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Les zones humides de Bretagneune formidable diversité
La faune et la flore des abers sont adaptées à l’eau de mer, algues et plantes halophiles (qui aiment le sel) partagent le même espace.
Péninsule avancée dans l’océan Atlantique, à la limite entre province lusitanienne[1] au Sud et province boréale au Nord, la Bretagne est composée d’une multitude de paysages d’une très grande diversité. Quel que soit l’endroit où l’on se trouve, l’eau n’est jamais bien loin. Avec ses 15 000 km de cours d’eau et ses 2 750 km de traits de côte, le territoire breton est constellé de zones humides plus ou moins étendues, depuis le littoral jusqu’aux plus hauts reliefs des Monts d’Arrée. A la limite entre la terre et l’eau, une zone humide se caractérise avant tout par la présence récurrente ou permanente de l’eau. C’est le seul caractère général qui soit commun à toutes les zones humides. Pour le reste, la qualité de leur eau, leur surface, de quelques mètres carrés à plusieurs dizaines d’hectares, la profondeur de l’eau, de quelques centimètres à plusieurs mètres, et leur formes, sont très hétérogènes. Aperçu en images. Le long du littoral : abers, baies, lagunes, marais et étangs saumâtres ou salés
L’aber Wrac’h, bras de mer remontant loin dans les terres. C’est le reste d’un sillon creusé par un ancien glacier qui recouvrait la région il y a plusieurs milliers d’années. Ces zones sont souvent vaseuses, parfois sableuses, et le cours d’eau maintient un chenal rempli d’eau à marée basse. Les abers sont caractéristiques du Finistère.
La lagune protégée par le cordon de galets du sillon de Talbert dans les Côtes
Dans les plaines intérieures : étangs, marais et prairies humides de bord de cours d’eau
Les marais de Redon sont les plus vastes des marais d’eau douce de Bretagne. Ils s’étendent dans le Sud Est de la vallée de la Vilaine, le long de la rivière et de ses affluents, occupant parfois d’anciens bras de la Vilaine.
Prairie humide de bord de cours d’eau dans la région de Fougères, au cœur du grand bassin de la Vilaine. Les touffes de joncs caractéristiques des sols gorgés d’eau parsèment la prairie qui, en hiver, est recouverte d’eau.
Dans les reliefs de l’ouest : tourbières, landes tourbeuses
La lande tourbeuse et les tourbières du Yeun Elez (29) représentent une vaste étendue de plus de 1750 ha, dans le centre Bretagne. Les tourbières abritent des espèces végétales relictes [2] de l’ère glacière et des mammifères protégés comme la loutre et le castor.
[1] Lusitanienne : du nom de l’ancienne province romaine, la Lusitanie, qui couvrait la moitié Ouest de la péninsule ibérique (Espagne et Portugal). [2] Espèces relictes de l'ère glaciaire : espèces des climats glaciaires qui, malgré l'adoucissement du climat breton, se sont maintenues dans les tourbières dans lesquelles la température au sol sur l'ensemble de l'année, est comparable à la température des régions nordiques. Ces espèces témoignent de l'existence d'un climat glaciaire en Bretagne il a y plusieurs milliers d'années.
Des refuges précieux pour des animaux menacés
[1] Znieff : zone naturelle d’intérêt écologique faunistique ou floristique. Les Znieff sont regroupées dans une base de données nationale qui recense, de la façon la plus exhaustive possible, les espaces naturels qui abritent des espèces rares ou menacées ou qui représentent des écosystèmes riches et peu modifiés par l’homme. Cette base est réactualisée périodiquement. Elle est consultable par tous les décideurs et aménageurs. Les espaces peuvent être inscrits comme Znieff de niveau 1 (il y 612 Znieff 1 en Bretagne), ils sont alors bien délimités et souvent sensibles à tout aménagement, ou comme Znieff de niveau 2 et il s’agit alors d’un ensemble naturel riche ayant des fonctions biologiques qui doivent être préservées (97 sites bretons sont classés en Znieff 2).
Une définition scientifique des zones humides a été donnée par un groupe d’experts consulté par le Ministère de l’environnement en 1990. « Les zones humides se caractérisent par la présence, permanente ou temporaire en surface ou à faible profondeur dans le sol, d’eau disponible douce, saumâtre ou salée. Souvent en position d’interface, de transition entre milieux terrestres et milieux aquatiques proprement dits, elles se distinguent par une faible profondeur d’eau, des sols hydromorphes* ou non évolués et/ou une végétation dominante composée de plantes hydrophiles au moins pendant une partie de l’année. Enfin elles nourrissent et/ou abritent de façon continue ou momentanée des espèces animales inféodées à ces espaces ». La loi sur l’eau de 1992 en donne une définition juridique : les zones humides sont « les terrains exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, saumâtre ou salée, de façon permanente ou temporaire ; la végétation quand elle existe, y est dominée par des plantes hydrophiles pendant au moins une partie de l’année ». * Hydromorphe : peu aéré, peu perméable et souvent gorgé d’eau
Quelques chiffres comparatifs :
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