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La santé publique, parent pauvre du système de santé



 
 Noëlle Chichizola (c. M-A Martin)
La santé publique parent pauvre du système de santé
« Dans le système français de santé, la médecine curative occupe la plus grande place », constate Marie-Noëlle Chichizola, médecin inspecteur de santé publique de la D.D.A.S.S. De l’avis de tous les spécialistes de santé publique interrogés, c’est une « question de culture Historiquement, la notion de santé publique vient de l’hygiène, notamment depuis la mise en place des égouts au 19e siècle, tandis que les soins se sont toujours faits chez le médecin. Après guerre, quand la sécurité sociale a été mise en place, les problèmes économiques ne se posaient pas : on soignait et on payait. Les problèmes de maladies infectieuses semblaient résolus grâce aux antibiotiques ; la prévention a donc perdu de son acuité. La crise des années 70 et l’apparition du déficit de la Sécurité sociale ont posé le problème de l’ organisation du système de soins afin de contrer l’augmentation des dépenses de santé.
Aujourd’hui, le secteur de la santé publique n’attire toujours pas les étudiants en médecine et souffre d’un manque d’effectifs. D’après les circulaires signées par Alain Juppé en 1995, il faut un médecin praticien hygiéniste et deux infirmières hygiénistes pour 800 lits. En Bretagne, cela représente en théorie 28,4 praticiens hygiénistes et 56,8 infirmières hygiénistes. En pratique, ils ne sont, respectivement, que 12,5 et 27. « Mais on part de zéro il y a 8 ans », tempère Jacques Chaperon, responsable du Centre de coordination de la lutte contre les infections nosocomiales (C.CLIN) de l’Ouest, « c’est donc plutôt pas mal ». Au niveau national, 320 millions de francs viennent d’être débloqués en faveur de ce secteur. Environ six millions seront alloués en Bretagne à l’embauche d’hygiénistes.

Marc-Antoine Martin

  C omparaison entre les nombres théoriques et réels de médecins et infirmières hygiénistes dans le milieu hospitalier en Bretagne par secteur