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Des archives naturelles dans le sol des tourbières Pour les études des climats et des paysages anciens, les zones humides tourbeuses constituent un champ d’expérimentation et une source d’information incomparable. L’histoire du Massif Armoricain est inscrite dans les strates de la matière organique accumulée dans ces milieux, qui, asphyxiant et acides, n’ont pas permis aux microorganismes de se décomposer, offrant ainsi aux scientifiques des archives à décrypter.
L’histoire décryptée de la tourbière de Parigné en Landemarais, est racontée à l’entrée du site. Celui-ci est aménagé pour la visite avec un chemin en caillebotis construit à travers la tourbière (ouverte du 1er juin au 30 septembre).
Les tourbières ont accumulé parfois pendant plusieurs milliers d’années, comme dans le centre des Monts d’Arrée, des restes de végétaux et d’animaux qui se sont très peu dégradés. Il n’y a pas eu en Bretagne de très grandes investigations qui auraient peut-être permis d’étonnantes découvertes telles que celles réalisées dans les pays scandinaves : celles-ci ont mis au jour non seulement des restes de forêts préhistoriques mais également des pirogues et des charrettes de bois remarquablement conservées ainsi qu’un homme, momifié par un séjour de plus de 2000 ans dans la tourbe, connu sous le nom d’homme de Tollens. Qui sait si, au regard des croyances liées à la pratique de sacrifices dans les marais et les landes tourbeuses du centre Bretagne, de telles découvertes ne seraient pas envisageables…
En Bretagne trois tourbières ont fait l’objet d’étude de paléontologie : celle du Venec en Brennilis (29), de Landemarais en Parigné (35) et de Sérent dans le Morbihan. Dominique Marguerie, du laboratoire d’anthropologie de l’Université de Rennes (UMR CNRS 153) et Lionel Visset du laboratoire d’écologie des Paléoenvironnements atlantiques (UMR CNRS 153), de la faculté des sciences de Nantes, ont travaillé à la reconstitution de l’histoire de ces tourbières et de la lande tourbeuse bretonne, en analysant notamment le pollen fossile. Ils ont pu non seulement retracer l’histoire des tourbières mais également celle des milieux environnants. Les sphaignes sont apparues au Venec il y a plus de 6000 ans. A la fin du néolithique, les lieux sont occupés par le bétail de bergers semi-nomades. Ceux-ci font régulièrement brûler la tourbière pour créer des pâturages. L’occupation romaine qui succède est une période de régression, l’espace est abandonné, tandis que le haut Moyen Age est prospère : on déboise, on défriche et on y cultive des céréales. A côté du Venec, la tourbière de Parigné est toute jeune. Elle naît en 370 de notre ère (plus de 4000 ans après). Elle est inondée en 1360 par la création d’un réservoir, puis abandonnée : la guerre civile ravage la Bretagne. De nombreuses tourbières bretonnes n’ont pas été déchiffrées. Une pelleteuse peut détruire à tout jamais des ensembles considérables de données sur notre histoire avant même que les chercheurs aient pu en faire l’étude.
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