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Sirenac : Comment les navires contrôlés sont-ils fichés ?



 
 (c. Jean-François Collinot)
Sirenac est le nom de code du Système d'Information RElatif aux NAvires Contrôlés. Il s’agit d’une base de données qui recense les inspections des navires des Etats signataires du mémorandum de Paris. Benoît Faist, du centre informatique des Affaires maritimes, gère la base Sirenac à Saint-Malo, en détaille le fonctionnement.

  S ciences Ouest : Que recense exactement la base SIRENAC ?
Benoît Faist : Toutes les informations relatives aux inspections des navires effectuées par les 19 pays membres du mémorandum de Paris. Environ 50 000 navires hauturiers de plus de 100 tonneaux de jauge figurent dans cette base.

  S ciences Ouest : Qui peut la consulter ?
Benoît Faist : C’est un système d’information européen que l’on peut comparer au fichier des infractions de la gendarmerie. Il est donc utilisé par les autorités compétentes des Etats membres du mémorandum de Paris. Un particulier ne peut pas y avoir accès, ni même un affréteur. Par contre, il est possible de consulter un extrait de cette base sur Internet, sur le site du mémorandum de paris ou sur Equasis par exemple.

  S ciences Ouest : Comment concrètement, les autres ports, français et étrangers, utilisent-ils cette base ?
Benoît Faist : La base est mise à jour quotidiennement, elle est alimentée par les renseignements issus des inspections effectuées sur les navires. Elle fournit aux inspecteurs un coefficient de ciblage (« target factor » en anglais) qui leur permet de savoir quels navires inspecter préférentiellement. Quand le coefficient d’un navire s’approche de 50 points, c’est qu’il fait partie des bateaux à inspecter prioritairement. Le mémorandum s'est mis d'accord sur une échelle de priorité allant de priorité basse en dessous de 15, standard en dessous de 25, moyenne au-dessous de 35 et haute, au-dessus de 35. Mais ce n’est pas une échelle de « médiocrité ». Le simple fait d’appartenir à une certaine catégorie de navires, tanker par exemple, augmente le coefficient.

  S ciences Ouest : Est-ce que cette base a changé depuis le naufrage de l’Erika ?
Benoît Faist : Non. Il y avait un processus engagé dans le cadre du mémorandum de Paris qui devait aboutir à une nouvelle version de Sirenac en janvier 2002. Les nouvelles directives européennes vont amener des modifications qui, même si nous avons commencé à les anticiper dans la version 2002, nous obligent déjà à prévoir une version 2003.

  S ciences Ouest : Que vont apporter ces modifications sur le plan de la dissuasion ?
Benoît Faist : Difficile à prévoir, Sirenac n’étant pas une base de données publique. En revanche la diffusion des informations issues des contrôles dans une autre base de données appelée EQUASIS peut avoir un effet dissuasif. Cette base de donnée, diffusée sur Internet et libre d’accès, est opérationnelle depuis mai dernier. Elle regroupe des informations venant de tous les intervenants du transport dont les inspecteurs de l’Etat du port, les sociétés de classification et des assureurs, à l’exception des inspecteurs de l’industrie pétrolière, avec laquelle des discussions sont en cours. Les armateurs semblent sensibles aux informations données sur leurs navires dans cette base. Le fait que les noms des affréteurs de produits liquides ou solides en vrac puissent être prochainement associés à une certaine qualité et aux performances des navires peut avoir un effet positif.

Propos recueillis par Christelle Jourdren