de se faire ré-opérer tous les 10 à 15 ans".
De quoi dépend la durée de vie d'une prothèse ?
"Une prothèse est une pièce mécanique", rappelle le professeur Frantz Langlais. "Comme une pièce de voiture, elle s'use en fonction de l'usage qui en est fait. Une voiture est usée au bout de 150 000 km, une prothèse est usée au bout de 15 millions de mouvements. C'est au patient de gérer son capital de mouvements, pour faire durer sa prothèse le plus longtemps possible". Plus une personne est âgée, moins elle est active et sa prothèse durera plus longtemps que chez un sujet jeune. Quand une prothèse est usée, il faut ré-opérer. "Aujourd'hui les reprises sont presque aussi efficaces que les premières opérations."
La prothèse en dernier recours
"Aussi au point soit-elle, l’implantation d’une prothèse ne doit être décidée que lorsqu'il n'existe aucune alternative", insiste Frantz Langlais. Pour les sujets les plus jeunes, la chirurgie réparatrice, en modifiant les surfaces osseuses, redonne une nouvelle jeunesse aux articulations défaillantes. Pour le genou, on peut injecter du liquide synovial artificiel. Mais s'il n’a d’autre choix que de se faire installer une prothèse, le patient aura intérêt à effectuer d’abord un bilan de santé complet, afin de limiter les risques d'infection. Il peut aussi être encouragé à perdre un peu de poids, pour faciliter sa rééducation et améliorer la durée de sa prothèse en réduisant sa sollicitation.
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La hanche : une opération commune mais lourde !
Pour la mise en place d’une prothèse de la hanche, l'opération dure deux heures, pendant lesquelles la hanche est déboîtée, la tête de fémur sectionnée et le tube de l’os foré, afin d'y introduire la tige de la prothèse. Dans la cavité du bassin sera insérée une cupule en matériau plastique ou en céramique, dans laquelle viendra pivoter la tête de la prothèse. C'est surtout après l'opération que le "patient" mérite son nom, car il marchera plusieurs semaines avec des cannes et attendra plusieurs mois pour retrouver une mobilité satisfaisante, mais toujours inférieure à la mobilité normale.
Apprendre à vivre avec une prothèse
Après l'implantation d'une prothèse de la hanche, le patient ne retrouve qu'une mobilité partielle : les mouvements de rotation sont en particulier déconseillés, car la forme de la prothèse, beaucoup plus "ouverte" que l'articulation initiale, est propice au déboîtement de la hanche, accident postopératoire spectaculaire et très douloureux, même s'il est relativement bénin. Ce déboîtement (luxation) est particulièrement redouté dans les semaines qui suivent l'opération, mais il peut survenir de nombreuses années plus tard, d'où la nécessité de renoncer définitivement à certains mouvements : le patient devra toute sa vie veiller à ménager son articulation.
H.T.
| Le palmarès des prothèses articulaires en France |
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Prothèses de la hanche : entre 50 000 poses de prothèses et 400 000 interventions sur la hanche par an (surtout des femmes)
Prothèses du genou : 20 000 à 30 000 par an.
Prothèses de l'épaule : 3 à 4 000 par an.
Prothèses du coude : quelques dizaines par an.

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