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Une formidable diversité
Les zones humides de fond de vallée et la qualité de l'eau
Des archives naturelles dans le sol des tourbières
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© Christelle Jourdren

Le réservoir de Saint-Thurial en Ille-et-Vilaine. 1 : la Ville de Rennes mène une politique d’acquisition foncière des terres situées autour des zones de captage des grands réservoirs d’eau destinés à l’alimentation des habitants du bassin rennais. Ces terres font l’objet de contrats avec des agriculteurs (via la chambre d’agriculture) pour des pratiques agricoles adaptées visant à diminuer les taux de nitrates et de pesticides dans l’eau.

 

Préoccupé par la protection de la ressource en eau, le monde politique porte un nouveau regard sur l’environnement et sur les zones humides en particulier, dont la situation, à l’interface entre milieux aquatiques et milieux terrestres laisse penser qu’elles pourraient être demain les espaces essentiels pour garantir la qualité de l’eau potable. Mais qu’appelle-t-on exactement « zones humides ». Comment les identifier ? Quel est leur  place dans le paysage rural d’aujourd’hui ?

On leur reconnaît aujourd’hui une fonction importante dans la qualité de l’eau, mais ces espaces sont également des refuges et des sanctuaires pour des espèces menacées, et ont encore beaucoup à nous apprendre, y compris sur nous-même.

 

 

© Christelle Jourdren

 

 

 

 

 

La rarissime argiope fasciée, l’araignée jaune et noire,  se rencontre encore dans la tourbière de Parigné.

 

 

 

 

© Christelle Jourdren

 

 

 

 

La Salicaire, (Lythrum salicaria) est caractéristique des fossés humides.

 

 

 

 

 

 

 

 


Ramsar : déclic ou pas ?

La convention Ramsar, du nom de la ville iranienne où elle a été signée, a pour objectif  une coopération internationale en matière de conservation des systèmes de zones humides d’importance internationale particulièrement comme habitats d’oiseaux d’eau. C’est un traité intergouvernemental, le seul du genre en matière de protection d’une catégorie d’écosystèmes. Il est signé le 2 février 1971, la France y adhère en octobre 1986. Les états membres ont quatre obligations principales : désigner au moins une zone humide sur la liste Ramsar à la signature du traité, promouvoir l’utilisation rationnelle des zones humides sur leur territoire, créer des réserves dans les dites zones et assurer leur surveillance, enfin coopérer avec les autres pays sur l’exécution de la convention.

C’est une première démarche internationale en faveur de l’environnement. D’autres suivront, notamment au niveau européen, avec la convention de Bern sur la protection de la faune et de la flore sauvages  et de leurs habitats, les directives Oiseaux et Habitats..

L’erreur des conventions internationales et européennes est peut-être de n’avoir été préoccupées que par la protection des espèces et de leurs habitats. Si elles sont d’une évidente nécessité pour les défenseurs de la nature, ces conventions n’ont pas su donner aux zones humides une place dans le paysage rural et dans l’économie de marché. Les zones humides ont été protégées sur des périmètres restreints, et largement asséchées et comblées sur des surfaces bien plus vastes. Il faudra que la ressource en eau devienne un sujet de préoccupation majeur des collectivités pour qu’un vrai virage s’amorce en faveur des zones humides. La loi sur l’eau de 1992 et le plan d’action pour les zones humides de 1995 concrétisent cette évolution, que les collectivités locales ont su parfois anticiper.