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Propriété industrielle
Protection juridique des logiciels : où en est-on ?
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Le 25 janvier dernier, une soixantaine de responsables et ingénieurs du secteur de linformatique ont répondu présent au rendez-vous des Matinales de Rennes Atalante. Le petit-déjeuner débat animé par des juristes et conseils en propriété industrielle a fait le point sur la législation française et européenne en matière de protection des logiciels. Un sujet qui éveille lintérêt des entreprises de la nouvelle économie.
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| (illustration : William Augel) |
« Les logiciels originaux bénéficient, comme toutes les créations musicales, photographiques ou vidéos, d'une protection au titre du droit d'auteur », rappelle Bertrand Warusfel, maître de conférences spécialisé en propriété industrielle à luniversité Paris V, devant les spécialistes de la création de programmes informatiques assemblés le 25 janvier dernier lors de la première « Matinale de Rennes Atalante » de lannée.
'Sous certaines conditions, un logiciel peut également faire l'objet d'une protection par brevet', ajoute Patrice Vidon, P-DG du cabinet du même nom et Président de la compagnie nationale des conseils en propriété industrielle (CNCPI). « Au regard de la loi, ce brevet protège à la fois le contenu et la structure du logiciel ».
D istinguer logiciel et bases de données
Mais dans le domaine des nouvelles technologies, le droit suit plus souvent la réalité quil ne la précède et il recèle aussi de subtiles différences auxquelles sont parfois en butte les professionnels de linformatique. Ainsi, la situation change avec les bases de données. Pour ces immenses stockages dinformations numériques, un droit spécifique, détenu par le 'producteur' de la base de données a été récemment introduit. Il ne protège que larchitecture de la base, mais pas son contenu qui peut bénéficier du droit d'auteur. Un petit peu comme si le droit ne protégeait pas le texte des ouvrages dune bibliothèque mais seulement le plan de classement, dindexation et de recherche des ouvrages que le bibliothécaire aurait mis au point.
Une fois ce distinguo posé, les questions relatives à la protection juridique de la « création informatique » demeurent très concrètes de la part des informaticiens : qui est propriétaire des droits déposés dans le cadre dun travail sous-traité ou réalisé en équipe ? Comment prouver quon est bien lauteur de lapplication développée ? Comment entamer la procédure de dépôt de brevet sans alerter la concurrence trop tôt ?
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| Bertrand Warusfel (photo : Geoffray Bansard) |
G arder le secret jusquau bout
Le propriétaire des droits est celui qui fixe la forme du progiciel ou de la base de données Le Code de la propriété industrielle stipule que « les droits patrimoniaux dun logiciel réalisé [par les employés] dans lexercice de leur fonction et daprès les instructions de lemployeur sont dévolus à celui-ci ». Autrement dit : les salariés ayant travaillé sur un projet réalisé en collaboration ne sont pas considérés comme des coauteurs.
Pour une société de service en ingénierie informatique (SSII), créatrice dun progiciel en sous-traitance, si le commanditaire précise une clause de transfert de propriétés et droits patrimoniaux sur le contrat de commande, la SSII naura alors aucun droit sur le travail réalisé.
Enfin, pour bénéficierPour pouvoir déposer un brevet, l'invention concernée doit être nouvelle. En conséquence, les jeunes créateurs doivent toujours garder en tête une ruse de vieux sage : « pour éviter tout risque, le logiciel se doit dêtre gardé secret jusquà la date de dépôt ».
Geoffrey Bansard
T rois questions à Ludovic Bioret, ingénieur-conseil en propriété industrielle au cabinet Vidon.
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Le cabinet Vidon est spécialiste des procédures de délivrance des droits de propriété industrielle.
Sciences Ouest : Quelles inventions peuvent être brevetées ?
Ludovic Bioret : Un brevet est un titre de propriété industrielle qui protège les aspects techniques dune invention. Celle-ci doit navoir jamais été rendue publique nulle part dans le monde, être jugée « non évidente pour lhomme du métier », et avoir des applications industrielles. Le brevet confère à son titulaire lexclusivité sur lexploitation de son invention pendant 20 ans en échange de sa divulgation, cest-à-dire de la description écrite et explicative de celle-ci. Le titulaire du brevet peut donc exploiter ou faire exploiter par dautres entreprises son invention grâce à une licence ; il peut également céder son invention.
S.O. : Le brevet protège de quoi ?
L. B. : Un brevet confère le droit dinterdire aux tiers d'exploiter l'invention, cest-à-dire de faire de la contrefaçon. Dès que le titulaire du brevet va sapercevoir de lémergence dune concurrence déloyale, il pourra porter plainte.
S.O. : Quel est le délai entre la demande de dépôt de brevet et son enregistrement effectif ?
L. B. : Il faut compter entre un an et demi et deux ans pour déposer son brevet en France. LInstitut national de la propriété industrielle (Inpi) établit en premier lieu un rapport de recherche prouvant la nouveauté qui nécessite 6 à 10 mois. L'inventeur a ensuite 3 mois pour modifier son brevet si nécessaire. Celui-ci sera ensuite délivré, dans les 3 à 12 mois suivants par lINPI. Au niveau européen, une procédure d'examen en français permet d'obtenir simultanément un brevet dans 20 pays.
Rens : Cabinet Vidon. Tél : 02 99 38 23 00
vidon@vidon.com
http://www.vidon.com
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C oût et étendue dun brevet
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En France, lInstitut national de la propriété industrielle (Inpi) gère les marques, les brevets et les modèles. Au niveau mondial, plus de 150 pays signataires des conventions internationales, offrent des protections juridiques identiques et hébergent des organismes analogues à lInpi.
Le dépôt dune demande de brevet coûte un peu moins de 3000 Francs sur le territoire français. Ce brevet est valable 20 ans au maximum et doit être maintenu en vigueur chaque année. Pour létranger, les coûts de dépôt, de procédure et de maintien en vigueur dun brevet sont estimés entre 4000 à 8000 Francs par pays et par an.
Rens. : INPI : 11, rue Franz HELLER Centre PATTON - BP 79157 - 35079 Rennes Cedex 07 - TEL : 02 99 38 16 68
rennes@inpi.fr
http://www.inpi.fr
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