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Au pays des électrons. Edito Vive le rêve !
Plus qu’un simple amas de métal et de plastique, tout juste bon à finir à la poubelle, un circuit électronique, pour qui veut bien le regarder, constitue un monde extraordinaire et fascinant. Cependant, il ne s’agit pas de trouver cela beau ou même intéressant, mais simplement de savoir garder sa capacité d’émerveillement pour l’ingéniosité et le travail caché, et d’en faire un support à vos rêves. Car l’émerveillement nourrit le rêve. Et les grandes découvertes sont souvent nées du rêve…
Au cœur de l’atome.
Il faudra cependant attendre 2400 ans avant que la première description scientifique des atomes ne soit possible… C’est en effet au début du XIXe siècle que le chimiste anglais John Dalton (1766 – 1844) reprit l’idée de Démocrite. C’est ainsi qu’il découvrit les lois fondamentales des combinaisons chimiques : toutes les substances (liquides, gaz, cristaux…) sont des combinaisons d’un certain nombre d’espèces d’atomes (Cf encadré). Rapidement, et contrairement à ce que pensait Démocrite, les physiciens montrèrent que l’atome était en fait sécable*. Il est en effet constitué d’un noyau très petit : environ 10 000 fois plus petit que l’atome ! Et les plus gros atomes ne font que 0,00000005 Cm ! Pour se donner une idée de ce que cela représente : il faut aligner plus de 100 millions d’atomes pour atteindre un centimètre… Le noyau est lui-même constitué de deux particules de masse presque identique, les protons et les neutrons. Autour de ce noyau, tournoient d’autres particules : les électrons. Des particules mille fois plus petites que les protons ! Et entre le noyau et les électrons, il y a un immense… vide.
Le tableau de Mendeleïev C’est le chimiste Russe, Dimitri Ivanovitch Mendeleïev (1834-1907), qui classa le premier les éléments dits “périodiques”. C’est-à-dire tous les corps simples qui constituent la nature. Le plus simple, qui porte le N°1 du tableau, est l’hydrogène (H) qui ne comporte qu’un proton et un électron. Il est suivi par l’hélium (He) qui a deux électrons, le lithium (Li) qui en a trois etc… Aujourd’hui, ce tableau comporte 115 éléments.
Vous devez vous demander comment ces particules “tiennent” ensemble ? La réponse est “simple”. Vous avez tous fait l’expérience de prendre deux aimants et de les rapprocher l’un de l’autre. Vous avez alors remarqué que, d’un côté les aimants s’attirent (lorsque l’on met en face le pôle + et le pôle -) et, de l’autre, ils se repoussent avec force lorsque l’on met en face deux pôles de même signe. Et bien, l’atome fonctionne de la même façon. Car les protons ont une charge électrique positive alors que les électrons ont une charge négative (les neutrons n’en ont pas). De ce fait, ils s’attirent comme deux aimants et sont très solides. Mais, nous l’avons dit, il y a entre le noyau et les électrons un grand vide. Du coup, les électrons les plus éloignés peuvent être “arrachés” à l’atome. Notre courant électrique n’est rien d’autre que la circulation d’une quantité d’électrons arrachés, par exemple, aux éléments contenus dans la pile. Et, lorsque cette dernière a perdu tous ses électrons, et bien la pile est “morte”.
La naissance de l’électronique
En 1907, la diode est améliorée en plaçant entre le filament et la plaque une petite grille de contrôle. En chargeant plus ou moins négativement la grille, on va ainsi pouvoir contrôler avec une grande précision le flux d’électrons attirés par la plaque. C’est la naissance de la “triode”. Diodes, triodes et autres “tubes à vide” vont régner jusqu’à la fin des années 1950. Mais les appareils électroniques ainsi réalisés, sont énormes, coûtent très cher et, surtout, marchent mal. Ces milliers de tubes, reliés par des kilomètres de câbles, tombent fréquemment en panne.
