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Le traditionnel "plâtre" couvert de signatures nest pas près de disparaître. Dans la majorité des cas de fracture, cest en effet le traitement le plus simple, le plus rapide et le plus efficace. Mais quelquefois, les choses peuvent se compliquer. "Lorsquil y a fracture,, explique le professeur Christian Lefèvre, " il y a toujours dème. Lorsque celui-ci se résorbe, le plâtre peut se mettre à "avoir du jeu" par rapport à los. Ce qui peut entraîner un déplacement secondaire de la fracture." Et qui dit déplacement secondaire, dit
nombreux problèmes, comme des cals, des déformations de los, des déplacements secondaires des fragments avec un risque de cals vicieux (cals en mauvaise position)
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Un clou dans le canal
Jusquaux années 80, la solution était alors de recasser los (sous anesthésie !), et de pratiquer une opération chirurgicale, afin de visser dessus une plaque métallique de maintien. Une solution certes efficace, mais handicapante pour le patient et qui ne règle pas tous les problèmes. Notamment lorsque la fracture ne se consolide pas. Cest ainsi quil y a dix ans, le professeur Lefèvre a eu une idée très originale : au lieu de fixer la plaque à lextérieur de los, il a fait pénétrer un "clou" dans le canal médullaire.
"La difficulté, " explique-t-il, " était de fabriquer une pièce parfaitement adaptée à los à traiter, en épousant au mieux les formes et les dimensions du canal". Pour parvenir à un résultat optimum, "il a fallu choisir un alliage relativement malléable, car le canal médullaire nest pas absolument droit. Cest ainsi que le choix sest fixé sur linox médical recuit [NDLR : afin de lui donner une certaine malléabilité]". Lalliage choisi, restait à fabriquer la pièce, mais de façon à ce quelle sadapte au millimètre près à los à traiter. "Pour cela, nous faisons appel à une technologie dimagerie 3D très sophistiquée, mise au point en coopération avec le Centre hospitalo-universitaire de Brest et lÉcole nationale supérieure des télécommunications de Bretagne (ENST). Los à traiter est imagé numériquement avec une résolution inférieure au millimètre !"
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Le clou de radius est courbe. Cela permet de suivre la forme naturelle du radius qu'il faut restituer lors de la réparation d ela fracture, afin de permettre à la rotation de l'avant-bras (pronosupination) de s'effectuer correctement.
(c.CHU Cavale Blanche)
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Ces deux radios montrent, à gauche : une fracture du cubitus et à droite : sa réparation par enclouage. Souvent employé pour les fractures du fémur (cuisse) ou du tibia (jambe), l'enclouage s'applique depuis peu au traitement des fractures du cubitus et du radius (avant-bras). C'est le professeur Christian Lefèvre, chef du service d'orthopédie-traumatologie du centre hospitalier de Brest, qui a conçu des os de l'avant-bras (c. CHU Cavale blanche)
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Une technique sans séquelle
Le clou ainsi préparé est alors inséré dans le canal médullaire de los, canal qui ne contient quune moelle graisseuse, sans rapport avec la moelle rouge, productrice dhématies (les globules rouges), et qui se situe dans lépiphyse. Il ny a donc aucune séquelle de la moelle et, lorsque la fracture est parfaitement consolidée, le chirurgien peut retirer limplant métallique. Si le patient est un jeune en fin de croissance, on peut utiliser des clous télescopiques, que lon allonge par fractions de quart de mm ! Mais, chez les sujets les plus jeunes, la technique est hélas inutilisable. Il est en effet impossible de toucher aux cartilages de croissance.
JFC
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Le clou de cubitus est droit. Cependant, il peut se déformer lors de la mise en place pour épouser la forme interne de l'os. Très ingénieux, ce clou permet de rapprocher deux fragments d'un os fracturé pour comprimer la fracture et accélérer la réparation. Mais il permet aussi d'allonger le cubitus si une maladie particulière le nécessite.
(c.CHU Cavale Blanche) |
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| L'enclouage : une technique d'avenir |
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Réseau : Combien denclouages pratiquez-vous chaque année ?
Christian Lefèvre : Entre 150 et 200 par an, tous os longs confondus. [NDLR : humérus, radius, cubitus, tibias, péroné, fémur]
Réseau : Cette technique nest-elle pas coûteuse ?
Christian Lefèvre : Bien sûr, cela coûte plus cher quun plâtre
Mais, grâce à lenclouage, nous évitons les cals vicieux et les pseudarthroses [mobilité persistante et anormale dune fracture qui ne se consolide pas] et nous réduisons beaucoup les déviations angulaires de los. Ce qui signifie que les patients qui auraient connu ces séquelles autrefois, ne les connaissent plus aujourdhui. Cest donc une nette amélioration de confort pour le patient.
Réseau : Comment voyez vous le développement de cette technique ?
Christian Lefèvre : Les clous sont très au point maintenant. Je pense que le vrai développement résidera dans limagerie 3D et 4D [NDLR : qui analyse le mouvement]. En effet, je ne vous dirai pas la quantité de surprises désagréables préopératoires, lorsque le chirurgien découvre que les os sont en réalité plus abîmés que ne lavait fait imaginer limagerie classique [scanner, radiologie]. Cela est particulièrement vrai pour les hanches qui ont reçu des prothèses, lorsque ces dernières se sont déplacées dans le bassin ou le fémur ! Grâce à limagerie 3D, on parvient à reconstituer en résine des bassins, au millimètre près, ce qui nous permet de savoir exactement, par exemple, quelle quantité dos nous allons devoir prélever sur le patient, pour reconstituer les parties abîmées de la hanche. Dans ce domaine, il y a des progrès fantastiques qui vont être réalisés !
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