Et naquit le transistor
Les premiers transistors ont une taille voisine du centimètre (ce qui est un progrès fantastique de miniaturisation, par rapport aux tubes qui pouvaient atteindre jusqu’à 50 ou 80 Cm de haut !). Dix ans plus tard, ils ne font plus que trois ou quatre mm. Aujourd’hui, les transistors utilisés sont de la taille de… quelques atomes !
Pas de souris sans… puces. En 1959, la technologie dite “Planar”, révolutionne une nouvelle fois l’électronique, et lui donne son plein essor. Cette technologie consiste à intégrer plusieurs transistors et leurs connexions à la surface d’un même cristal de silicium. Chaque élément est connecté grâce à de minces couches de métal gravées, ce qui supprime les problèmes de soudure. Chaque composant a une taille de l’ordre du micron* ! On obtient alors un “circuit intégré”, vulgairement appelé “puce”. La microélectronique est née. En 1961, une puce contient 6 composants ; elle en contient 100 en 1966 et plusieurs dizaines de millions aujourd’hui ! Fabriqués en très grandes séries, ces circuits intégrés sont aujourd’hui devenus très bon marché. C’est grâce à cette technologie que les ordinateurs sont devenus aujourd’hui accessibles pour quelques milliers de Francs.
Pratique Les différents composants
En clair Micron : un micron (µ) = un millième de millimètre. Sécable : que l’on peut couper.
De la fabrication des puces… La fabrication des circuits intégrés fait appel à des technologies de pointe. Pour commencer, le concepteur doit réaliser les plans du circuit. Ceux-ci sont si complexes, que cela revient à vouloir entrer le plan d’une grande ville (Marseille par exemple), dans un Cm2 ! Pour ce faire, le concepteur utilise des ordinateurs spécialisés et très puissants. Ensuite, il faut découper des tranches de silicium de quelques microns d’épaisseur. On dépose dessus une couche soit isolante, soit conductrice, que l’on va couvrir d’une résine “photosensible” (c’est-à-dire sensible à la lumière, exactement comme l’est un film photographique). De la lumière est alors projetée sur la couche de silicium, selon le plan des circuits imaginé par le concepteur et un procédé chimique va ensuite éliminer les parties qui n’auront pas été sensibilisées par la lumière. Reste donc le tracé du circuit sur lequel on peut pratiquer le “dopage” c’est-à-dire, introduire des atomes “perturbateurs” (les composants). Pour cela, il faut chauffer le silicium à 1200 °C… Plus de cent traitements différents, seront nécessaires avant que le circuit ne soit apte à travailler ! Selon la complexité du travail, seulement 40 à 60% des circuits fabriqués fonctionneront correctement. Ce qui implique que chaque circuit est contrôlé individuellement. Toutes ces manipulations sont si minutieuses, que les fabricants utilisent des “salles blanches”, dans lesquelles peu de gens ont le droit d’entrer, et uniquement revêtus de combinaisons spéciales pour éviter que la moindre particule de poussière ne vienne troubler l’air ambiant ! Pour vous donner une idée, l’haleine d’un fumeur contient 20 000 particules à chaque expiration, trois heures après la dernière cigarette !
À lire, à voir, à faire
Électronique Voici une revue, éditée en Bretagne et très bien faite… Notamment la leçon d’électronique, intelligente et progressive. Pour ceux qui ont manqué les premiers numéros, l’ensemble des leçons est disponible sur CD Rom pour 136 F. Electronique, JMJ/Electronique, BP 29 – 35480 Laillé. Tél. 02 99 42 52 73. Vendu en kiosque 29 F. Un site : http://www.electronique-magazine.com
Musée de Pleumeur-Bodou Une très belle collection de composants électroniques anciens, et l’occasion de découvrir de nombreuses expériences en réalité virtuelle sur le site de Cosmopolis. À ne pas manquer. Tél. 02 96 15 80 30 Sur le Web http://lewebelectronique.free.fr/ Un site pour les passionnés. De nombreuses adresses intéressantes. Une mine de renseignements pour les amateurs.
Clin d'oeil
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